3

1 cote

Salmon Fishing in the Yemen

Bande-annonce

  • PaysCanada

  • Année2012

  • Sortie DVD24 juillet 2012

  • Année107 min.

  • GenreComédie

  • ClassementGénéral

Bande-annonce

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  • 11 mars 2012 · 04h29 Jimmy Chartrand

    Salmon fishing in the Yemen: aller trop loin

    À peine quelques mois après Big Miracle, voilà qu’on nous ressort un autre film qui relate les efforts démultipliés pour chambouler les écosystèmes, cette fois-ci par le biais du sympathique Salmon fishing in the Yemen, bien appuyé, à la sauce britannique si vous le voulez bien!

    Disons que la filmographie du suédois Lasse Hallstrom surprend alors que de ABBA à Chocolat il est allé dans plusieurs directions. Par contre, une chose est sûre: il a une affection particulière pour la romance et les jolies histoires comme on a pu le remarquer dans sa version de Casanova avec feu Heath Ledger ou même le tout récent Dear John. Renouant de nouveau avec des faits réels comme c’était le cas avec The Hoax, il s’intéresse à une histoire plutôt saugrenue qui autant cocasse puisse-t-elle être, se montre beaucoup plus difficile à comprendre et à justifier.

    Fantaisie des riches, projet fou, on parle de permettre la pêche de saumons dans le Yemen, endroit aucunement créé pour de telles créatures. À coup de millions et de priorités drôlement placées, on mène tambour battant cette folie pour la concrétiser.

    Parce que la distribution est éclatante et savoureuse, de Emily Blunt à Ewan McGregor (belle chimie!), en passant par la flamboyante Kristin Scott Thomas qui ne déçoit jamais et qui vole pratiquement toujours la vedette ici, disons qu’on passe un bon moment. En plus le rythme est d’abord et avant tout soutenu, on utilise différentes méthodes d’interaction (mail, narration, clavardage, écrans divisés, etc.) et la musique de l’oscarisé Dario Marianelli est agréable. Et puis, comme c’est le cas avec la situation, on décide d’aller trop loin. Le film qui était sympathique et lumineux, s’approche des deux heures et l’intérêt va en dépérissant. Ce qui était léger voire ludique prend de l’ampleur et on incruste à cela un triangle amoureux inutile, des complots et toujours plus de complications politiques puisque le projet en devient franchement un. (Il faut toutefois noter que cette dimension, hésitant entre le sous et le sur-exploité, est tout de même de loin un des aspects fascinants, à voir jusqu’où on est prêt à aller pour mousser une importance politique que ce soit en misant sur le sentimental, l’écologique ou le militaire ou tout ça et bien plus à la fois).

    On retrouve alors un peu les failles de Big Miracle (qui mettait pour sa part en vedette le compagnon de miss Blunt, fait amusant) qui de son côté voulait sauver trois baleines condamnés sous la glace en ayant l’ambition de ramener sous la surface trop de sujets. En se cassant la tête à jongler avec autant, disons qu’on se perd et on nous perd également. Pire, on multiplie les morales (la pêche au saumon n’est pas l’important c’est la prise de conscience des uns et des autres et bla bla bla) et on fait toujours un peu moins dans la dentelle en renforçant les métaphores et les symboliques (le mouton noir remplacer par un poisson nager à contre-courrant, ça ou celui qui va à l’encontre du sens de la foule..).

    Ainsi, aussi coloré soit-il, l’exercice devient lassant. Oui, on aurait pu vivre avec la belle romance fait dans les codes du genre de Fred et Harriett, tellement on était prêt à s’en sortir avec les clichés, mais malgré le charme de Tom Mison bizarrement choisi pour jouer le militaire, on s’emmerde avec le triangle amoureux sorti de nulpart. D’autant plus que Ewan McGregor, qui joue encore un rôle semi-attardé (toujours avec justesse cela dit), doit composer ici avec des nuances drôle écrite, d’un personnage qui passe du tac au tac de l’agressif au passif.

    En somme, Salmon fishing in the Yemen est un sympathique feel-good-movie qui a malheureusement eu la volonté d’en faire trop. En même temps, c’est compréhensible puisque le scénario adapté d’un roman a été confié à Simon Beaufoy qui vient tout juste de signer Slumdog Millionaire et 127 Hours avec Danny Boyle qui fait toujours dans la surenchère. À défaut d’entièrement convaincre, on craquera alors pour son charme, sa première partie et surtout, ses interprètes dévoués à l’excellence qui eux, ne déçoivent décidément jamais.

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