Une critique du multiculturalisme

8 décembre 2011 18h26 · Josée Legault

 

Eh oui…Une AUTRE critique du modèle multiculturaliste canadien.

(On parle ici bien sûr du modèle basé sur la loi sur le multiculturalisme adoptée en 1971 sous le gouvernement libéral de Pierre Trudeau).

Eh non… Cette critique ne vient pas du Québec. Ne vient pas d’un ou d’une penseur nationaliste. Ni même d’un ou d’une souverainiste.

Elle nous arrive via le très britannique The Guardian.

Pourtant, l’auteur, Kenan Malik, y opère la même distinction entre «multiculturalisme» officiel et «immigration» qu’ont fait et font par ailleurs de nombreux nationalistes québécois depuis des lustres… remontant même jusqu’au RIN des années 1960…

Cette critique, l’auteur la construit en commençant par se décrire lui-même comme un «European in favour of mass immigration but critical of multiculturalism». (un européen en faveur d’une immigration massive, mais critique du multiculturalisme.)

Une belle évidence qui, pourtant, semble échapper encore à plusieurs.

M. Malik, tout en soulignant qu’il existe aussi en Europe certaines problématiques liées à des pratiques politiques semblables à celles du Canada, observe qu’il existe une différence fondamentale entre d’un côté, les effets bénéfiques de l’immigration (en rendant la société d’accueil moins insulaire et plus dynamique) et de l’autre, des politiques publiques qui, en «gérant» la diversité, finissent par enfermer les gens dans ce qu’il appelle des «boîtes ethniques»:

«In Europe, one of the key problems with multicultural policy has been the confusion between the lived experience of diversity and the policies enacted to manage that diversity. The first describes the experience of living in a society that has been made less insular and more vibrant through mass immigration, the second a set of political policies, the aim of which is to manage diversity by putting people into ethnic boxes, and using those boxes to shape public policy

L’ironie, poursuit-il, est que ce faisant, les politiques multiculturalistes minent ce qui est «précieux dans l’expérience vécue de la diversité»:

«The irony is that, as a political process, multiculturalism undermines much of what is valuable about the lived experience of diversity. Diversity is important because it allows us to expand our horizons, to think about different values and beliefs, and to engage in political dialogue and debate that can help create a more universal language of citizenship. But it is precisely such dialogue and debate that multicultural policy makes so difficult by boxing people into particular ethnic or cultural categories.»

Puis, de rappeler à ses lecteurs ce que plusieurs historiens et politogues ont amplement documenté, soit que la politique multiculturaliste canadienne fut en fait modulée de manière à diminuer les effets du biculturalisme des deux «peuples fondateurs» de langue française et de langue anglaise: «Historically, Canadian multicultural policy developed as a way not of welcoming immigrants but of mitigating the impact of biculturalism – the long-standing tensions between French-speaking Quebec and the rest of English-speaking Canada».

Résultat: cet «héritage historique a produit des politiques basées sur la reconnaissance publique et l’institutionnalisation des différences culturelles»:

«This historical legacy has ensured that Canadian policy, even more that of European nations, is about the public recognition and institutionalisation of cultural differences.»

Puis, M. Malik de lister quelques exemples parmi d’autres, telle l’apparition au Canada anglais d’écoles «ségrégationnées» sur une base raciale ou religieuse – «not exactly progressive», note-t-il…

Ou encore, une politique d’immigration fédérale (1) qui, tout en prétendant favoriser la diversité, selon l’auteur, se baserait plutôt sur une approche visant à choisir «des gens comme nous» en terme de classe et de vision sociales:

«This suggests that when it comes to celebrating diversity, Canada has a highly restricted definition of the term. It is the diversity of those who are « like us », not in terms of race or ethnicity, but in terms of class and outlook.»

D’où sa conclusion que l’«expérience canadienne» ne répondrait aucunement aux problèmes de l’Europe:

«Nothing in the Canadian experience has made me think that here lie the answers to Europe’s problems. It has, rather, confirmed my view that multiculturalism is problematic, whichever side of the Atlantic.»

***

Encore une fois, voilà une critique du multiculturalisme qui n’est pas sans rappeler les principaux arguments avancés depuis quelques décennies, au Québec et même parfois au Canada anglais,  par des politologues, des historiens et des analystes.

Incluant dans ce livre remarquable - Selling Illusions de Neil Bissoondath.

Cet ouvrage, paru dans les années 1990, est une critique cinglante de ce que l’auteur y qualifie de «culte» du multiculturalisme.

Né à Trinité-et-Tabago, M. Bissoondath, polyglotte, a ensuite vécu en Ontario et au Québec. (La version française de son livre est paru chez Boréal en 1995 sous le titre «Le marché aux illusions».)

***

En d’autres termes, intellectuellement, sociologiquement et politiquement, c’est une erreur d’analyse que de confondre le multiculturalisme avec l’ouverture à l’immigration, à l’Autre, à la diversité et sur le monde… À ne pas confondre. Surtout pas.

***

 (1) Le Québec, par contre, contrôle une partie du processus de sélection de ses immigrants.

 

 

 

 

 

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 9

  • 8 décembre 2011 · 21h01 F.Lemay

    Quel bel exposé de notre grand problème.
    Merci

  • 8 décembre 2011 · 23h37 Steve Boudrias

    Ah, chère dame Legault. Quel plaisir de lire une critique étoffée et appuyée par autant de sources distinctes en faveur d’une critique du multiculturalisme!

    Bon, cela fera peut-être pleurer quelques âmes sensibles qui voient Pierre E. Trudeau comme le plus grand premier ministre du Canada ou le plus grand Québécois ayant foulé le sol du Québec jusqu’aux Rocheuses et autre part, mais comme ça fait du bien de VOIR en plus cette critique exposée à la fois en français et en anglais, ici.

    De plus, comme il est intéressant de constater, justement, la DIVERSITÉ des points de vue évoquée ICI.

    Bon. On dira que de critiquer, c’est devenu la spécialité du nationalisme civique Québécois mais, honnêtement, est-ce qu’on peut vraiment se permettre de VOIR tout en rose comme nos amis les fédéralistes plus ou moins mous, qui ne proposent plus rien parce que monsieur le PM Trudeau s’est amusé à nous concocter une Constitution verrouillée à triple tour?

    Un moment donné, un fédéraliste de bonne foi se tanne de proposer des solutions qui ne franchissent jamais les limites de la province de Québec.

    De plus, avant que nous tombions dans l’attentisme infini et autres récoltes intensives de fruits jamais mûrs, gracieuseté des émules du fédéralisme métamorphique à la André Pratte (que j’apprécie au plus au point à cause de son très intéressant essai Le Syndrome de Pinocchio), il y avait encore de la vie du côté du fédéralisme renouvelé.

    Aujourd’hui, force est de constater que le fédéralisme, loin de se renouveler, se repli dangereusement sur lui-même et sur des symboles datant des débuts, pas très prometteurs, de la confédération canadienne.

    D’ailleurs, en passant à travers Les Fins du Canada de Stephen Kelly, j’ai cru comprendre (je ne suis pas certain que ce soit la thèse de son livre, par contre) que le Canada est destiné à faire face à une crise d’identité encore plus grande que celle du Québec.

    Et par conséquent de son nationalisme, de sa volonté de vivre ensemble sur un territoire donné en ayant la conscience de sa relative unité politique.

    D’ailleurs, cette crise est tout à fait compréhensible et simple.

    Le Canada actuel, le Canada clientéliste de Stephen Harper, est étrangement semblable à un Canada prôné et défendu par les pères fondateurs du pays en 1867.

    C’est vous dire le décalage qui sépare le PM actuel du XXIè siècle!

    C’est vous dire à quel point l’émulation ou la glorification du Commonwealth prôné par ses fondateurs est déconnecté d’une association de pays anglo-saxons qui a de la difficulté, aujourd’hui, en 2011, à faire consensus sur des points essentiels des droits de la personne.

    Des aspects de la déclaration des droits de la personne qui inclut la reconnaissance tout ce qu’il y a de plus normale de l’homosexualité, par exemple.

    Ce qui est assez grave, non?

    Enfin, il s’agit d’un détail important, pas d’une explications profonde du malaise que ressente bien des nationalistes canadiens, au Québec, sur la tendance que prend le plusse meilleur pays du monde, dernièrement.

    Une tendance qui va tout à fait à l’encontre des raisons fondamentales qui ont motivé la création du Dominion du Canada:

    1) la crainte de se VOIR annexé aux États-Unis ou, à tout le moins, à la Révolution Américaine brutale et fiscale des treize colonies au Sud de notre plus bas parallèle ayant provoqué la rupture d’avec le divin Royaume-Uni;
    2) la nécessité de créer un couloir d’échanges commerciaux Est-Ouest permettant la création (avec force pot-de-vin et scandales politiques du chemin de fer et autres babioles libre-échangistes canadiens qui ont abouti à un Québec qui exporte plus de 80% de ses biens avec les USA…);
    3) la volonté de s’associer au plus grand Empire de l’époque, un empire sur lequel les volontés de la couronne britannique ne se couchait jamais, sauf dans les récits de Rudyard Kipling, de temps en temps.

    Bref, le Canada ne fêtera pas fort son 125e anniversaire, le fameux anniversaire qui tenait tant à feu Michael Ignatieff (l’homme politique ayant crasher en flammes le 4 mai dernier, alors qu’on prétendait que Stéphane Dion ne parlait pas suffisamment bien anglais pour nous expliquer avec CLARTÉ tous les mérites d’être canadien pour des siècles et des siècles.

    Ah, tous ces minuits Chrétien, tous ces peuples à genoux à tous les temps des fêtes pour aboutir au pied du même escalier.

    Si on peut dire de Capitaine Canada, Jean Charest, qu’il peut, tel Houdini, se sortir de toutes les mauvaises passes, je doute fort que le Canada tel qu’on le connaît sans toutefois le reconnaître dans les journaux dernièrement, alors qu’il montre peut-être son véritable visage, celui de l’exclusion systématique de la grande famille canadienne de toutes les Premières Nations y ayant apparu avant la Conquête, ce Canada n’est pas promis à un très grand avenir.

    Et si vous voulez vraiment mon avis, dame Legault, je crois que Stephen Harper lui-même se contenterait de diriger un Canada explosé de partout plutôt que d’admettre que la reconnaissance de la Nation québécoise n’a vraiment pas besoin de mouvements mimant des tirs de revolvers invisibles pour se sentir inclus ou accepter dans ce pays qui, comme le disait si bien Marc Favreau, n’est qu’un pays né de dix pères entre deux mères. Autrement dit, une aberration illogique qui demande à tous les nationalistes du Québec un référendum pour faire naître une Nation francophone et anglophile en terre d’Amérique… alors que le Canada lui-même, à sa création, n’a même pas eu le courage, sans parler de la clarté et l’honnêteté, de s’offrir en dégustation à la consultation populaire.

    Désolé, mais c’est amplement plus que le multiculturalisme de Trudeau qui vole en éclats ces jours-ci, dame Legault.

    C’est plutôt le chant des Cassandre tel que Trudeau lui-même et Mulroney par la suite qui se fait entendre. Soit que le pays que l’on nomme Canada n’est pas ce qu’on pourrait appeler un pays fondé sur l’inclusion, l’ouverture sur le monde et la compréhension ou l’intégration de tous ses éléments constitutifs.

    Dommage. Beau dommage. Mais qui a besoin d’un pays aussi large lorsque celui-ci expose aux du MONDE ENTIER une étroitesse d’esprit écologique aussi effarante à Durban? Pas grand monde, je le crains.

    la suite au Prochain Épisode, comme dirait Hubert Aquin…
    ou bien à la prochaine fois, comme dirait René…
    ou bien les hommes et les femmes de ce monde marcheront de front, comme dirait Gaston Miron.

    PS: Vaclav Havel était poète et fédéraliste, ça ne l’a pas empêché de faire la révolution de velours en ex-Tchécoslovaquie, by the way… ;-)

  • 9 décembre 2011 · 13h27 Serge Gingras

    Lors du début de l’immigration en masse des habitants des pays du Commonwealth vers la Grande-Bretagne, dans les années 60, des députés du Royaume-Uni suggéraient de forcer les nouveaux arrivants à s’éparpiller dans le Royaume afin d’éviter la création de ghettos. Cette proposition ne fut pas retenue car elle était contraire aux valeurs fondamentales du pays disaient ses opposants : liberté fondamentales, liberté de mouvements, liberté de choix, etc.

    On parlait même de fermer les portes à ces intrus car on craignait l’arrivée massive de ces anciens colonisés. On décida de laisser le balancier revenir à l’envoyeur sous prétexte qu’on était d’abord allé les envahir les premiers. Juste retour des choses.

    On laissa donc les nouveaux arrivants s’installer où bon leur semblaient et ils formèrent donc, le plus naturellemnt du monde, des ghettos : qui se ressemblent s’assemblent. Ce fut le début des emmerdes.

    De fils en aiguilles on en vint à inventer le multiculturalisme et la vie en parallèle : la mort d’une société cosmopolite. Aujourd’hui, au Royaume-Uni, il y a des tribunaux légalement costitués qui appliquent la Charia pour les musulmans qui le désirent. C’est beau! ça.

    Il y a aussi les confrontations violentes interethniques, intercommunautaires dont nous parlent les journaux britanniques et les télés britanniques. On en parle peu ici. Mais moi qui consulte The Guardian tous les jours depuis des années, moi qui écoute, regarde BBCWORLD et Euronews plusieurs fois par année, je connais la triste situation que vie l’Europe avec ses sociétés parallèles dont elle s’est dotées, sans réfléchir. Par grandeur d’âme. Par ignorance. Par imbécilité.

    Il faut choisir ses immigrants en resserant les conditions d’accueil. Il faut choisir des sujets qui s’intègreront aisément à notre société. Ce n’est pas du racisme, c’est une question de survie pour notre communauté. Nous devons cesser de voir notre pays comme une terre d’accueil, comme au 19 siècle. Nous sommes maintenant un pays formé, adulte, et nous devons changer nos critères d’admission. Ils doivent être plus sévères. Sévère mais juste, disait Raymond Devos. :-)

    L’heure de la fin de la naïveté a sonnée depuis longtemps. Il est l’heure de jouer dur.

    Mort au multiculturalisme! Mort au communautarisme! Mort à la vie en parallèle! Vive l’intégration et les mariages mixtes.

    Vive nous autres!

  • 9 décembre 2011 · 15h01 Jean-Serge Baribeau

    Bravo, Serge Gingras! Votre cri de révolte me touche!

    JSB

  • 9 décembre 2011 · 15h58 Serge Gingras

    Merci M. Baribeau. :-)

    Et merci aussi pour votre petit mot amusant de l’autre jour sur un autre sujet. Je l’ai lu trop tard, des jours, pour réagir. :-(

    Je ne vous ai pas lu réagir aux propos de M. Lussier. J’en suis étonné. Mais sans doute ménagez-vous vos munitions. Après tout, on ne peut réagir à toutes les provocations.

    J’ai été bien heureux de lire sous la plume d’un étranger que la politique du multiculturalisme avait pour but non avoué de noyer le poisson nationaliste québécois. Peut-être a-t-il des méchants amis séparatistes et il se garde bien de le révéler.

    On jamais trop d’alliés quand l’ennemi est nombreux et sans scrupules.

    Hier soir, à Télé-Québec, chez la plantureuse Marie-France, on parlait d’un sujet connexte : l’immigration débridée. Accueillir plus d’immigrants qu’on ne peut en assimiler est criminel à leur endroit, et suicidaire à notre endroit. Je dis!

  • 9 décembre 2011 · 17h05 André Labelle

    Le multiculturalisme est avant tout une invitation à vivre en silo, isolés les uns des autres.

    Trudeau l’a mis en place pour noyer littéralement la culture et la société québécoise qu’il voyait se lever et qui représentaient un trop grand danger pour le Canada tel qu’il le concevait.

    Les deux critiques du multiculralisme expriment des vérités que nous aurions bien fait de constater et de combattre au moment même où PET l’implantait.

  • 9 décembre 2011 · 17h16 Raymond Saint-Arnaud

    Voulons-nous des ghettos?

    L’insistance de groupes communautaristes qui veulent continuer à vivre comme dans leur pays d’origine et qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l’inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C’est aussi la situation dans plusieurs pays, pourtant beaucoup moins vulnérables que le Québec, où l’on sent une inquiétude face à la dilution de l’identité nationale suite à l’afflux d’immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l’identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau, qui conduit à la tour de Babel) ou de son frère jumeau l’interculturalisme.

    Dans toute cette affaire d’accommodements, la couleur de la peau et la race n’ont aucun rapport. Ce sont les comportements qui font problème.

    Les immigrants et les immigrantes qui veulent continuer à vivre au Québec de la même façon qu’ils vivaient dans leur pays d’origine (par leur habillement et leur comportement dans l’espace public) ne se donnent pas beaucoup de chances de s’intégrer au Québec et d’être bien acceptés dans la société québécoise. Ils envoient le message qu’ils ne veulent pas réellement être des nôtres puisqu’ils tiennent tellement à se différencier sur la place publique, là où le NOUS se manifeste, dans la société.

    Par effet d’association, l’attitude des personnes immigrantes qui agissent en public selon ce qu’elles croient être des obligations divines auxquelles elles ne peuvent déroger nuit considérablement à l’intégration de ceux de leurs compatriotes qui font de l’exercice de leur religion une affaire privée se manifestant dans leur logis ou dans leur lieu de culte.

    Les immigrants qui viennent ici doivent en être conscients et agir en conséquence pour préserver la paix sociale dans un pays qu’ils disent aimer. Ce n’est pas en voulant continuer de vivre comme dans leur pays d’origine qu’ils s’intégreront. La meilleure façon pour les immigrants de s’intégrer est de sortir des ghettos ethniques.

  • 9 décembre 2011 · 17h18 Raymond Saint-Arnaud

    Les « Communautés culturelles »

    Il est grand temps de revoir l’à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d’abord cesser d’utiliser l’expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (ça existe des familles qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n’y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d’accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l’écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s’est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que naivement conçues au départ dans un but bien intentionné, n’ont fait qu’accentuer l’isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.
    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s’y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir.

  • 9 décembre 2011 · 17h22 Raymond Saint-Arnaud

    Un grand principe : « Immigrer dans un pays est un privilège, pas un droit. » Et ce privilège doit se mériter.

    Dans le cas du Québec, ce privilège se mérite par l’engagement de la part de l’immigrant d’apprendre la langue officielle qui est le français s’il ne la connaît pas suffisamment. Et la citoyenneté québécoise ne devrait être accordée qu’aux immigrants qui connaissent suffisamment la langue française, politique analogue à celle qui est appliquée dans de nombreux pays.

    C’est à l’immigrant qu’il appartient de faire l’effort de s’intégrer à la majorité francophone et de respecter notre mode de vie et nos coutumes. Malgré ce que certains peuvent dire, les Québécois ont été très accueillants, même trop accueillants diront d’autres. Mais notre bonnasserie commence à nous jouer de vilains tours, la moitié des immigrants s’intégrant plutôt à la minorité anglophone.

    Le déclin du français au Québec vient essentiellement de des causes :
    a)- une immigration non contrôlée et non intégrée à la majorité
    b)- le laxisme du gouvernement et des francophones quant au respect et à la primauté du français.

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