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	<title>Commentaires sur : W.E.</title>
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		<title>Par : Jimmy Chartrand</title>
		<link>http://voir.ca/fiches/film/w-e/#comment-654</link>
		<dc:creator>Jimmy Chartrand</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 08:57:09 +0000</pubDate>
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		<description>W.E.: fantasmes bourgeois

Pauvres cinéphiles, Madonna s&#039;est mise en tête de jouer dans les plates-bandes de son ex, tentant de revandiquer par le cinéma ses préoccupations les plus passionnées. Amateure du 7e art et de toutes les formes d&#039;art qu&#039;elle tente d&#039;épouser avec plus ou moins de succès, voilà qu&#039;elle tombe rapidement du pastiche à la parodie dans un fourre-tout non pas sans quelques éléments (majoritairement technique) d&#039;un quelconque intérêt, mais beaucoup trop superflus pour véritablement convaincre.

À peine un an après le triomphe du conventionnel et modeste The King&#039;s Speech, voilà que la madonne y fait réponse, reprenant de façon inattendue le même pan d&#039;histoire pour livrer un revers de médaille relativement ambitieux, mais qui s&#039;empiètre dans des maladresses auxquelles on pardonne très difficilement. Bien sûr, on pourrait parler d&#039;erreur débutante (ce qui sera pour la plupart le cas) bien que ceci soit son second long-métrage, on trouve ici les cas typiques: le désir d&#039;en faire trop, un manque d&#039;aise à plus d&#039;un niveau, un égocentrisme agaçant, un maniérisme envahissant, une tendance trop poussé à copier ce que tout le monde a déjà fait mille fois, etc.. Par contre, on comprendra mal ceux qui trouveront du génie dans un tel navet qui dans l&#039;insistance, lasse et ne force qu&#039;à se moquer, à défaut de plus.

L&#039;histoire? Et bien vous vous souvenez dans le film de Tom Hooper, il y avait une raison pour que le bègue doive prendre la succession et celle-ci était le retrait volontaire de son frère, par amour. Alors que tout le monde a relativement passé à travers le fait, il faut s&#039;imaginer qu&#039;il y avait ici matière à faire un film d&#039;un bon deux heures. Vraiment? Pas tant, puisqu&#039;à la &quot;love story&quot; déjà limitée de son couple &quot;W.E.&quot;, voilà qu&#039;on ajoute un autre couple métissé situé cette fois-ci à notre époque, alors qu&#039;une jeune femme obsédée par ce passé royal, profite de ses temps libres de riches pour flâner à l&#039;exposition des objets ayant appartenue à la &quot;grande dame&quot;.

Rapidement, reprenant un peu la méthode &quot;The iron lady&quot; qui semblait lui-même voler à &quot;Slumdog Millionaire&quot; ou autre, on trouve ici le procédé lassant du: un objet renvoi à un souvenir. À défaut ici que ce sont des souvenirs que le personnage ne peut que s&#039;imaginer à défaut de les avoir vécu. mais là n&#039;est pas le cas, puisque dans ce scénario à deux sous qu&#039;elle a également co-écrit, voilà que les époques s&#039;entrechoquent, se croisent et même se parlent et, comble de tout: se répondent. On a vu ça souvent, mais ici c&#039;est simplement risible et ridicule.

Et puis féministe à souhait, elle a fait un film de femme, vision féminine prônée, l&#039;amour à l&#039;avant-plan, les femmes fortes de tous les côtés malgré les misères qu&#039;on leur fait subir et qu&#039;elle se font subir etc. Alors qu&#039;en contre-balance on retrouve le glamour, la prétention, la royauté, bref, toute la misère des riches. Comme quoi la madonne ne sait plus sur quel pied danser. Elle veut en mettre plein la vue, mais elle veut être humaine. Mais tout ici sent le trop plein, d&#039;où peut-être la difficulté à apparenter la sobriété du King&#039;s speech à ce &quot;W.E.&quot; tant les deux semblent appartenir à deux époques complètement différentes.

En plus, l&#039;artistique s&#039;offre des fantaisies qui vont dans tous les sens, que ce soit dans les ralentis ou les effets de style à la Coppola (fille) ou la Ritchie (son ex) dans ces accélérés-ralentis, ou l&#039;insertion de ses &quot;tubes&quot; préférés, même si c&#039;est anachroniques.. Et le pastiche incessant, jusqu&#039;à une séquence tout simplement criante de ressemblance avec le fameux &quot;In the mood for love&quot; de Wong Kar-Wai, musique similaire incluse.

Pourtant, la belle a su s&#039;entourer. À la direction photo, elle a fait appel à Hagen Bogdanski qui a autant travaillé pour Florian Henckel von Donnersmarck que Jean-Marc Vallée, permettant de magnifier visuellement le film, ses paysages et ses costumes, compensant pour les mouvements de caméra plus ambiguës, faisant montre d&#039;une non-compréhension de certaines techniques apparemment.. Musicalement parlant c&#039;est dans le même air, alors que Abel Korzeniowski continue de séduire, poursuivant ce qu&#039;il avait entrepris dans le sublime A single man, livrant une trame sonore particulièrement soignée et fine pour l&#039;oreille. Même la distribution, où l&#039;on reconnaîtra plusieurs noms, parvient à s&#039;en sortir de façon surprennante, offrant des performances qui étonnent et offre une satisfaction relative, dont l&#039;acteur-Caméléon Oscar Isaac qu&#039;on retrouve un peu partout ces temps-ci, autant dans Sucker Punch, Drive que Robin Hood.

Tout ceci, beau et rêveur, sera donc un véritable fantasme bourgeois. Soit, s&#039;offrir un film sur un plateau d&#039;argent prêt à faire rêvasser les fillettes sur un monde qui n&#039;existe pas. Le hic par contre? C&#039;est de jouer la carte de la désillusion et d&#039;ainsi briser constamment le rêve. De rappeler avec insistance que le monde n&#039;est pas rose et que souffrances, sacrifices il y a. Et dans cette abondance de thème recyclés, allant jusqu&#039;à cette histoire du prince et de la pauvre, mais en version romancé, on aura de la misère à embarquer dans cet insupportable fla fla, aussi prétention semblera-t-il.

Ce sera donc une expérience et un supplément pour tout fan de Madonna. Sorte de défi intérieur pour réaliser par soi-même à quel point véritable le tout est mauvais, puisque franchement, oui, ce l&#039;est. (Deux heures de ça, vraiment?). Ainsi, de ce film déjà lauréat d&#039;un Golden Globes (quelle belle farce!), on préférera oublier l&#039;existence et espérer que les rares parcelles de talent exposées ne seront pas perdues. On s&#039;en tiendra aux morceaux d&#039;archives plutôt rares dont on aura eu la chance de visionner et pour le reste, on se contentera d&#039;admirer sans jamais pour autant se sentir interpeller. Un peu comme une longue séance de lèche-vitrine dans un magasin qui ne nous sera jamais abordable. Plutôt déprimant et ennuyant finalement.. non?</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>W.E.: fantasmes bourgeois</p>
<p>Pauvres cinéphiles, Madonna s&#8217;est mise en tête de jouer dans les plates-bandes de son ex, tentant de revandiquer par le cinéma ses préoccupations les plus passionnées. Amateure du 7e art et de toutes les formes d&#8217;art qu&#8217;elle tente d&#8217;épouser avec plus ou moins de succès, voilà qu&#8217;elle tombe rapidement du pastiche à la parodie dans un fourre-tout non pas sans quelques éléments (majoritairement technique) d&#8217;un quelconque intérêt, mais beaucoup trop superflus pour véritablement convaincre.</p>
<p>À peine un an après le triomphe du conventionnel et modeste The King&#8217;s Speech, voilà que la madonne y fait réponse, reprenant de façon inattendue le même pan d&#8217;histoire pour livrer un revers de médaille relativement ambitieux, mais qui s&#8217;empiètre dans des maladresses auxquelles on pardonne très difficilement. Bien sûr, on pourrait parler d&#8217;erreur débutante (ce qui sera pour la plupart le cas) bien que ceci soit son second long-métrage, on trouve ici les cas typiques: le désir d&#8217;en faire trop, un manque d&#8217;aise à plus d&#8217;un niveau, un égocentrisme agaçant, un maniérisme envahissant, une tendance trop poussé à copier ce que tout le monde a déjà fait mille fois, etc.. Par contre, on comprendra mal ceux qui trouveront du génie dans un tel navet qui dans l&#8217;insistance, lasse et ne force qu&#8217;à se moquer, à défaut de plus.</p>
<p>L&#8217;histoire? Et bien vous vous souvenez dans le film de Tom Hooper, il y avait une raison pour que le bègue doive prendre la succession et celle-ci était le retrait volontaire de son frère, par amour. Alors que tout le monde a relativement passé à travers le fait, il faut s&#8217;imaginer qu&#8217;il y avait ici matière à faire un film d&#8217;un bon deux heures. Vraiment? Pas tant, puisqu&#8217;à la &laquo;&nbsp;love story&nbsp;&raquo; déjà limitée de son couple &laquo;&nbsp;W.E.&nbsp;&raquo;, voilà qu&#8217;on ajoute un autre couple métissé situé cette fois-ci à notre époque, alors qu&#8217;une jeune femme obsédée par ce passé royal, profite de ses temps libres de riches pour flâner à l&#8217;exposition des objets ayant appartenue à la &laquo;&nbsp;grande dame&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Rapidement, reprenant un peu la méthode &laquo;&nbsp;The iron lady&nbsp;&raquo; qui semblait lui-même voler à &laquo;&nbsp;Slumdog Millionaire&nbsp;&raquo; ou autre, on trouve ici le procédé lassant du: un objet renvoi à un souvenir. À défaut ici que ce sont des souvenirs que le personnage ne peut que s&#8217;imaginer à défaut de les avoir vécu. mais là n&#8217;est pas le cas, puisque dans ce scénario à deux sous qu&#8217;elle a également co-écrit, voilà que les époques s&#8217;entrechoquent, se croisent et même se parlent et, comble de tout: se répondent. On a vu ça souvent, mais ici c&#8217;est simplement risible et ridicule.</p>
<p>Et puis féministe à souhait, elle a fait un film de femme, vision féminine prônée, l&#8217;amour à l&#8217;avant-plan, les femmes fortes de tous les côtés malgré les misères qu&#8217;on leur fait subir et qu&#8217;elle se font subir etc. Alors qu&#8217;en contre-balance on retrouve le glamour, la prétention, la royauté, bref, toute la misère des riches. Comme quoi la madonne ne sait plus sur quel pied danser. Elle veut en mettre plein la vue, mais elle veut être humaine. Mais tout ici sent le trop plein, d&#8217;où peut-être la difficulté à apparenter la sobriété du King&#8217;s speech à ce &laquo;&nbsp;W.E.&nbsp;&raquo; tant les deux semblent appartenir à deux époques complètement différentes.</p>
<p>En plus, l&#8217;artistique s&#8217;offre des fantaisies qui vont dans tous les sens, que ce soit dans les ralentis ou les effets de style à la Coppola (fille) ou la Ritchie (son ex) dans ces accélérés-ralentis, ou l&#8217;insertion de ses &laquo;&nbsp;tubes&nbsp;&raquo; préférés, même si c&#8217;est anachroniques.. Et le pastiche incessant, jusqu&#8217;à une séquence tout simplement criante de ressemblance avec le fameux &laquo;&nbsp;In the mood for love&nbsp;&raquo; de Wong Kar-Wai, musique similaire incluse.</p>
<p>Pourtant, la belle a su s&#8217;entourer. À la direction photo, elle a fait appel à Hagen Bogdanski qui a autant travaillé pour Florian Henckel von Donnersmarck que Jean-Marc Vallée, permettant de magnifier visuellement le film, ses paysages et ses costumes, compensant pour les mouvements de caméra plus ambiguës, faisant montre d&#8217;une non-compréhension de certaines techniques apparemment.. Musicalement parlant c&#8217;est dans le même air, alors que Abel Korzeniowski continue de séduire, poursuivant ce qu&#8217;il avait entrepris dans le sublime A single man, livrant une trame sonore particulièrement soignée et fine pour l&#8217;oreille. Même la distribution, où l&#8217;on reconnaîtra plusieurs noms, parvient à s&#8217;en sortir de façon surprennante, offrant des performances qui étonnent et offre une satisfaction relative, dont l&#8217;acteur-Caméléon Oscar Isaac qu&#8217;on retrouve un peu partout ces temps-ci, autant dans Sucker Punch, Drive que Robin Hood.</p>
<p>Tout ceci, beau et rêveur, sera donc un véritable fantasme bourgeois. Soit, s&#8217;offrir un film sur un plateau d&#8217;argent prêt à faire rêvasser les fillettes sur un monde qui n&#8217;existe pas. Le hic par contre? C&#8217;est de jouer la carte de la désillusion et d&#8217;ainsi briser constamment le rêve. De rappeler avec insistance que le monde n&#8217;est pas rose et que souffrances, sacrifices il y a. Et dans cette abondance de thème recyclés, allant jusqu&#8217;à cette histoire du prince et de la pauvre, mais en version romancé, on aura de la misère à embarquer dans cet insupportable fla fla, aussi prétention semblera-t-il.</p>
<p>Ce sera donc une expérience et un supplément pour tout fan de Madonna. Sorte de défi intérieur pour réaliser par soi-même à quel point véritable le tout est mauvais, puisque franchement, oui, ce l&#8217;est. (Deux heures de ça, vraiment?). Ainsi, de ce film déjà lauréat d&#8217;un Golden Globes (quelle belle farce!), on préférera oublier l&#8217;existence et espérer que les rares parcelles de talent exposées ne seront pas perdues. On s&#8217;en tiendra aux morceaux d&#8217;archives plutôt rares dont on aura eu la chance de visionner et pour le reste, on se contentera d&#8217;admirer sans jamais pour autant se sentir interpeller. Un peu comme une longue séance de lèche-vitrine dans un magasin qui ne nous sera jamais abordable. Plutôt déprimant et ennuyant finalement.. non?</p>
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