2 juin 2009 22h45 · Josiane Ouellet
Au gré d’un langage mariant avec style français et anglais, de manière à créer des images tantôt amusantes, tantôt poétiques, Rearview, écrit et interprété par Gilles Poulin-Denis, nous convie à un voyage au cœur des états d’âme d’un personnage davantage qu’à un périple nocturne sur des routes d’Ontario. En effet, alors que l’asphalte défile, c’est le chemin menant ce jeune homme à lui-même que l’on parcourt en sa compagnie, jusqu’à découvrir le malaise sous-j
acent, qui a nécessité un événement violent pour se manifester, pour susciter une prise de conscience. Et tout, ici, se met au service, voire au diapason de cette introspection. D’abord, le texte, porteur de la vision du héros, qui nous raconte l’histoire, nous plonge dans les situations toujours en fonction de son point de vue. Puis, le jeu, tenant de la confidence, même quand celle-ci se fait à grands cris plutôt qu’au creux de l’oreille. Cela, tout en donnant vie aux autres protagonistes ainsi qu’aux lieux par son pouvoir d’évocation. Idem en ce qui a trait à la mise en scène de Philippe Lambert, discrète mais apte à créer des atmosphères toujours au service de l’émotion du moment. Autrement dit, un spectacle aussi intime qu’empreint de sincérité.