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Séparation (Une)

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  • 23 février 2012 · Manon Dumais
    Édition : mauricie, quebec, montreal, estrie et saguenay

    Scènes de la vie familiale

    Prodigieuse chronique familiale couronnée de l’Ours d’or à Berlin, Une séparation, d’Asghar Farhadi, dévoile l’Iran comme on ne l’avait jamais vu au cinéma.

  • 9 février 2012 · Manon Dumais
    Édition : gatineauottawa

    Scènes de la vie familiale

    Prodigieuse chronique familiale couronnée de l’Ours d’or à Berlin, Une séparation, d’Asghar Farhadi, dévoile l’Iran comme on ne l’avait jamais vu au cinéma.

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  • 23 février 2012 · 00h55 Jimmy Chartrand

    A Separation: la violence de l’existence

    Film-évènement ou chef-d’oeuvre, appelez-le comme vous voulez, mais n’hésitez surtout pas. Depuis le temps qu’on en parle, le miraculeux A Separation d’Asghar Farhadi, présenté au dernier FNC et à Cinémagique lundi dernier, prend enfin l’affiche au Québec et pour rien au monde il ne faut manquer ce film d’exception.

    Aux premiers abords simple comme tout, ce film de moeurs est la preuve même que tout peut facilement se compliquer. Du coup, reprenant le principe des dominos, Farhadi ne laisse aucun calme avant la tempête, mais minutieusement et vicieusement, il laisse un univers entier s’écrouler petit à petit, sans détour, sans triompe, sans trompette.

    Humain, donc injuste, il offre la constatation d’un David contre Goliath moderne où la justice ne fait plus loi et la loi n’est plus justice. Une réalité où la parole n’est même plus saine et où la vérité n’est plus crédible. Pourtant, au départ, tout est simple: Simin veut divorcer Nader comme ce dernier ne veut pas quitter le pays, l’Iran, revandiquant qu’il ne peut quitter son père mourrant victime d’Alzheimer dont il doit s’occuper. Cause et conséquence oblige, elle décide de quitter la maison en attendant, obligeant l’autre à engager quelqu’un pour prendre soin de son paternel. Ainsi de suite, l’élue cache un terrible secret qui la pousse à faire des choix hasardeux qui vont souvent à l’encontre de certains points éthiques, d’autres moraux, mais rarement idéaux. Du coup, tout s’enchaîne, tout s’enflamme, la guerre se déclare et plus rien ne semble finir.

    Pourtant, le cinéaste ne lâche pas le spectateur d’une seconde. S’il laisse ses personnages s’adresser directement à lui lors de sa première scène, son intérêt maintenant capté, il se permet de l’emporter dans cet étouffant tourbillon où les revirements tordus n’attendent pas l’autre et où le mordant a souvent un second sens qui ne manque pas de frapper juste à son second tournant. Les conséquences, ici, ne sont pas toujours celles qu’on s’imagine et l’importance différente que peu avoir certaines, dépendant du personnage qui nous intéresse, s’avère un élément majeur développé ici avec précision. Ce jeu, ce miroir même des répercussions s’avérera décisif dans la conclusion déchirante et pourtant inachevée que le film laissera brillamment en suspens.

    Ainsi, par un drame social aussi brutal que d’un réalisme pétrifiant, voilà qu’on nous a concté le suspense le plus prenant de l’année. Comme chaque détour est parfaitement imprévisible, comme chaque détail semble compter puisque la moindre précision pourrait s’avérer fatalement néfaste, on reste rivé à notre siège, incapable de réagir (sauf par des expressions faciales abassourdies et des exclamations incontrôlées) et on se contente d’assister à ce jeu de massacre malsain, mais vital, comme d’une lutte pour la survie où il n’y a que des bons, mais d’où personne ne pourra sortir gagnant.

    Brillant donc par sa façon de conserver son rythme, miraculeux par l’étendue de son propos qui mène de l’avant un scénario infaillible et surtout invincible qui, peu importe le nombre de fois qu’on se force à l’analyser, ne montre aucunes failles tant tout fait sens, tout se répond et tout s’avère exact, on se laisse prendre et on abdique. Bien sûr, c’est l’ouverture sur un monde qui n’est pas le nôtre, mais cette réalité, assurément aux abords d’un certain extrémisme, est une observation aussi délicate que crucial, se montrant la réverbération rêvée à un monde qu’on s’entête à nier.

    Le réalisme palpable de l’objet facilite donc la tâche à s’y rattacher, à s’y sentir concerner et à ne plus savoir pour quel personnage compté. Tout le monde a ses droits, ses torts et ses raisons, mais pointer du doigt est tout sauf une facilité. La distribution est ainsi exemplaire, dévouée corps et âme à tout livrer dans leur interprétation, nous déchirant constamment vers la gauche, la droite, le haut, le bas et tout le reste aussi.

    Se basant sur l’incertitude et l’incapacité de bouger, d’agir, de s’exprimer, huis-clos métaphorique castrateur, A Separation est alors une merveille. Un film puissant qui sait construire tout l’alentour d’un tout pour le rendre encore plus fort et significatif, rendant le spectateur incapable de penser à autre chose. Une oeuvre indubitablement forte qui percute durement et laisse k.o. puisque par sa proposition, il n’offre aucune solution, laissant rapidement croire qu’il n’y en a pas, constat défaitiste quoique réaliste d’une société sur le déclin qu’on a voulu hiérarchisé, mais qu’on a plutôt handicapé.

    Le film de Asghar Farhadi est donc tout cela, mais évidemment bien plus. C’est une perle, un long-métrage qui tourne en boucle dans nos pensées, parce que la vie en soi est un lot constant de complications et de tourments qui font tout en leur pouvoir pour ne pas nous la rendre facile. Dieu merci.

  • 2 avril 2012 · 11h11 Serge Lefrançois

    On peut comprendre l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Tourné avec une caméra à l’épaule, avec de gros plans sur les visages, le cinéaste nous ouvre la porte sur une culture différente, avec des émotions chargées à bloc. Le quotidien d’un couple, avec les peines et les misères de la vie de tous les jours. Très bonne traduction, un très bon film à voir, afin de s’ouvrir à de nouveaux horizons.

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