6 juin 2009 20h28 · Josiane Ouellet
J’étais juste à temps pour le dernier embarquement du merveilleux Voyage, premier épisode de La Fabrique imaginaire de Bruxelles. Or, je n’aurais su trouver une meilleure façon d’employer mon temps en ce samedi après-midi. En effet, toujours sous le charme de La Tragédie comique, présentée en ouverture du Carrefour, c’est avec enthousiasme que je voyais venir le temps de découvrir cette autre création de la troupe d’Ève Bonfanti et Yves Hunstad. Et, à l’instar de cette spectatrice qui, à la fin de la pièce, s’exclamait : « Pas déjà, j’en veux encore », je n’ai pas vu passer le temps, si ce n’est que comme personnage immatériel, transparaissant de la forme éclatée et du propos perspicace de cette production d'une fraîcheur irrésistible.
Car on nous offre ici une brillante réflexion sur le temps, au gré d’un voyage nous transportant d’un passé lointain à nos jours, alors qu’un généticien nous explique comment l’ADN renferme une mémoire millénaire; un périple entre la vie et la mort, en compagnie d’une comédienne ayant eu un accident de voiture; et tout un lot de rencontres, dont on se souvient avant qu’elles se soient produites, de futurs possibles, d’amours naissantes. Dans ce spectacle savoureux d’intelligence, de simplicité, d’humour, les frontières entre réalité et fiction, entre hier, aujourd’hui et demain, entre différents lieux, différents états de conscience, toutes les frontières sont abolies pour permettre une exploration aussi libre que sincère de notre condition humaine. Un pur délice.