Interdiction de citer : ceci n’est pas du colonialisme

7 janvier 2013 11h18 · Marc-André Cyr

Chaque sauvage devra, avant l’émission des lettres patentes mentionnées dans la treizième section du présent acte, déclarer au surintendant-général des Affaires des sauvages, les nom et prénom sous lesquels il désire être émancipé et connu par la suite…

Acte sanctionné par le Parlement du Royaume-Uni, le 22 juin 1869.

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« Réserve » : Parcelle de terrain dont Sa Majesté est propriétaire et qu’elle a mise de côté à l’usage et au profit d’une bande…

– Extrait de la loi sur les indiens, 1876

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Tout sauvage ou autre personne qui participe ou assiste à la célébration de la fête sauvage désignée sous le nom de « potlache », ou à la danse sauvage désignée sous le nom de « Tananawas » est coupable du délit et passible d’incarcération pendant un terme de 6 mois ou plus…

– Statuts du Canada, 1884.

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Notre objectif est de poursuivre le travail jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul Indien au Canada qui n’ait pas été absorbé dans le corps politique…

– Ducan Campbell Scott, surintendant au ministère des affaires indiennes, 1920.

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Les récents amendements donnent le contrôle aux Affaires indiennes et retirent aux parents indiens la responsabilité du soin et de l’éducation de leurs enfants, et les meilleurs intérêts des enfants indiens sont promus et pleinement protégés.

Rapport annuel du ministère des Affaires indiennes, 1921.

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…le sauvage était sensuel. Il se livrait facilement à la débauche. Son goût pour les boissons alcooliques fut encore un des principaux obstacles à l’action des missionnaires. Enfin, il était sans force morale, sans caractère

– Manuel scolaire québécois, 1945.

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Avec super écono, plus besoin d’habiter à Kahnawake pour pas payer cher de chauffage!

– Slogan publicitaire, Super-écono, 1994.

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Les autochtones vivent dans une sorte de paradis marxiste.

– Brian Filtzpatrick, député conservateur, 2006.

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Deux Québécois sur trois pensent que les autochtones ont un niveau de vie aussi bon, voire meilleur, que le Canadien moyen.

– Sondage, Le Devoir, janvier 2007.

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On a réussi à trouver une chose sur Google, sur le récit de Glouskap, Glouskap a tué son frère Malsum, l’Esprit du Mal, le fameux Winpé et d’autres sorciers encore. Enfin, il a tant humilié la sorcière Poujinkouesse qu’elle s’est changée en maringouin, et cela uniquement pour se venger, car elle est devenue, grâce à cette métamorphose, la mère d’une engeance persécutrice des hommes que protège son puissant ennemi. Je veux juste être sûr que c’est le bon récit, ma fille (de 5 ans) va m’arriver avec ça l’automne prochain.

Mario Dumont, chef de l’ADQ, 2007.

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[…] des centaines de cas de femmes autochtones disparues ou victimes de meurtre au cours des deux dernières décennies n’ont pas fait l’objet d’enquêtes approfondies, pas plus qu’une attention prioritaire n’y a été accordée, les coupables restant impunis. 

– Rapport de l’ONU sur l’élimination de la discrimination envers les femmes, 2008.

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La police et l’État ne veulent pas intervenir dans les réserves de peur de passer pour une bande de racistes. Alors on ferme les yeux. Qu’on se le dise: les lois ne sont pas les mêmes pour tout le monde, au Canada.

– Richard Martineau, sur son blogue, 2008.

*

Ce n’est pas en reconnaissant aux autochtones des droits supérieurs à ceux des Blancs que nous allons avancer dans la bonne direction. Au contraire, c’est de la politique haineuse qui amène des tensions sociales et qui se termine comme en Israël.

– André Forbes, candidat libéral, 2009.

*

[…] jamais Ottawa n’oserait y lancer un programme de contrôle des naissances. Je vois déjà les accusations de génocide devant la Commission des droits de l’homme de Genève. Faire des enfants, c’est l’activité licite la plus payante et, de loin, la plus divertissante sur les réserves éloignées.

– Normand Lester, blogue, 30 novembre 2011.

*

La grève de la faim est définie comme la cessation volontaire de prendre des aliments afin de contraindre une personne morale, une entité politique, à accéder à ses volontés. Autrement dit, c’est une forme extrême de chantage.

– Jacques Samson, Journal de Montréal, 5 janvier 2013.

*

[…] pendant que la chef Spence et d’autres souhaitent des discussions de nation à nation, on est en droit de se demander si une part suffisante de la culture autochtone a survécu pour permettre de seulement rêver à ce statut ou si la culture n’est pas irrémédiablement altérée pour cela. Les offrandes, les tambours rituels et le reste ne font pas une nation.

[…]

Il est tentant d’y voir un geste d’intimidation, sinon de terrorisme. Après tout, elle tient l’État en otage avec des demandes vagues…

– Christie Blatchford, National Post, 2012.

***

Plusieurs des citations sont tirées de Mythes et réalités sur les peuples autochtones publié par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, de même que des journaux à grand tirages (intarissable source de niaiseries et de stupidités).

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Classé dans :  Divers, Société

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 16

  • 7 janvier 2013 · 11h54 Luc Bouchard-Pigeon

    Je suppose que cet article est en construction. Il serait en effet possible de trouver d’autres perles du même accabit et il est malheureusement certain que d’autres sont à venir…

    • 7 janvier 2013 · 11h57 Marc-André Cyr

      Pourquoi ne pas les partager ici? C’est effectivement certain qu’il y en aura d’autres…

  • 7 janvier 2013 · 12h49 Bodom

    Vous vous lancez dans le simple scrapbooking politique pour ne pas vous faire oublier pendant les vacances, monsieur Cyr ?

    • 7 janvier 2013 · 14h02 Marc-André Cyr

      Vous ratatinez mon montage concernant la spoliation des Amérindiens dans le but d’avoir une peu d’attention pendant les vacances, M.Bodom?

    • 7 janvier 2013 · 16h27 Bodom

      Votre parade gamine de « miroir » est particulièrement malvenue dans le contexte du traitement des luttes autochtones, monsieur Cyr. Ne pouvez-vous donc pas mieux faire ?

    • 7 janvier 2013 · 16h38 Marc-André Cyr

      Vous avez droit à une réplique à la hauteur de votre propos, M., tout simplement.

  • 7 janvier 2013 · 13h05 Joëlle Shaw

    Dans la même foulée, les dessins de Francis Back refusés parce qu’il a donné un air trop « vindicatif » à un grand chef amérindien.
    http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/352551/un-illustrateur-refuse-de-cautionner-les-distorsions-historiques-des-conservateurs

  • 7 janvier 2013 · 13h13 Jean-Philippe Roy

    Bonjour M. Cyr,
    Je cherche la référence exacte de la dernière citation, celle de Christie Blatchford. Pouvez-vous m’en donner la date précise? Elle me serait utile pour un travail de recherche.
    Merci
    Jean-Philippe Roy

  • 7 janvier 2013 · 13h39 Louve

    Normand Lester n’a malheureusement pas tort en mentionnant que faire des enfants est considéré comme une source de revenu dans certains foyers autochtones des réserves les plus éloignées (je parle en connaissance de cause…). Mais ce n’est absolument pas le cas de tous, et si la violence conjugale et la négligence des enfants dans certaines réserves est, entre autres, l’héritage d’un lourd passé (dont nous sommes, sans doute en grande partie, responsables), instaurer un programme de contrôle des naissances est de loin l’idée la plus obstuse qu’on peut avoir pour régler un tel problème. Des organismes tentent depuis longtemps de favoriser l’éducation des jeunes autochtones, de leur apporter de l’aide en milieu familial, des ressources pour se débarasser de la dépence à l’alcool ou aux drogues et du soutien aux femmes victimes de violence conjugale. Mais les subventions se font de plus en plus rares et faute d’appuis du gouvernement, la majorité de ces organismes doivent déclarer bancroute et laisser derrière eux un travail inachevé.

  • 7 janvier 2013 · 14h19 Sylvain Côté

    Ce sont des citations partielles, donc on ne peut pas lire le contexte des petits bouts que je lis ici. Ca ressemble à un montage servant à influencer la réflexion du lecteur.
    De plus nous sommes en 2012, Posons-nus la question à savoir s’il y a lieu d’avoir encore des réserves. Si les autochtone ont des droits, alors pourquoi ne pas leur accorder ces droits partout ou ils vivent?.
    À ma connaissance les autochtones ne sont plus traité comme en 1800 ou avant. Maintenant le pays paie pour études et il y a un per capita qui est versé en compensation. Les autochtones ont des droits que je n’ai pas moi-même.

    IL n’est plus possible pour ces peuples de vivre comme avant l’arrivée des blancs, à mon avis, la plupart d’entre eux vivent exactement comme les blancs et profite de la modernisation et des facilités que nous offre le développement.

    Je crois que la cause des autochtones est intimement lié à celle des canadiens français, nous aurions intérêt à nous unir.

    Le système même des réserve que dénonces ce que je viens de lire n’étais pas une bonne chose, et que les réserve tel qu’existant en ce moment sont passé date et nous devrions revoir même le principe des réserves qui occasionne tellement de problèmes sociaux-économique dans les réserves éloignés des grands centres.

    • 7 janvier 2013 · 16h24 Bodom

      L’imprécision du propos de monsieur Cyr est responsable de ce genre de dérives. « La spoliation des Amérindiens » (et les Amérindiennes elles ?), on en convient, mais encore ?

    • 9 janvier 2013 · 18h28 welley

      c’est bien beau de dire… quittez vos réserves… Ma réserve (asti j’hais de dire ca) mon village plutot… étaient un lieu de ressemblement en été ou les familles revenaient de la chasse hivernale à l’intérieur des terres…ils se devaient pecher le saumon durant la montaison et chasser le phoque pour la fourrure et sa graisse durant l’été et certains restaient ds leur territoires. Les années ont passés, la chasse n’étant plus la priorité,le mode de vie a changer dont la plupart pratique encore nos traditions…je parle pas de boire de la bière ou de prendre de la drogue,le sentiment d’appartenance de cette partielle de terrain nos a conquis.C’est comme dire ceux qui habitent Saint-Julie-de-ne-sais-pas-ou de déménager dans des grandes villes

  • 7 janvier 2013 · 19h45 Marcel Bourbonnais

    Remerciements :
    Ce montage m’est très utile. Ça m’aide à comprendre mon identité et ma langue. Publié au Québec, en français, sans excuses, sans allusion à un ailleurs plus véritable que les faits ; sans diluer le poids des mots. Encore une fois, Bravo !
    Réflexion :
    Les carrés rouges ont confronté la classe politique québécoise et sont sortis tête la haute de leur lutte. Ils ont contribué à démontrer dans l’espace public que le notable bien vêtu pouvait soutenir la corruption rationnellement tout en respectant les règles de la politesse des gens bien éduqués. Aujourd’hui, #IdleNoMore nous confronte à l’idée des Premières Nations que nous utilisons pour produire des raisonnements sur nos origines en tant que citoyens sans histoires.
    Voici une adresse que j’ai trouvé utile pour des textes de références sur la question :
    http://peuplesvisibles.tumblr.com/post/39250900222/idle-no-more-et-revendications-autochtones-un-guide-a

  • 7 janvier 2013 · 22h33 Jean-Philippe Roy

    @ Mélanie,
    Il y a peut-être des raisons qui poussent les gens à simplement demander la source exacte à celui qui la signale… La citation est en fait datée du 27 décembre 2012, raison je suppose de ma recherche infructueuse.

    Merci pour la référence M. Cyr

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