Musique

David Sanchez : Latin lover

Saxophoniste parmi les plus doués de sa génération, il a inculqué dès le départ une discipline extrême à son jeu, maîtrisant sur-le-champ toutes les subtilités du jazz latin. Aujourd’hui, Dizzie Gillespie peut dormir du sommeil du juste. Son travail aura porté fruit.

Si Manteca demeure l’hymne jazz latin par excellence, si Paquito D’Rivera, Arturo Sandoval, Charlie Sepulveda et Eddie Palmieri ont poursuivi l’entreprise de défrichage de Dizzie, la troisième génération porte désormais un nom: David Sanchez.

Né à Porto Rico en 1968, et vivant maintenant à Brooklyn, Sanchez nous a ponctuellement ravis avec ses idées et son talent. A vingt-neuf ans et déjà quatre albums, un bilan s’impose. Progressivement, depuis The Departure en 1994, puis Sketches of Dreams en 1995, suivi de Street Scenes en 1996, et maintenant Obsesiòn, son tout dernier, Sanchez a imposé sa panoplie de rythmes, ses tempos et son ardeur. Obsesiòn est un formidable constat du chemin parcouru, puisqu’il englobe l’énergie débordante de son quintette et, aux antipodes, une demi-douzaine de ballades, toutes des classiques du répertoire latin, passées au peigne fin des arrangements pour grands orchestres, évitant habilement la démesure. Sept titres suspendus dans le temps, qui atteignent leur but parce que les ouvres respirent dans cet amas de cordes et de cuivres. Là où Branford Marsalis s’était gouré en tant que soliste, il s’est vite repris en tant que producteur.

«J’essaie juste de faire les choses à ma façon, disait Sanchez, il y a un mois. C’est la première fois que je fais ces chansons d’amour sur un disque. Ce sont, pour la plupart, des incontournables dans l’esprit des gens issus des communautés latinos. Branford m’a donné beaucoup d’espace, il m’a laissé énormément de latitude. On a essayé toutes sortes de choses. Faut dire qu’on s’entend super bien. Je mélange tout: le flamenco, la musique cubaine, brésilienne, portoricaine, le jazz. Mais aussi, je cherchais une certaine sophistication, un certain lyrisme, épousant une dynamique musicale que je recherche constamment. En bout de ligne, ce qui compte, c’est que je joue avec mon cour.»
«Le concert que je vais présenter à Montréal aura trois volets. D’abord le duo, puis l’ensemble à cordes (qui sera tout montréalais), et, enfin, le quintette. Dans l’ordre. Chacune des combinaisons offre un gros défi, parce qu’elles demandent une présence sonore différente.»

Sanchez vient donc nous revisiter avec Edsel Gomez au piano, John Benitez à la contrebasse, Antonio Sanchez (aucun lien de parenté) à la batterie, et Pernell Saturnino aux percussions. Ensuite, il part pour l’Europe, où il sera l’invité très spécial du big band de Roy Hargrove, qui l’avait déjà invité au Festival l’an dernier pour son disque Crisol. «Tout le monde me dit que je devrais faire un disque en concert. Sauf que je ne veux pas d’un disque avec mes vieilles chansons. Je préférerais des trucs plus abstraits, des musiques de chambre avec mes compositions. Je me cherche encore un son au saxophone ténor. Cette année est cruciale pour moi tant j’ai de projets différents. Je suis encore en période de développement.» Le concert débute à 18 h, et, si l’on se fie aux organisateurs, il n’y a aucune limite de temps. Sanchez peut prendre tout son temps. Les «unionistes» de la PdA adorent les consécrations.

Le 1er juillet à 18 h
Au Théâtre Maisonneuve
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