29 mai 2008 23h42 · Josiane Ouellet
Ce soir, la compagnie Hotel Modern des Pays-Bas nous a pour ainsi dire transportés au cœur de la Grande Guerre, en nous faisant vivre une expérience sensorielle aussi convaincante qu’inventive. En effet, son spectacle conjuguant, d’une part, la création de scènes à petite échelle et, d’autre part, la projection simultanée du film qui résulte de leur captation en direct par des caméras miniatures, offre une reconstitution remarquable tant par la justesse des impressions suscitées que par l’ingéniosité de l’illustration. Au gré des bombardements et des paysages de désolation modelés dans la boue, le feu, les cadavres, ainsi que des témoignages de soldats livrés en voix off, on a l’impression d’être confronté de l’intérieur à l’horreur de la guerre, alors que les hommes, figurines-figurants, se fondent à un environnement rendu hostile, impitoyable, déshumanisé, pour mourir, pourrir et retourner à la terre. Cela dit, il s’avère également intéressant d’assister à cette démystification ludique de l’art cinématographique, donnant lieu à une performance de même qu'à un résultat filmique (composition des images, éclairages, bruits, etc.) tout ce qu'il y a d'impressionnant.
J’y va