Michel-Olivier Gasse fait preuve d’une méfiance qui distingue les écrivains que l’on affectionne des écrivains que l’on admire en évitant tous les pièges qui l’attendaient sur le chemin de ce premier roman haletant. En compagnie de ses antihéros aux narines plus gourmandes qu’un bataillon de rockeurs intempérants, le musicien aurait pu s’engager sur la pente savonneuse du trash, une étiquette qui ne nous vient pourtant jamais en tête à la lecture Du cœur à l’établi, l’intérêt se situant ailleurs. Dans cette narration et ces dialogues truffés de phrases d’anthologie reproduisant, sans se laisser avaler par le joual, la musique d’une langue quotidienne. Dans cette capacité d’émouvoir sans appeler le pathos en renfort. Dans cette manière tout américaine de peindre avec minutie des personnages à la fois extraordinaires et immédiatement familiers en refusant ce genre de surpsychologisme délétère qui gangrène une trop grande partie du roman québécois. Ça rentre au poste. Éd. Tête première, 2013, 350 p. 

Du cœur à l'établi Critique par - 2013-04-04
Cote: 4


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