BloguesCinémaniaque

FNC 2012 : quoi voir ce week-end?

Catimini
de Nathalie Saint-Pierre, 12 octobre, 20h, Excentris Cassavetes

Porté par de jeunes actrices d’un naturel déconcertant, ce deuxième film de la réalisatrice de Ma voisine danse le ska trace avec finesse, sensibilité et une bouffée de fraîcheur le triste cycle de vie des enfants pris en charge par la DPJ à travers le parcours, d’une famille d’accueil à l’autre, de quatre filles âgées de 6 à 18 ans. Avec Isabelle Vincent, Roger Larue, Alexandrine Agostini et Claire Jacques. Valois d’Or au Festival du film francophone d’Angoulême.

Post Tenebras Lux
de Carlos Reygadas, 13 octobre, 14h30, Cinéma Impérial

Prix de la mise en scène à Cannes, Post Tenebras Lux, qui raconte le quotidien d’une famille installée à la campagne, s’avère une expérience sensorielle hors du commun. Toutefois, les images, d’une grande beauté vues à travers un prisme qui en déforme les contours, peuvent agacer le spectateur. Et que dire de ce petit diable rouge en images de synthèse?…

La mise à l’aveugle
de Simon Galiero, 13 octobre, 15h30, Quartier Latin

Mettant en vedette l’excellente Micheline Bernard, ce deuxième film du réalisateur de Nuages sur la ville raconte avec un réalisme troublant et une bonne dose d’humour décapant le désarroi d’une femme divorcée qui, après une carrière fructueuse dans les affaires, retourne vivre dans son quartier populaire natal. Un émouvant et nuancé portrait de femme doublé d’une savoureuse peinture de milieu. Avec Julien Poulin, Louis Sincennes, Marc Fournier et Christine Beaulieu.

In Another Country
de Hong Sang-soo, 13 octobre, 17h, Cinéma Impérial

Dans cette échevelée et chaotique comédie dramatique, Isabelle Huppert, que le réalisateur coréen a réussi l’exploit de faire jouer faux, incarne en mode jouvencelle primesautière trois personnages prénommés Anne qui vivront des tribulations semblables dans une station balnéaire de Mohang-ni. Pour inconditionnels seulement.

The Angels’ Share
de Ken Loach, 13 octobre, 19h, Cinéma Impérial

Revisitant en mode mineur le terreau de Sweet Sixteen, cette charmante et pétillante comédie sociale, récipiendaire du Prix du jury à Cannes, met en scène de jeunes délinquants, le conquérant Paul Brannigan à leur tête, qui s’improvisent arnaqueurs dans l’univers des collectionneurs de whisky. Pas un grand cru, mais pas mal du tout.

La chasse
de Thomas Vinterberg, 13 octobre, 21h, Quartier Latin

Injustement accusé de harcèlement sexuel par une fillette de la garderie où il travaille, un homme est bientôt frappé d’ostracisme par sa communauté. Porté par le jeu magistral de Mads Mikkelsen, lauréat du Prix d’interprétation masculine à Cannes, La chasse s’avère un drame des plus prenants, bien qu’il repose sur un récit aux airs de déjà-vu et une mise en scène assez conventionnelle, dont la fin donne froid dans le dos. Prix oecuménique à Cannes.

Midnight’s Children
de Deepa Mehta, 14 octobre, 15h, Cinéma Impérial


Nés sous le coup de minuit alors que l’Inde obtenait son indépendance, deux garçons issus de milieux diamétralement opposés sont échangés à la naissance par une infirmière aux idées révolutionnaires. Malgré la magie que déploient les jeunes personnages, cette adaptation du roman de Salman Rushdie se révèle pour le moins lourde et laborieuse.

Vous n’avez encore rien vu
d’Alain Resnais, 14 octobre, 18h, Cinéma Impérial

Comme il sait si bien le faire, le grand cinéaste français s’est amusé à brouiller les frontières entre le théâtre et le cinéma en conviant quelques piliers de sa famille d’acteurs, dont Sabine Azéma, Pierre Arditi et Lambert Wilson, dans une émouvante et ludique réflexion sur la vie, l’art et la mort. Malgré son enveloppante atmosphère crépusculaire, ceci n’est pas une oeuvre testamentaire.

Boredom
d’Albert Nerenberg, 14 octobre, 19h45, Excentris Fellini

Fidèle à lui-même, le sympathique journaliste et documentariste canadien explore avec intelligence, habileté et humour l’un des plus grands maux de ce siècle: l’ennui! À l’aide de cocasses reconstitutions dramatiques, d’entrevues tantôt sérieuses, tantôt amusantes, Albert Nerenberg, rongé par l’ennui depuis la perte de son téléphone intelligent, retourne aux origines de ce mal sournois et tente de trouver une solution afin d’y mettre fin. Un documentaire sur l’ennui qui n’ennuie certainement pas et qui livre, mine de rien, une troublante réflexion sur nos habitudes de vie.

À perdre la raison
de Joachim Lafosse, 14 octobre, 21h, Cinéma Impérial


Librement inspiré d’un tragique fait divers survenu en Belgique en 2007, ce drame de moeurs saisissant vaut le détour ne serait-ce que pour la performance époustouflante d’Émilie Dequenne, lauréate du Prix d’interprétation féminine à Un certain regard, dans le rôle d’une jeune mère dépressive. Jamais plus vous n’écouterez Femmes je vous aime de Julien Clerc de la même façon… Tahar Rahim et Niels Arestrup y forment un tandem qui donne aussi froid dans le dos que celui qu’il formaient dans Un prophète de Jacques Audiard.