Un tour de Montréal pour les amoureux des livres

20 juillet 2012 20h26 · Marie D. Martel

Le Centre d'archives de Montréal

Je recevais il y a peu le message d’un visiteur parisien amoureux des livres qui me demandait quelques suggestions pour découvrir le Montréal littéraire. Je lui ai proposé cette géographie subjective en toutes lettres avec une carte.

Voici quelques propositions.

D’abord, du côté des bibliothèques, s’il n’y a qu’un seul arrêt, ce sera celui des chambres de bois de la Grande bibliothèque (BAnQ) où bat notre coeur culturel – sans oublier l’allée des bouquinistes dans la ruelle du côté ouest les weekends.

Et puis, il faut passer à l’édifice Gilles-Hocquart du Centre d’archives de Montréal (535, avenue Viger) dont la rénovation signée par l’architecte Dan Hanganu en a fait un écrin pour les amateurs de secrets anciens et d’expositions de qualité.

La bibliothèque de Westmount représente aussi une destination de choix. C’est la première bibliothèque publique de Montréal. Ouverte en 1899, elle est dotée d’un charme ineffable que les agrandissements ultérieurs, notamment celui conçu par l’architecte Pete Rose, n’ont pas altéré, au contraire.

Dans le réseau des bibliothèques publiques de Montréal, les pèlerins des livres devraient faire un arrêt à la bibliothèque du Mile End qui est le résultat heureux d’une conversion d’église en bibliothèque.

Du côté des bibliothèques universitaires, la Library Birks de l’Université McGill (pour les études religieuses) pourrait bien s’inscrire dans une visite de ce campus. On fera aussi un détour par la section des livres rares en jetant au passage un coup d’oeil (un peu médusé) sur l’Espresso Book Machine située dans la succursale McLennan. Ask a librarian.

Sur le marché, je recommande la librairie Drawn & Quaterly, au 211 de la rue Bernard (siège de la maison D &Q, éditeur estimé de BD canadienne). Je ne sais pas si c’est juste ma complexion mais cette librairie a l’heur de me mettre dans tous mes états.

La librairie Olivieri, épicentre/épicier académique, propose aussi un café-bistro qui permet de rejoindre tous les appétits, et pas seulement intellectuels, en nivelant les différences de statuts et de diplômes.

La librairie Planète BD pour le dit contenu, et surtout parce que son propriétaire est le grand gourou de la bande dessinée à Montréal.

Les temps sont durs pour les amoureux plus old-fashioned du papier alors, pendant qu’il est encore temps, on peut s’inviter à la librairie du Square, face au Carré St-Louis, qui a accueilli la faune littéraire et artistique dans le sillage de Gaston Miron, Gilles Carles, Claude Jutras et cie depuis quelques décennies.

On dira ce qu’on veut de Gallimard, la librairie de la rue St-Laurent constitue un lieu d’expérience et de tentations considérables.

Si des humeurs de bibliophilie vous assaille, il est possible de les confier au Chercheur de trésors, rue Ontario. J’y ai y fait des trouvailles émouvantes en littérature québécoise.

Enfin, si on est à la recherche de lectures particulières, le bibliocafé Salon b, qui est une annexe du salon funéraire Alfred Dallaire Memoria, offre l’opportunité de bouquiner une collection développée avec soin sur la mort. Ce serait possible lors des lundis-causeries entre 13 h et 17 h. Après tout, le touriste littéraire n’est-il pas, comme les autres, interpelé par la thématique fondamentale du voyage sinon, et plus que les autres, par la thématique du voyage fondamental livré aux grandes questions : où aller ? Comment partir…?

Un itinéraire littéraire dans les quartiers des fashionistas du Mile End et d’Outremont

Et pourquoi pas un petit parcours littéraire à travers Mile End et Outremont. Rendez-vous au Dépanneur Café sur Bernard (repère de poètes, célébré dans un collectif) pour traverser de l’autre côté de la rue chez Drawn & Quaterly. On se dirige ensuite vers la rue St-Viateur, par une des rues transversales pour faire un arrêt à la librairie L’écume des jours. On peut prendre un autre café chez Olimpico (le rendez-vous obligé de la mecque artsy-hipster du Mile End). En sortant, on peut bouquiner directement sur la rue en fouinant dans l’étalage de la librairie de livres usagés S W Welch ou en franchir le seuil pour y faire des découvertes plus rares.

La promenade se poursuit jusqu’à l’avenue du Parc pour faire un arrêt à la bibliothèque Mile End (qui est presque au coin des rues Parc et St-Viateur). On reprend ensuite la rue St-Viateur pour pénétrer dans le quartier Outremont. Le parc Outremont que l’on va longer mérite une halte pour partager un moment ou un chapitre avec les nombreux lecteurs réguliers qui s’y déposent.

Au bout du parc Outremont, on prendra l’avenue Outremont à droite jusqu’à la rue St-Just pour faire un détour par la bibliothèque Robert-Bourassa, dotée d’une galerie et d’une terrasse coquette, cet équipement assez récent fait la part belle aux oeuvres d’art comme aux écrivains du quartier mis en valeur sur les couvertures des livres.

On peut marcher ensuite vers la rue Bernard où l’on tournera à droite pour rejoindre la librairie d’Outremont (1284, av. Bernard). C’est le plus petit commerce du genre en ville, mais qui attire les visiteurs les plus illustres J’y ai souvent vu des ministres et des écrivains connus à tu et toi avec Roland le libraire. Et avec tout ça, c’est l’heure du 5 à 7 au Café Souvenir ou à la brasserie Les Enfants Terribles où l’on ira se mêler à ceux qui font la bella figura avec les chanteurs, les scénaristes, les journalistes, les radio-canadiens et tout ce beau peuple bruyant du Plateau venu brasser l’air de ce quartier tranquille.

Bon séjour !

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 2

  • 21 juillet 2012 · 00h54 Véronique

    J’habite à Montréal depuis peu et ne connaissais pas toutes ces biblios! Je compte bien faire cette tournée : )
    J’y pense et je suppose que bien des Montréalais de longue date sauront en profiter aussi, c’est tout plein de trésors!
    Mille mercis Marie!

  • 23 juillet 2012 · 12h25 Paul Proulx

    Marie D. Martel ne sort pas du quadrilatère branché de Montréal. À Rivières-des-Prairies, à Pointe-aux-Tembles, à Montréal-Nord, à Tétraultville et au coin de Fronctenac et Ontario, il y a de superbes biblitohèques. C’est le temps de s’y rendre par temps de canicule. Toutes sont climatisées et équipées de fauteuils confortables, d’Internet, de journaux, etc. C’est sans compter les salles attenantes où viennent se produire les grands noms du spectacle, en passant de Karkwa à Marie-Josée Lord, sans compter les rencontres avec les écrivains. Conférences et spectacles gratuits de surcroît ! Et encore plus, les bibliothèques comptent des salles d’expositions de bons artistes. Quittez la chaleur de la zone urbaine pour la fraîcheur de la campagne montréalaise. Tous les après-midi, j’apporte ma chaise de parterre et je m’assois devant la biblitohèque de Pointe-aux-Trembles, à l’ombre des trembles centenaires, les deux pieds dans l’eau du Saint-Laurent. Entre deux moments de lecture, je lance ma canne à pêche à l’eau alors que les maudits yatchs pétaradent à qui mieux mieux. Et si je suis chanceux, je sors un brochet long comme ça.

    En passant à Toronto, il faut multiplier le nombre de bibliothèques par je ne sais plus quel chiffre. Il fut un temps où il y avait 24 bibliothèques publiques à Montréal contre 118 à Toronto. Quand j’étais étudiant, il y en avait deux. Celle de la rue Sherbrooke et le St-Sulpice de la rue Saint-Denis, où on ne pouvait emprunter des livres. Il fallait lire sur place.

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