4.5
1 cote
Cosmopolis
en version française : Cosmopolis v.f.
- Cote de Voir3
- PaysCanada;France
- Année2012
- Année109 min.
- GenreDrame
- Classement13 ans et +
Articles
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7 juin 2012 · Manon Dumais
Édition : montrealUne journée particulière
Robert Pattinson et Paul Giamatti se livrent à un duel verbal musclé dans l’hypnotique Cosmopolis de David Cronenberg, d’après le roman culte de Don DeLillo.





Cosmopolis: fascinantes discussions qui tournent à vide
David Cronenberg n’a plus la même profondeur qu’avant et s’en remet beaucoup trop à des surfaces lisses qu’il s’efforce de gratter faiblement. Si sa mise en scène ne manque pas de directions intéressantes, il n’en demeure pas moins que Cosmopolis passe plus de temps à ennuyer qu’à fasciner.
On aime ou non Cronenberg, mais il est de ces cinéastes de chocs qui n’a pas peur de s’enfoncer dans des sujets ténébreux. En adaptant un roman ici, il promet encore de s’intéresser à l’âme humaine et on espère de tout coeur qu’il plongera plus sérieusement dans le sujet que dans le triangle amoureux un peu faiblard qu’il avait frôlé avec son acceptable A Dangerous Method.
Malheureusement, au-delà des fascinants dialogues d’où découlent des réflexions d’une pertinence accrue, il livre pour le reste un exercice de style plutôt lassant qui doit malheureusement s’en remettre aux épaules de Robert Pattinson en guise de protagoniste qui n’a vraiment pas la tête de l’emploi pour mener à termes cette entreprise. C’est que monsieur, plutôt important personnage dans la hiérarchie de la ville, a envie d’une coupe de cheveux et pour se faire, il doit parcourir en limousine toute la ville alors qu’ont lieux en parallèle les funérailles d’un artiste et la visite du président. Du coup, alors qu’il déambule dans la ville, dans un futur qui frôle l’apocalypse et la démence, il rencontre tour à tour toutes sortes de personnages de tout genre qui discutent avec lui de tout et de rien.
Là, l’intérêt monte et descend principalement parce que c’est de cette facon que se succède une panoplie d’acteurs de renoms, de Juliette Binoche à Paul Giamatti, en passant par Jay Baruchel et Mathieu Amalric, qui volent constamment la vedette à notre protagoniste.
Côté mise en scène, c’est lisse et soigné. On fait des contrastes entre la ville qui trône dans le grabuge et le luxe de la richesse. Il y a d’ailleurs de façon distincte le son du chaos et le silence de la limousine et pour lier le tout, l’audacieuse trame sonore d’Howard Shore qui n’a pas hésité à faire appel à Metric pour l’aider donnant un côté Drive à l’ensemble avec les sonorités plus électro.
Du coup, si on oublie quelques plans qui se recoupent bizarrement, on doit avouer que Cronenberg prend possession de son lieu limité pour le filmer dans des ambiguïtés souvent gagnantes. Oui, il laisse toute la place aux discussions, mais il donne vie de façon souvent surprenante à ces situations.
En ressort alors un essai qui n’est pas sans intérêt, mais qui aurait demandé une figure plus marquante pour tenir le tout sur ses épaules puisque par moment on regrette un peu que le plus gros du potentiel se perde de cette façon, un peu à l’inverse de Keira Knightley qui en faisait des tonnes, Pattinson en manque un peu, blasant un ensemble qui aurait dû nous river d’hypnotisme. Ce n’est donc pas le Metropolis de son époque, mais c’est assez troublant pour garder notre esprit occupé pendant un moment.