
3.5
3 cotes
Extremely Loud and Incredibly Close
en version française : Extrêmement fort et incroyablement près
- PaysÉtats-Unis
- Année2011
- Sortie DVD3 avr 2012
- Durée1h58
- GenreDrame
- ClassificationGénéral
- RéalisateurStephen Daldry
- Mettant en vedetteThomas Horn, Tom Hanks et Sandra Bullock
- Site officielextremelyloudandincrediblyclose.warnerbros.com
- Sommaire
Un jeune garçon parcourt New York à la recherche d’une serrure correspondant à une clé laissée par son père, mort dans les attentats du 11 septembre 2001.



Extremely loud and incredibly close: les yeux, les oreilles et les larmes
Pour satisfaire le blues de l’hiver, voilà que le surdoué Stephen Daldry livre en salles sombres un film parfait pour faire couler les larmes. Ma critique de son adaptation cinématographique du best-seller Extremely loud and incredibly close.
Malheur à moi, pour me l’avoir fait dire plus d’une fois, je n’ai tristement pas lu ce livre qui, apparemment, est une merveille. Fort heureusement, son adaptation cinématographique est tombé entre de bonnes mains alors que Stephen Daldry s’y est spécialisé en prouvant avec The Hours et The Reader, avoir la capacité de transposer avec une fidélité désarmante et un sens inné de la mise en scène des romans sans en perdre l’essence ni trop laisser entrevoir que la source est littéraire. Revenant à ses premiers amours et dirigeant ce qui pourrait bien être le prochain Jamie Bell de sa génération, le cinéaste se lance dans un conte larmoyant, humain et bien-vivant, état d’une époque et d’une catastrophe, ce, à hauteur d’enfant, celui-là même guidé par ses propres motivations.
On le verra autant comme du cinéma opportuniste que manipulateur, mais étrangement, si l’on ne s’avouera pas parfaitement vendu autant durant l’écoute qu’à sa toute fin, on ne lui en voudra pas, conscient que l’ensemble est d’une efficacité surprenante et nécessaire. Après tout, fallait bien s’y attendre, tout comme on n’en a pas fini avec la seconde guerre mondiale et toutes autres catastrophes du genre, il était évident qu’un cinéma post-11 septembre irait plus loin que United Flight 93 ou un film de Oliver Stone.
Là où ça se prend mieux, c’est dans le sujet qui ne joue pas d’omniprésence oppressante du sujet principal, y allant toujours avec douceur et subtilité pour toujours rester centré sur son protagoniste, interprété avec maestria par le jeune Thomas Horn, tout simplement extraordinaire d’éloquence et de perspicacité dans un état frôlant une maladie probablement très près du syndrome d’Aspergher. Gardant le cap sur ses manies, ses tiques, ses folies, ses obsessions et toutes les pensées qui peuvent bien lui frôler l’esprit, voilà que Daldry expose ses multiples talents en offrant sa mise en scène la plus soignée à ce jour. Orgie inventive magnifique autant pour les yeux que les oreilles, par le biais de plans hypnotisant, d’un montage exemplaire (d’où ressortent des transitions d’une remarquable fluidité pour les flashbacks essentiels) et un montage sonore soigné qui profite d’abord et avant tout des compositions sublimes du prodigieux compositeur Alexandre Desplat livrant sa trame sonore la plus orchestrale à ce jour, voilà qu’on s’émerveille avec joie. Il faut dire qu’on multiplie les méthodes d’expression, de l’écrit au montré, en passant par des messages codés lumineux ou autre, toujours prêt à garder éveillé le spectateur, assuré qu’il ne pourra pas entièrement compter sur la narration chuchotée pour avoir toutes les pièces de ce savant festin.
Si la distribution réunit de gros noms qui font tous leur boulot avec inspiration sans nécessairement faire acte de grande présence, de Sandra Bullock (oui-oui) à Tom Hanks, en passant par Viola Davis, John Goodman et on en passe, on nous évite avec soulagement un énième film choral, préférant rester axé sur la quête d’un jeune blessé qui garde espoir pour ne pas s’enfermer. Bien sûr, puisque la solitude peut parfois être longue, l’intérêt redoublera lorsque Max Von Sydow fera son apparition dans un rôle tout simplement touchant et essentiel, se présentant comme l’accompagnement nécessaire pour ajouter du poids à toute cette aventure.
Orchestré avec maîtrise, trop parfois, on remarquera ainsi peut-être un peu trop les rouages du récit un peu trop encombré dans des obligations qui manqueront de subtilité autant dans les dialogues que certaines situations. De plus, on n’adhèrera pas nécessairement à tous les enchaînement tellement certaines avancés se montreront plutôt abracadabrantes (les derniers rouages de la fin notamment), l’effet « conte » n’étant pas toujours évident dans l’approche alors qu’on rappelle constamment la lourdeur du poids premier qui berce le long-métrage.
Pour cela et quelques autres raisons qui feront voir ici un film plus large public et rassembleur, on devra admettre que tout en améliorant drastiquement ses capacités de metteur en scène et de technicien, Daldry fera toutefois un léger pas en arrière en présentant un film inférieur en nécessité face à ses précédents. Son essai sur la seconde guerre mondiale avait des répercussions beaucoup plus grandes alors que ce film-ci, à défaut de nous faire pleurer sans bon sens à plus d’un moment, risquera de beaucoup moins faire réfléchir une fois qu’on aura quitté la salle.
Malgré tout, ce sera un film qui s’écoutera diablement bien. Qui se savourera et semblera libérer un poids sans qu’on s’en rende compte. Il nous hypnotisera par moment totalement et nous gardera à notre siège tout du long, à défaut de ne pas prétendre aux mêmes critères de qualité, s’alliant à d’autres que ceux auquels le cinéaste nous avait jusqu’alors habitué.
J`ai vraiment aimé votre commentaire, vous avez trouvé les mots justes pour décrire ce film que j`ai vu en après-midi.