En ces temps où tout va si vite et où la formule-choc l’emporte bien souvent sur la réflexion, il fait bon trouver des chroniqueurs et auteurs qui se bâtissent peu à peu une certaine popularité (et une bonne réputation) en manipulant des matériaux philosophiques. C’est le cas de Normand Baillargeon, notre collègue chroniqueur au Voir, qui se fait un devoir d’intelligence publique depuis quelques années en se taillant une place de choix dans les médias. On le connaissait pour son Petit cours d’autodéfense intellectuelle paru en 2005 chez Lux, véritable manuel de survie au pays des arguments fallacieux. Voici qu’il récidive avec une sorte de guide zoologique philosophique, L’arche de Socrate, publié il y a quelques semaines aux éditions Aden.

Pour rédiger cet ouvrage à la fois tonique et rafraîchissant (une prouesse en philosophie!), Baillargeon s’est livré à un véritable recensement des animaux qui sont apparus, au fil du temps, au sein de la littérature philosophique. Chacun a sa fiche, un peu comme dans les livres sur la vie animale. C’est ainsi qu’on retrouve les plus connus, comme les abeilles de Mandeville, le Léviathan de Hobbes ou les moutons de Rabelais, mais aussi quelques curiosités comme le gavagai de Quine ou le renard de Scruton. Chaque animal devient ainsi l’occasion de s’interroger sur un problème philosophique et de partir à la rencontre des oeuvres d’auteurs pas nécessairement connus, même des plus érudits. Voilà un excellent travail de vulgarisation, fouillé et sans prétention, qui se lit dans l’ordre ou dans le désordre et qui a tout pour devenir un livre de chevet. De plus, ne lésinons pas sur le jeu de mots, fréquenter ces animaux vous permettra de lutter contre la bêtise! Éd. Aden, 2012, 255 p.

L'arche de Socrate, petit bestiaire philosophique Critique par - 2012-10-04
Cote: 4


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