Le Domaine Forget célèbre ses vingt ans en conviant d’abord pour la fête quelques fidèles de St-Irénée. Alain Marion, Regis Pasquier, Pierre Amoyal, Nigel North et Dale Bartlett, tous interprètes et pédagogues de grand talent, se donnent donc rendez-vous et se succéderont dans la nouvelle salle du Domaine. Mentionnons que North, probablement le meilleur joueur de luth d’Europe, se penchera cette fois-ci sur Dowland, musicien sous-estimé de la renaissance anglaise. Parmi les grands événements plus inhabituels, la présence de l’extraordinaire Quatuor Allegri ainsi que celle de François Rabbath qui jouera ses propres compositions sont à marquer d’un trait. Les Violons du Roy contribueront à quelques reprises à cette programmation en partageant la scène avec l’Ensemble de cuivres du Domaine Forget formé pour la circonstance, mais aussi en ouverture officielle du Festival avec le flûtiste Alain Marion et plus tard avec la soprano Christine Brandes. Près de cinquante concerts en un mois, le Domaine Forget est resplendissant de santé.
Faute d’intérêt public ou faute de fonds, la programmation classique du Festival d’été de Québec tendait depuis quelques années à rétrécir comme une peau de chagrin. Cette année, on lui trouvera deux mérites – soit de laisser une bonne place aux Québécois et d’être très accessible – et un avantage exceptionnel: la gratuité. Nanti d’un simple petit macaron, ceux qui privilégient la musique classique pourront ainsi passer neuf soirées au clair de lune avec de petits et grands ensembles de réputation internationale. Il faut donc souligner les efforts du Festival pour accueillir en toute gratuité dans les jardins de l’Hôtel de ville I Musici de Montréal, Les Violons du Roy et l’excellent Ensemble Amadeus, vingt musiciens dédiés aux interprétations de Mozart. Dans les bureaux du Festival, on mise beaucoup sur le passage du violoniste virtuose Marc O’Connor, merveilleusement accompagné du guitariste Marc Fosset et du contrebassiste Patrice Caratini. Ce trio de virtuoses à la sensibilité peu commune présentera un hommage à Grappelli qu’il ne faut pas rater.
A l’Ile d’Orléans, Musique de chambre à Ste-Pétronille inaugurera sa quinzième saison sous l’égide de son directeur musical actuel puisque Gyorgy Terebesi tiendra le violon sur les quatuors pour piano et cordes de Strauss et de Fauré. En tout et pour tout, la programmation de cette édition semble particulièrement consistante. Retenons le passage de l’excellente pianiste Janina Fialkowska dans un programme composé de romantiques et particulièrement de Listz rarement entendus. Tous ces concerts seront présentés en l’Église de Ste-Pétronille. Nous y reviendrons.