Trottier, André : The Great Antonio et autres contes de cirque
André Trottier évoque le souvenir du « Grand Antonio » Barichievich, un catcheur qui a séduit les francophones au beau temps de la lutte. Pourquoi le désigne-t-il alors par son appellation anglaise ? De toute façon, il est évident que l’auteur n’a pas connu cet immigrant venu de l’Europe de l’Est.
Les nouvelles s’inscrivent dans la lignée de ce « mangeur de rêves », qui étalait sa débandade à la fin de sa vie dans les quartiers Rosemont et Plateau-Mont-Royal. Le recueil ouvre la porte derrière laquelle se cachent les « loosers » qui ont emprunté des voies tortueuses pour substituer celle qui aurait donné suite à leur aspiration. Pour se consoler d’avoir eu les épaules collées au tapis dans l’arène de la vie, chacun s’est trouvé un ersatz, tels l’alcool, les médicaments, le cybersexe. Des succédanés qui conduisent parfois à la folie, fin de toute souffrance morale.
Cette œuvre sombre rappelle Bukowski ou Selby. Malheureusement, la puissance évocatrice des nouvelles est assez faible, voire nulle par moment. L’écriture dépouillée, qui aurait pu laisser sous-entendre plus qu’elle n’énonce, rate sa cible même si parfois l’auteur marque des points avec, entre autres, son lilliputien décontenancé par les majuscules. Depuis quelques années, de nombreux recueils de nouvelles nous inondent de portraits d’êtres disqualifiés du cirque de l’existence. C’est une façon facile d’aborder le thème de la mise au rancart sans l’approfondir. On nous émeut avec les aboutissants sans indiquer les tenants et les pistes de solution. Par contre, dans Objets de guérison de Jacques Lazure, la thématique est traitée avec beaucoup plus de pertinence et d’achèvement.
Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai croisé le Grand Antonio sur la plaza St-Hubert à Montréal et à plusieurs reprises. Il est même venu nous rendre une visite chez mon employeur lors d’un party de bureau. Il prospérait à l’époque où des amuseurs publics (hommes forts) faisaient courir les foules, car la TV n’existait pas encore. Les gens devaient sortir de leurs domiciles pour se changer les idées. L’invention de la télévision et une rupture amoureuse auraient précipité sa chute selon un documentaire. Il a toujours représenté à mes yeux le béton et l’asphalte des rues de Montréal. Il n’avait pas fière allure dans ses dernières années et serait mort sur un banc public.
Trottier, André : The Great Antonio et autres contes de cirque
André Trottier évoque le souvenir du « Grand Antonio » Barichievich, un catcheur qui a séduit les francophones au beau temps de la lutte. Pourquoi le désigne-t-il alors par son appellation anglaise ? De toute façon, il est évident que l’auteur n’a pas connu cet immigrant venu de l’Europe de l’Est.
Les nouvelles s’inscrivent dans la lignée de ce « mangeur de rêves », qui étalait sa débandade à la fin de sa vie dans les quartiers Rosemont et Plateau-Mont-Royal. Le recueil ouvre la porte derrière laquelle se cachent les « loosers » qui ont emprunté des voies tortueuses pour substituer celle qui aurait donné suite à leur aspiration. Pour se consoler d’avoir eu les épaules collées au tapis dans l’arène de la vie, chacun s’est trouvé un ersatz, tels l’alcool, les médicaments, le cybersexe. Des succédanés qui conduisent parfois à la folie, fin de toute souffrance morale.
Cette œuvre sombre rappelle Bukowski ou Selby. Malheureusement, la puissance évocatrice des nouvelles est assez faible, voire nulle par moment. L’écriture dépouillée, qui aurait pu laisser sous-entendre plus qu’elle n’énonce, rate sa cible même si parfois l’auteur marque des points avec, entre autres, son lilliputien décontenancé par les majuscules. Depuis quelques années, de nombreux recueils de nouvelles nous inondent de portraits d’êtres disqualifiés du cirque de l’existence. C’est une façon facile d’aborder le thème de la mise au rancart sans l’approfondir. On nous émeut avec les aboutissants sans indiquer les tenants et les pistes de solution. Par contre, dans Objets de guérison de Jacques Lazure, la thématique est traitée avec beaucoup plus de pertinence et d’achèvement.
Je n’ai pas lu le livre, mais j’ai croisé le Grand Antonio sur la plaza St-Hubert à Montréal et à plusieurs reprises. Il est même venu nous rendre une visite chez mon employeur lors d’un party de bureau. Il prospérait à l’époque où des amuseurs publics (hommes forts) faisaient courir les foules, car la TV n’existait pas encore. Les gens devaient sortir de leurs domiciles pour se changer les idées. L’invention de la télévision et une rupture amoureuse auraient précipité sa chute selon un documentaire. Il a toujours représenté à mes yeux le béton et l’asphalte des rues de Montréal. Il n’avait pas fière allure dans ses dernières années et serait mort sur un banc public.