Invitée d’honneur du 35e Salon du livre, Marie-Renée Lavoie plonge tête baissée et yeux grands ouverts dans l’insomnie avec Le syndrome de la vis.

D’abord pensée sous forme de pièce de théâtre, la trame du dernier roman de Marie-Renée Lavoie, Le syndrome de la vis, a vite dévié vers le roman, mieux adapté à la vis, à l’insomnie du personnage de Josée Gingras et ses angoisses. "C’est un peu une tentative d’expliquer la difficulté de communiquer ce qu’est l’insomnie", raconte Lavoie, elle-même insomniaque depuis sa jeunesse. "C’est juste "de même". Je suis insomniaque", admet-elle d’emblée. Et c’est "de même" que vit aussi le personnage qu’elle a créé, enseignante au cégep, que le lecteur suivra dans ses nuits sans sommeil, dans son accès de colère envers un étudiant, avec sa famille et celles des autres.

L’incapacité de communiquer est grande lorsqu’on est insomniaque. "Plusieurs me disent qu’ils ne comprennent pas pourquoi Josée ne dort pas. Mais c’est ça l’affaire! Il n’y a pas toujours une raison. On a standardisé et organisé nos vies, notre sommeil, selon un cadre horaire sociétal, mais peut-être qu’hormonalement et physiologiquement, nos corps et nos cerveaux ne veulent pas ça pour nous. C’est vraiment difficile à faire comprendre aux autres." D’où l’idée d’une vis qui grugerait l’insomniaque au quotidien, selon la principale intéressée. Cette "vis sans fin qui se nourrit de son propre mouvement" devient alors une mécanique qui régit la vie de celui ou celle qui ne parvient à fermer l’oeil qu’au mauvais moment et moins souvent que les autres.

Fort bien accueilli par la critique et le public, son premier roman, La petite et le vieux, a remporté le Grand Prix de la relève Archambault et la victoire au Combat des livres, quelque temps après sa sortie, en plus d’être finaliste au prix France-Québec et au Prix des cinq continents. "Pour le second, je prévois me faire ramasser, car je sais qu’on m’attend!" lance Lavoie en riant, déjà penchée sur le canevas d’un troisième roman. "C’est sûr que Josée Gingras va se faire critiquer", s’amuse l’auteure avant de mettre en garde le lecteur et le critique contre les raccourcis. "D’emblée, c’est une prof au cégep et moi aussi. Certains s’imaginent que ça représente la profession, mais le métier est relativement secondaire là-dedans. C’est Josée qui a un problème, pas tous les profs!"

Limoilou, mon amour

Originaire du quartier Limoilou à Québec, Marie-Renée Lavoie y puise son inspiration pour entourer ses personnages. "On dirait que je suis incapable de construire des personnages bien sentis s’ils ne marchent pas dans des rues que j’ai déjà vues. Déjà, au deuxième [roman], je me rends compte qu’on a un bagage relativement limité dans lequel on se promène, on a notre univers d’écrivain", philosophe Lavoie avant de se faire grave. "C’est ce que je trouve le plus difficile dans l’écriture: tant que tu n’écris pas, tu es un super écrivain. Mais la journée où tu te mets à écrire, tu te rends compte que tu es limité. Tu es toi, finalement."

Marie-Renée Lavoie
Le syndrome de la vis
Éd. XYZ, 2012, 211 p.

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Séances de dédicaces
Éditions XYZ – Kiosque 132
14 novembre: 20h à 21h
17 novembre: 14h à 15h et 17h à 18h
18 novembre: 13h à 14h

Table ronde: Réinventer sa vie
14 novembre à 19h30

Confidence d’écrivain
17 novembre à 16h30

Le poids du deuxième roman
17 novembre à 13h45


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