6 juin 2009 8h55 · Josiane Ouellet
Il vous reste encore deux chances d’assister à la pièce Vu d’ici, adaptée du roman de Mathieu Arsenault et mise en scène par Christian Lapointe.

Je dis « chance », non parce que ce spectacle souffle sur vous comme une douce brise, mais au contraire, parce qu’il décape de la bonne façon. En effet, l’auteur a su trouver les mots, le style, et les artisans de la scène, la forme pour exprimer quelque chose qui, loin d’être admirable, rejoint pourtant notre expérience quotidienne.
En mettant tout au même niveau, comme le fait la télé, en télescopant guerre et pub, violence et surconsommation, ici et là-bas, l’auteur crée des effets saisissants. D’autant qu’on sent qu’il s’agit réellement d’une autocritique plutôt que d’une critique facile du voisin ou de l’autre. Car, alors qu’il jongle en virtuose avec la langue de bois des nouvelles et un florilège de références télévisuelles, possédant une résonance toute particulière pour les trentenaires, Mathieu Arsenault montre bien que cet univers est le sien.
Même chose pour l’acteur, Jocelyn Pelletier, dont le jeu pas seulement convaincu, mais explosif, violent, ironique à l’extrême demande un grand investissement personnel. Enfin, la mise en scène, présentant le personnage en action, voire en compulsion, dans une débauche de consommation, de télévision, de pollution, garde notre attention sur le texte, le met en relief, non sans également en renforcer le propos par une illustration concrète, incarnée, imagée, même odorante. Un pamphlet cinglant à l’humour abrasif tant verbalement que visuellement.