Pour les groupes reggae de la scène montréalaise, la survie dépend d’une réelle détermination et d’une lutte sans fin; KaliRoots est mieux placé que quiconque pour en témoigner. Cette formation de dix musiciens de la Rive-Sud qui, depuis cinq ans, carbure aux prestations live, fait vraiment ouvre de foi. Et son esprit d’équipe n’a d’égal que son obsession musicale.

Le noyau du groupe est formé du chanteur/compositeur Alain Peddie, de Jean-Sébastien Girard aux claviers et aux chours, de Daniel Deslauriers à la basse, et de Martin Renaud à la batterie, se sont duquel s’est greffées une section de cuivres et des percussions. La formation recrute et convertit graduellement tout ce que la ville contient de fans de root jamaïcain depuis septembre dernier, en partie grâce aux soirées Reggae Night Fever, inaugurées au Club Soda. «En mai 96, note Jean-Sébastien Girard, on a fait notre premier show à Montréal, au Café Chaos. Puis, on s’est rendu compte que c’était plus facile de s’organiser avec deux autres bands, ça aide à partager les coûts d’équipement, et ça fait un plus gros événement.»

Armée de trois mille flyers, la valeureuse tribu tapissa littéralement le Plateau de rouge, jaune et vert pour publiciser cette soirée autoproduite, regroupant trois solides formations locales de reggae original: «Ça a coûté cher, mais c’est de la bonne promotion», affirme-t-il. C’est effectivement à guichets fermés que KaliRoots, Inusaso et Siddartha ont prouvé que le marché existe bel et bien, et qu’il suffit de motiver les troupes pour les mobiliser. Après une seconde tentative un peu moins fructueuse, quelques mois plus tard, peut-être trop près du temps des Fêtes, le groupe fut invité à assurer la première partie du Wailers Band, au Medley, en février, ce qu’il fit avec éclat, se faisant même remarquer par une représentante des disques Tuff Gong, la compagnie fondée par Bob Marley, qui s’était déplacée pour l’événement. Des échos de cette prestation parvinrent même jusqu’aux oreilles de certains producteurs de la Ville reine! Le groupe fait d’ailleurs présentement circuler cinq chansons enregistrées en direct du premier Reggae Night Fever aux divers intervenants de l’industrie.

Non, on ne peut vraiment pas se questionner quant à la sincérité du groupe, surtout après les avoir vus – et ça prend chacun des dix membres – trimbaler l’authentique et rustique orgue Hammond B-3 et l’enceinte acoustique Leslie de Jean-Sébastien, dignes représentants de leur époque, réputés pour peser des tonnes, dans tous leurs déplacements. Il est fier de jouer sur exactement tous les instruments spécifiques que Tyrone Downie utilisait en tournée avec le grand Bob, alors que le principal intéressé s’est lui-même, depuis longtemps, simplifié la tâche par l’électronique…

«Le monde tripe sur les horns et sur l’orgue, conclut Jean-Sébastien. Les Québécois tripent sur le reggae. Regarde Les Frères à ch’val et Les Colocs qui ont du succès avec du reggae à la radio. J’entendrais ça à CKOI, Le P’tit Cochon (une des trois pièces en français du groupe)… Ça sonne québécois de A à Z.»

Le 6 juin
Au Medley
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