Le silence des femmes.

20 janvier 2013 9h51 · Lea Streliski

Il y a plusieurs semaines que je tergiverse. Que je veux écrire sur le sujet. Le viol, pour être plus exacte… J’ai moi-même du mal à dire le mot et suis hésitante à écrire ce texte car il est douloureux. Il y a plusieurs semaines que les femmes en Inde se soulèvent et que nous avons écho d’histoires d’horreur. D’histoires d’horreur, face auxquelles, je suis lâche.

Je suis lâche car je ne veux pas les voir. Je ne veux pas les voir car elles font trop mal. Elles sont trop laides. Je dois les garder loin de moi, et pourtant… Le sont-elles vraiment ?

Combien sommes-nous à avoir été abusées ? Combien sommes-nous à connaître une femme qui l’a été ? Je parie que vous en connaissez une. Je parie que c’est arrivé à votre sœur ou à votre cousine, à votre fille ou à votre mère, à votre amie, à votre voisine, ou que c’est à vous que c’est arrivé.

Je parie que ça vous fait mal, je parie que c’est tapi en vous et je parie qu’à personne ou du-moins à presque personne, vous n’en avez jamais parlé. Même à vous. Même à vous, car ça fait trop mal.

Je regardais tantôt les meilleurs moments du Oprah Show. L’un des moments était une entrevue avec une dame qui avait de multiples personnalités. Elle avait été victime d’un viol à l’âge de deux ans et c’est suite à ce viol qu’elle avait éclaté en morceaux, littéralement, en 92 personnalités, pour être plus exacte. Pendant l’entrevue, Oprah l’écoutait attentivement et ne pouvait retenir ses larmes, de gros sanglots même.

Dans la rétrospective que je regardais, la Oprah d’aujourd’hui expliquait qu’à l’époque où elle avait tourné cette séquence, elle n’avait pas fait le deuil de l’agression sexuelle qu’elle avait elle-même subie… Elle n’avait pas encore fait, ce qu’elle appelle son « full circle moment », sa guérison.

Et c’est là que ça m’a marqué, en la revoyant, bien plus jeune, sangloter devant une victime d’un viol, j’ai ressenti son silence. J’ai ressenti le silence qu’elle avait vécu. J’ai ressenti toutes les années où elle avait dû se taire. Je me suis demandée à cet instant ce qu’il arriverait si les femmes parlaient.

Nous ne parlons pas parce que la peur, la douleur et l’humiliation sont trop grandes. Nous ne parlons pas parce que nous ne pouvons pas comprendre. Nous ne comprenons pas pourquoi les hommes peuvent prendre du plaisir pendant que nous avons mal. Nous ne comprenons pas pourquoi l’excitation sexuelle peut venir, pourquoi l’on peut retrouver du sperme quand une femme est meurtrie.

Nous ne comprenons pas cette rage, ni l’envie, nous ne comprenons pas le groupe, ni le troupeau, nous ne comprenons pas le désir de prendre.

Nous avons honte. Nous avons honte de ce qu’il nous reste. Nous avons honte de la naïveté, nous avons honte de notre jeunesse, nous avons honte de se laisser prendre, comme une vulgaire proie… Qui ne peut rien faire.

Perdre tout contrôle. Se rhabiller… Et continuer. Avancer. Vivre. Avec.

J’écrivais ce texte en me demandant ce qu’il se passerait si les femmes parlaient. Y aurait-il moins de viols ? Y aurait-il plus de conscience, y aurait-il plus d’hommes qui savent ce que ça fait aux femmes ? Y aurait-il moins de solitude ? Y aurait-il plus de gens qui se parlent ? Y aurait-il moins de douleur s’il y avait moins de silence des femmes ?

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Classé dans :  Société

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 15

  • 20 janvier 2013 · 10h45 Bruno Perreault

    L’humainité est froide. Nous sommes des animaux.

    Le viol est horrible, mais tant que l’homme sera plus fort physiquement(donc à tout jamais), les femmes auront la « longueur de laisse » que les hommes voudront bien leurs accorder.

    Même si toutes les femmes de la terre avaient des doctorats et les hommes un secondaire 3, les hommes pourront en tout temps reprendre le controle absolu. C’est extrêmement triste pour les femmes, mais c’est la réalité.

    L’équation est simple et effrayante: En fait, moins les hommes seront éduqués, plus ils seront au pouvoir.

    Simple logique physionomique.

    • 21 janvier 2013 · 08h11 Annie Des Chênes

      Un homme a écrit un commentaire sous ce texte stipulant : « mais tant que l’homme sera plus fort physiquement(donc à tout jamais), les femmes auront la « longueur de laisse » que les hommes voudront bien leurs accorder. »… Quel commentaire absurde ! Les femmes ont beaucoup plus d’endurance à long terme que les hommes… Qu’est-ce que la force ? Les maîtres du Chi sauront vous faire comprendre, mesdames, que la force physique n’y est pour rien dans l’auto-défense… Ce sont ce genre de commentaires qui maintiennent l’État de peur… « Les hommes sont plus forts que moi »… gneuhgneuh : Foutaises !!! Tant que les femmes accepteront leur peau de victime, elle sera meurtrie. Il y a en nous, femmes, un être sauvage et sadique qui dort… Parfois, cette bête noire se réveille (à cause d’un débalancement hormonal normal appellé mentruations même parfois !)… Combien de gentilles dames deviennent des diablesses insupportables pour leur entourage, vivant dans leur âme en colocation avec une douleur vive qu’elles veulent cacher, tant bien que mal !? Nous n’avons pas le droit de garder le silence, nous n’avons pas le droit de maintenir nos filles dans ce climat de peur de l’éternelle victime ! Nous avons le devoir de nous défendre, jusqu’à ce que mort s’en suive s’il le faut ! (idle no more, peut-être !? hm. )…

    • 21 janvier 2013 · 14h03 Bruno Perreault

      @Annie Des Chênes

      En attendant de trouver plusieurs empires féminins dans les livres d’histoires ou que Georges St-Pierre perde dans le ring contre une « maîtresse du chi », je vous laisse avec votre « pep-talk-passe partout ».

      Et le cas de Mdm Diane Blaquière est anecdotique. Si une phrase suffisait à contrer un viol, on en parlerait même pas aujourd’hui.

      Si vous entrez dans la tête des jeunes filles qu’elles peuvent se défendre avec une phrase ou le « chi », elles ne sont pas sorties du bois.

      Il n’y a qu’une solution: L’éducation des jeunes hommes et garçons. Faut aussi se rappeler qu’historiquement, l’homme n’a pas toujours eu demander la permission de la femme pour l’acte sexuel.

      Consultez les stats sur le viol, les pays les plus délinquants(inde, congo…) pour faire un lien entre éducation et viol.

      Faut cessez d’intellectualiser le débat. Vous ètes en présence de prédateurs physiquement plus dangereux que la moyenne des femmes. C’est dans l’éducation de ses débiles-là qu’une partie de la solution se trouve.

    • 21 janvier 2013 · 14h21 Bruno Perreault

      Et votre logique de combattre la violence par la violence est troublante.

    • 21 janvier 2013 · 17h01 Annie Deschênes

      Je ne prône pas la violence. Je prône la légitime défense. Lidée n’est pas de savoir si je peux me battre à coup de poing sur la gueule avec un homme. L’idée est que je sois capable, par certaines techniques d’autodéfense (il y a plusieurs différentes techniques accessibles aux femmes qui leur permettre non pas de devenir des lutteuses extrêmes, mais de faire assez mal à n’importe quel gros tas de muscles pour se sauver d’un viol, de possibles MTS et de toutes les conséquences qui s’en suivent…)
      Je suggère aux femmes d’apprendre à se défendre. Ce n’est pas de la violence. De dire que ça toujours été comme ça, qu’il faut juste éduquer les garçons, même si ça changera jamais (c’est du moins ce que j’ai compris de votre discours ) Bien Sûr !! Mais il est grand temps de se sortir de ce rôle obligé de victime.

  • 20 janvier 2013 · 16h05 Louise Saintonge

    Dans nos société, un viol, ce n’est jamais bien grave.
    Quel politicien s’est élevé pour sympathiser avec toutes ces victimes de viol collectif en Indes? Quelle religion ou gouvernement s’est élevé contre le « viol comme arme de guerre »?
    Quand un conjoint possessif et contrôlant viole ou tue sa conjointe, nos jounalistes appellent ça « un drame familial » !
    Sommes-nous tellement civilisés?

  • 20 janvier 2013 · 18h58 Berenice

    Vous écrivez bien, c’est émouvant. J’ai moi-même subit des agressions sexuelles, il est vrai que c’est banal et pourtant on ne veut tellement pas l’admettre quand il s’agit de soi…

  • 21 janvier 2013 · 11h26 Monique Rondeau

    Je recommande la lecture de Féminicides et impunité, le cas de Ciudad Juarez, publié chez Écosociété. L’auteure Marie France Labrecque y mène une analyse anthropologique, économique et politique sur la violence systémique envers les femmes, et sur l’impunité à ce sujet. Troublant, oui, mais tellement éclairant.

  • 21 janvier 2013 · 13h17 Diane Blaquière

    @Bruno Perreault
    Ils étaient une dizaine….Nous sommes à St-Félix-de-Valois, je marche seule de retour du village…. je suis en pause comme monitrice en colonie de vacances. J’ai 15 ans.

    Leur force physique a rapidement pris le dessus…. mais…

    Immobile, dénudée, retenue au sol…. je l’ai regardé en plein dans les yeux… haletante, enragée mais calme j’ai posément affirmé… oui … AFFIRMER!
    « Tu dois te mettre à 10 et tu appelles ça être un homme? »
    Ils sont partis et j’ai tremblé pendant deux jours…. eux ne l’ont jamais su. J’avais refusé la peur et douter de la sacro-sainte virilité du soit-disant plus fort.
    J’ai appris ce jour-là que de douter de la virilité d’un homme est la plus habile des défensives. Depuis ce jour, je dis aux hommes ce que j’aime en eux…. ils ont profondément besoin de savoir qu’ils ont un pouvoir et je leur donne celui qui me convient, celui qui me protège. Le féminin qui aime le masculin! Et ça les calme…. pour le reste, c’est moi qui gère le risque.

    • 21 janvier 2013 · 13h27 Lea Streliski

      Shiiit, je salue votre courage Madame! Qu’il serve aux autres.

  • 21 janvier 2013 · 15h07 Annie P

    On apprend aux femmes à ne pas se faire violer, plutôt que d’apprendre aux hommes à ne pas le faire.

  • 21 janvier 2013 · 15h12 Diane Blaquière

    @Bruno Perreault
    Vous avez tout à fait raison, mon témoignage ici dispose de un ou deux paragraphes. Ça le rend anecdotique pour quelqu’un qui ne dépasse pas l’histoire. Vous auriez dû deviner que tout ne « pouvait » pas s’arrêter là…. ou encore qu’il avait suffi d’une seule phrase pour guérir…. ce ne fût que le déclencheur qui m’a convaincue que je pouvais renoncer à n’être qu’une victime.

    Mon histoire avec la violence des hommes est allée beaucoup plus loin que ce seul incident….. votre colère aurait avantage à s’apaiser car elle ne pourra éduquer personne. Il faut seulement lire ici que le pouvoir des femmes est immensément plus profond que la force brute que nous concédons aux hommes comme une raison de cultiver la rage et l’impuissance.

    Il y a beaucoup plus au pouvoir des femmes que celui de dénoncer ce qui ne cessera jamais d’exister. La merde des abuseurs!

    Tous les hommes ne sont pas merdiques… et leur force est aussi à notre service, pour peu qu’on apprenne à gérer ses risques pour soi-même.. comme tout ce qui a la double fonctionnalité de détruire et de construire. Comme un couteau qui peut aussi tuer…
    La merde peut devenir de l’engrais si on se donne la peine d’apprendre à ne pas l’étendre partout. Peu importe comment, je ne contrôle pas le pouvoir des autres mais je peux améliorer ma façon de me servir du mien…. et je suis la mère de filles
    que j’ai éduquées à s’en servir bien au-delà de la sexualisation physique du débat. C’est bon avec toutes les formes d’abus merdique. Le chi existe sous plusieurs formes…. aux femmes de le découvrir. C’est un mode de vie au féminin!

  • 21 janvier 2013 · 20h24 I a n

    Mon message respecte la netiquette merci de le publier.

    —-

    (1)

    « Nous ne comprenons pas pourquoi les hommes peuvent prendre du plaisir pendant que nous avons mal. »

    « les hommes » ?

    … il me semble une infime minorite d’homme…

    Je vais etre franc ca me semble non seulement une generalisation abusive mais du sexisme.

    Et puis du reste si c’est incomprehensible pour vous… ca l’est egalement pour « les hommes » comme moi meme.

    (2)

    « 20 janvier 2013 · 10h45″

    Tout le commentaire me semble etonnant…

    Il y a des milieux ou on peut dire des niaiseries de meme ?

    « Le viol est horrible, mais tant que l’homme sera plus fort physiquement(donc à tout jamais), les femmes auront la « longueur de laisse » que les hommes voudront bien leurs accorder. »

    Et meme dans un autre commentaire

    « Vous ètes en présence de prédateurs physiquement plus dangereux que la moyenne des femmes »

    Des gens utilisent leur liberte d’expression… je vais utiliser la mienne et dire que pense qu’un blogue devrait pas servir a emettre des propos sexistes et il me semble que la netiquette s’applique.

    —-

    (3)

    Encore d’autres trucs…

    « Dans nos société, un viol, ce n’est jamais bien grave. »

    ou meme

    « On apprend aux femmes à ne pas se faire violer, plutôt que d’apprendre aux hommes à ne pas le faire. »

    ouf…

    ——

    (4)

    Et puis la palme revient a

    « Tous les hommes ne sont pas merdiques… et leur force est aussi à notre service, pour peu qu’on apprenne à gérer ses risques pour soi-même.. comme tout ce qui a la double fonctionnalité de détruire et de construire. Comme un couteau qui peut aussi tuer…
    La merde peut devenir de l’engrais si on se donne la peine d’apprendre à ne pas l’étendre partout »

    « Tous les hommes ne sont pas merdiques… » … sexiste…

    « Comme un couteau qui peut aussi tuer »… tres sexiste…

    « La merde peut devenir de l’engrais »… ouf… propos haineux ?

    —-

    J’aimerais rappeler que la netiquette avec la regle [1] vise aussi les propos sexistes.

    Et qu’un propos sexiste peut aussi etre fait par une femme a l’endroit des hommes.

  • 21 janvier 2013 · 21h46 Diane Blaquière

    @ I a n
    Je ne peux pas écrire pour les autres femmes ici mais…. vous faites du sexisme avec tout ce qui alimente votre défensive…. j’écris effectivement

    « Tous les hommes ne sont pas merdiques… (et la très grande majorité ne le sont pas – ??? je n’écris pas le contraire…on dit la même chose différemment)

    et leur force est aussi à notre service,
    (la force physique des hommes n’est pas un défaut quand elle sert à nous protéger)

    pour peu qu’on apprenne à gérer ses risques pour soi-même.. (comme apprendre à s’outiller pour se protéger de tous les prédateurs qui existent) (5000 agressions physiques contre les femmes par année au Québec seulement)…. et il y en a beaucoup qui restent cachées….

    j’ajoute aussi…..comme tout ce qui a la double fonctionnalité de détruire et de construire. Comme un couteau qui peut aussi tuer…
    (Il s’agit ici de transformer une expérience très douloureuse (et le viol l’est) en s’en servant pour guérir plutôt que se détruire)

    de là ce qui suit… -La merde peut devenir de l’engrais si on se donne la peine d’apprendre à ne pas l’étendre partout »

    Il n’y a rien de sexiste à écrire qu’il y a des femmes qui souffrent énormément de se sentir menacées ou qui sont réellement victimes de viol puisqu’on parle ici de viol (sans exclure personne de la capacité de faire de la merde par violence)

    Je réponds à une tendance à la victimisation comme seule réaction….. à des excès de pouvoir…. qui dans ce billet parle spécifiquement de la tolérance au viol qui est ici le sujet.
    Je crois que le « hors contexte » ne vous sert pas bien dans votre commentaire mais il a le don de n’apporter aucune ouverture la discussion…..
    Vous éloigner de ce forum vous fera le plus grand bien…. je suis désolée mais le viol existe à grande échelle ici même au Québec…. et ça passe sous silence trop souvent.
    Les femmes qui sont ici essaient d’avancer pour faire diminuer cet effroyable réalité…. le but n’est pas de limiter la discussion en vous enfermant dans vos mots-clés. totalement improductifs.
    Ouvrez une discussion avec les milliers d’agresseurs du Québec…. et vous verrez que la discussion pourrait devenir très très merdique….

  • 1 février 2013 · 19h39 Frederic Desjardins

    Diaboliser les hommes c’est payant !

    Le féminisme a besoin de la violence conjugale et du viol. Les associations et organismes féministes inventent et gonflent le nombre de cas de violence en falsifiant les statistiques de viol et de violence conjugale afin de maintenir ses subventions et de donner au féminisme une raison d’être.

    80% de toutes les victimes de violence sont des hommes alors que des centaines de millions de dollars sont dépensées par le Gouvernement du Québec chaque année pour divers organismes visant à protéger les femmes de la violence.

    Pourquoi la violence faites au femmes est-elle perçue comme étant un problème plus grave ? Car la grande majorité et des hommes et des femmes sont choqués à l’idée que l’on puisse s’en prendre aux femmes qui sont perçues comme étant plus vulnérables et faibles. Parce qu’on ne prend jamais les femmes au sérieux. Tout le monde veux stopper la violence faites aux femmes. Qui donc ne veut pas que cesse la violence faites aux femmes ?

    Les féministes professionnelles, voilà qui ! Sans le cette mise en scène de « fléau » qu’est le viol ou la violence faites au femmes, les féministes professionnelles perdraient leur pouvoir politique.

    Si on se fie a certaines des statistiques provenant de ces féministe professionnelles comme Madame Conradi de la FFQ, 4 hommes sur 5 aurait été violent avec une femme au Québec. Foutaise ! Ils veulent nous faire croire que le Québec est pire qu’en Afghanistan pour que le gouvernement continue à leur donner des sous, voilà tout !

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    Mère de deux garçons, blogueuse au Canal Vie, chroniqueuse Insolite à La Soirée est (encore) jeune à Radio-Canada. Féminisme, chant, rigolade!

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