C’est avec impatience qu’on attendait la suite de Blast, série commencée en 2009 par Manu Larcenet (Le combat ordinaire), qui a tout pour devenir un classique et peut-être l’opus magnum de l’auteur. Les non-initiés doivent impérativement se baigner dans l’univers glauque et poétique qu’est celui des souvenirs de Polza Mancini, un homme immense soupçonné d’homicide et placé en garde à vue. Il n’hésite pas à parler, pour autant qu’on le laisse raconter son histoire au complet. Il s’agit d’une œuvre forte, dérangeante, riche d’un scénario d’une originalité rarement atteinte et d’un travail graphique audacieux et déroutant.

Dans ce troisième et avant-dernier tome qui vient tout juste de paraître, l’interrogatoire de Polza se poursuit pour donner lieu à un récit d’une noirceur inégalée jusqu’à maintenant. La fuite en avant de cet obèse morbide se transforme en une chute sinistre jalonnée par la violence, la captivité et une cavale qui semble sans issue. Plus que jamais, on commence à comprendre le sentiment à mi-chemin entre le cynisme et la détresse qui habite ce personnage «qui pèse deux hommes» et qui semble pourtant capable d’amitié et de tendresse. Rien n’est de trop, chaque trait semble donner du sens à cette histoire où l’ombre l’emporte lentement sur la lumière. Du grand art.

Blast, 3e tome: La tête la première Critique par - 2012-12-06
Cote: 4


Partagez cette page

+ SUR LE MÊME SUJET : ,

Ajouter un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Infolettres