

Hamiet Bluiett
Claude Côté
Photo : Fernando Natalici
Il suffit de mettre les pièces du puzzle ensemble pour comprendre. Qu’Hamiet Bluiett vous dise, de son domicile new-yorkais, lieu de création du réputé World Saxophone Quartet au milieu des années soixante-dix, que «le disque Same Space, y a rien là, tout est dorénavant cross-cultural», qu’«un journaliste québécois francophone qui parle à un Afro-Américain anglophone, comme il se plaît à le souligner, c’est cross-cultural», et que «non seulement le temps se prêtait bien pour faire un tel disque, mais qu’il s’y prête depuis bon nombre d’années». Jusqu’ici, Hamiet Bluiett ne m’étonne pas du tout. En jumelant le son du saxophone baryton au piano de D.D. Jackson et aux percussions du chanteur africain Mor Thiam, Bluiett a suivi son tracé à la lettre. Un pacte tripartite, qui prendra vie sur la scène du Gesù.
Les notes émanant de cet intimidant tuyau, comme celles de sa clarinette basse, estampillent le même sceau d’approbation que sur le tout nouveau disque du WSQ, Selim Sivad. Une élocution appliquée plutôt que l’abondance raisonneuse d’un maître. Une diligence et un romantisme pudique plus qu’un phrasé volubile. A cela, ajoutons que Bluiett – ex-musicien du Mingus Big Band et comparse d’Oliver Lake et David Murray (Julius Hemphill n’étant plus du quartette depuis 1990) – avait soudé trois musiciens africains à l’album du WSQ de 1991, Metamorphosis, sommet des continents qui fut répété il y a deux ans sur Four Now et maintenant sur les disques Same Space et Selim Sivad: «Avec la musique, il n’y a qu’un seul Dieu, peu importent les origines ou les croyances des musiciens. La musique, c’est une force très puissante. En faisant un album comme celui-là, on veut montrer aux dirigeants de ce monde que nos différences doivent être la source de rencontres et non de discordes, même si je crois que le caractère culturel de certaines nations doit être préservé.» Tiens, tiens…
Le 9 juillet à 23 h
Au Gesù
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