C’était quoi le gros hype en 1992? L’acid-jazz mesdames et messieurs. Depuis, le genre a subi une mutation qui, via la techno, l’électronica et le hip-hop, l’a transformé en commodité. A des magiciens de la déjante stylistique façon Beck et de l’échantillonnage le terme acid-jazz est devenu une sorte de fourre-tout un peu vétuste. Aujourd’hui, on n’en parle plus, on se contente d’en jouer selon sa recette personnelle. Il y a ceux qui, comme le rappeur Guru, collaient, enveloppaient leur rap de thèmes jazzés et ceux qui, comme le groupe Liquid Soul, dévergondent leur jazz sur des rythmes funky avec çà et là des éléments de rap.
Avec Liquid Soul, on entre d’emblée dans le monde merveilleux de la fusion. Menée par le saxophoniste Mars Williams (ex-Psychedelic Furs), la formation puise allègrement dans le funk si cher à James Brown et au Bar-Kays, tout en multipliant les clins d’oil aux légendes du jazz. Outre le trompettiste Ron Haynes, le tromboniste John Janowiak, le bassiste Rickie Showalter, le batteur Dan Leall, le guitariste Tommy Sanchez et le percussionniste Newt Cole, le groupe s’est doté d’un rappeur (The Dirty MF), d’un DJ (Ajax), et d’une chanteuse en la personne de Simone, fille de la grande Nina. M’est avis que ce groupe de Chicago, particulièrement apprécié des joueurs des Bulls, sera l’une des belles découvertes de ces nuits jazz.
Le 3 juillet
A Place d’Youville