«Nous avons eu tellement de plaisir à faire le premier disque, qu’il était alors clair qu’il y aurait une suite.» Promesse tenue. Le deuxième album de swing du guitariste canadien, Colin James and the Little Big Band II, sera en magasin le 23 juin. Et c’est au RockFest, le 4 juin, que vous en aurez la primeur. Quatorze pièces bien soudées, du recyclage intelligent, de la nostalgie bien placée, le «nouveau swing» du maître brasseur est buvable jusqu’à la dernière goutte. Hormis le fait que Colin James est en territoire connu dans cette cour de vieux chars usagés, et que, sans vouloir l’admettre, il répond presque «à la demande générale», ce projet comporte néanmoins sa part de risques. Il n’est pas acquis, quatre ans plus tard, que la formule suscitera le même engouement. Mais les raisons d’y croire sont excellentes. Revenons en arrière.

Colin James a ce mérite: il est parfaitement conscient de l’étendue de son «fan base». Presque obligatoirement, il change de peau d’un disque à l’autre, question de les garder tous dans le pré. Ses fans de la première heure – ceux qui aiment leur Colin en bon petit rockeur vaillant – ont sûrement applaudi Bad Habits, l’opus suivant du premier Little Big Band. Mélangeant soul et rock, la signature manquait toutefois d’identité, de conviction. Puis est venu National Steel, il y a un an, une autre promesse tenue puisque le blues acoustique était dans la mire du franc-tireur depuis longtemps. Un dénouement heureux: le Juno Blues pour le disque blues de l’année au Canada et le Maple Blues Award, le plus valorisant des deux, puisqu’il s’agit d’une reconnaissance de ses pairs.

Et voilà que le projet du Little Big Band refait surface. Même les plus méprisants doivent le reconnaître, Colin James prend des risques. A l’intérieur de ses limites. Parfois au-delà, comme sur la nouvelle version de Bring It on Home, une téméraire glissade, pardonnable facilement. Si peu, pour un album, dans son ensemble étonnant de fraîcheur. James le reconnaît: «On n’a pas eu à me tordre un bras pour inclure d’autres blues sur un de mes albums. Je ne peux dire si je jouerai du swing le restant de mes jours, mais au moment précis où je le fais, je m’en imprègne totalement. C’est en variant les choses qu’on rend la vie intéressante. Regarde le projet acoustique. Cela m’a fait voyager dans une série de festivals folk, chose qui ne m’était pas arrivée depuis mes débuts. C’était un défi de jouer entre John Prine et John Hiatt. Au lieu de pouvoir compter sur la puissance du volume, t’es forcé de te concentrer, t’es tout seul. C’est très différent», explique-t-il, en parlant de la tournée National Steel.

«Choisir les chansons du nouveau disque n’a pas été de tout repos. A un moment donné, j’en avais soixante-quinze!», avoue James, de son domicile à Vancouver. «Cela n’est pas immédiatement repérable, mais il y a plusieurs changements, si l’on compare au Little Big Band I. Le plus notable est dans la production, confiée à Joe Hardy (I Just Came Back) au lieu de Chris Kimsey, signataire du premier, et déjà occupé à produire Soul Asylum. L’esprit est le même, mais la recette est différente. Il y a l’organiste Reese Wynans (Double Trouble) et le saxophoniste Greg Piccolo qui sont là (mais absents du concert). Au lieu d’avoir Roomful of Blues comme section de cuivres, nous avons un superbe arrangeur, Mark Kazanoff (qui arrange les cuivres de tous les bons produits Black Top et Rounder), ce qui, pour la première fois, donne congé à Johnny Ferreira, mon saxophoniste de la première heure.»

Colin James devrait nous offrir tout un party en puisant dans le répertoire des deux albums. C’est avec ce format qu’il exulte, qu’il se dépasse, qu’il nous épate. Son plaisir est palpable à des kilomètres. Et il sait le communiquer. Un indéniable signe qu’il vieillit bien.

Le 4 juin
Au rockFest
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