Je t’aime moi non plus

1 juin 2008 16h39 · Josiane Ouellet

Pour la dernière soirée du Carrefour international de théâtre, j’ai assisté à Un peu de tendresse, bordel de merde!, second volet de la trilogie de Dave St-Pierre intitulée Sociologie et autres utopies contemporaines. Ce mélange étrange de stand-up comic (par les interventions au bilinguisme amusant de la maîtresse de cérémonie Enrica Boucher) et de parodie extrême, de danse chorégraphiée et de gestuelle expressive plus libre a tout pour susciter un vaste éventail de réactions, allant de la répulsion à l’émotion poétique. En effet, avec son audace, voire son côté subversif, le spectacle cherche – et réussit – à provoquer et à faire rire en misant sur un humour grinçant, d’une dérision, d’un cynisme outranciers; sur le chaos, le désordre, au gré d’improvisations déjantées; sur le contact direct avec les spectateurs, alors que les danseurs se mêlent à nous, parfois nus; de même que sur la sexualité dans ce qu’elle peut avoir de sordide. Tout cela, pour décrier un cruel manque de tendresse, en passant par des moments plus sincères où on nous fait sentir ce mal, jusqu’à une finale d’une grande beauté. Bref, un parti pris radical, avec ses forces (pouvoir évocateur, aspect déroutant) et ses faiblesses (redondances, facilités), mais qui, à en juger par les applaudissements à la fin de la représentation, est bien parvenu à conquérir le public.

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