Nils Petter Molvaer
Musique

Nils Petter Molvaer

Parmi les artistes de la série Groove, présentée à minuit, aux Foufounes électriques, le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer fut celui qui a provoqué le plus d’interrogations. Après quelques recherches, et écoutes de son dernier album intitulé Khmer, sur la prestigieuse étiquette ECM, Molvaer suscite maintenant pas mal de curiosité. C’est que l’homme a su manipuler ses rythmes et textures électroniques avec la même liberté qu’il manie la trompette, c’est-à-dire avec une sensibilité pour les ambiances (parfois mélancoliques), mais aussi pour les grooves irrésistibles.

Joint chez lui, à Oslo, Molvaer m’expliquait que Khmer est sa première exploration du genre: «Je ne sais pas vraiment comment j’en suis arrivé à ce projet… J’ai toujours été plus dans le jazz moderne, puis, vers la fin des années quatre-vingt, j’ai commencé à m’intéresser à la musique ambient de Brian Eno, puis à celle du trompettiste Jon Hassell ou à des gens comme Massive Attack et quelques D.J. Au fur et à mesure, j’ai essayé d’utiliser toutes ces influences dans ma musique. Mais j’ai surtout voulu faire un album qui me plairait et qui serait un collage de choses auxquelles je travaille depuis les quinze ou vingt dernières années.»

Il semble que le travail du Norvégien ait eu un écho favorable auprès de la communauté électronique puisqu’un maxi contenant des remix de ses pièces par des gens comme The Herbaliser, Mental Overdrive et Rockers HiFi a pris le chemin des clubs européens. Cependant, même s’il est entouré sur scène par deux batteurs, un guitariste, un bassiste et un D.J., il ne faudrait pas s’attendre à une frénésie extrême. Les racines du trompettiste sont tout de même dans le jazz, ne l’oublions pas. «Les ordinateurs et les échantillonneurs sont de magnifiques instruments, explique-t-il. Ils me permettent de travailler quand je le veux sur ma musique. J’aime aussi beaucoup la possibilité de sculpter les sons selon ma volonté. Mais, en spectacle, je n’apporte pas mes machines; l’improvisation prend une grande place, donc, je préfère avoir un D.J. pour ne pas être dépendant de la technologie, et aussi pour donner une autre couleur aux pièces de Khmer.»

Quoi qu’il en soit, Nils Petter Molvaer semble avoir trouvé un nouveau terrain de jeux à la mesure de ses attentes, puisqu’il m’avouait avoir envie d’aller encore plus loin dans ce sens pour son prochain album et, pourquoi pas, offrir ses services de remixeur à quelques groupes rock norvégiens…

Le 3 juillet à minuit
Aux Foufounes électriques
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