ProjeKct Two : Recherche et développement
Musique

ProjeKct Two : Recherche et développement

Dans le collectif américano-britannique King Crimson, vous le savez, on ne fait jamais les choses conventionnellement. Chacun a ses projets, le groupe se fractalise comme bon lui semble au gré des affinités musicales de chacun. En décembre 97, il y eut d’abord ProjeKct One, alors que Bill Bruford, Robert Fripp, Trey Gunn et Tony Levin ont improvisé pendant quatre soirs au Jazz Café de Londres, en Angleterre.

Puis, peu de temps après, ProjeKct Two, celui que l’on verra à Montréal, est arrivé. Celui-ci inclut la participation de Robert Fripp, guitariste et âme du groupe depuis ses tout débuts en 69, Trey Gunn, qui joue de la guitare-synthétiseur et de la «touch-guitar» (genre de Stick mais qui se joue comme une guitare plutôt que comme une basse), et Adrian Belew, qui passe cette fois derrière la batterie. Mais attention, pas n’importe quelle batterie: un V-Drum. «C’est la nouvelle technologie de Roland, dit Belew. Ça se joue comme une vraie batterie, mais ça peut produire n’importe quel son. Je peux, par exemple, frapper sur ma caisse claire et produire un son de porte qui claque. Je peux donner un coup de bass-drum et faire un son de basse, puisque, comme tu l’as remarqué, il n’y a pas vraiment de basse dans le ProjeKct Two.»

Le groupe a déjà lancé un album double, intitulé Space Groove/Vector Patrol, sur le label Discipline Global Mobile. Pour définir la musique du premier des deux disques, rien de mieux que le titre: Space Groove. Sur le deuxième, Vector Patrol, on entend une musique disons plus atmosphérique… «Ce disque est un accident. Nous nous sommes bêtement retrouvés tous les trois à improviser dans mon studio pendant quelques jours, alors que je venais de recevoir le V-Drum. Cela dit, depuis que le disque a été enregistré, nous avons donné près de trente concerts, ce qui fait que le son du groupe a énormément changé. De plus, comme le disque a été entièrement improvisé et que tout ce qu’on fait en concert est toujours improvisé, on ne joue aucune des chansons qui y figure. A mon point de vue, ce que vous allez entendre est beaucoup plus intense, beaucoup plus près de King Crimson que ce qu’il y a sur les disques»

«Je vois vraiment ce projet comme étant un laboratoire de recherche et développement pour King Crimson, ajoute un Belew en verve. Même si ce groupe en lui-même, si on le considère comme un tout nouveau groupe, est très excitant pour moi. J’adore notre son, et j’adore le fait que nous avancions sans arrêt. J’ai bien l’impression qu’il y aura un album ou deux de nos performances sur scène, parce que, soir après soir, notre musique peut être radicalement différente.»
Parlant d’albums enregistrés en concert, le trio profitera de son passage montréalais pour lancer un album double témoignant des derniers concerts de la deuxième vie du groupe (alors que c’était un quatuor regroupant Fripp, Belew, Bruford et Levin; et non pas un double trio comme c’est le cas depuis quelques années), le 11 juillet 84, au Spectrum de Montréal. Heureux hasard ou simple coïncidence? Les vrais fans de King Crimson ne croient ni à l’un ni à l’autre. C’est le destin qui nous les ramène quatorze ans plus tard, presque jour pour jour…

Le 8 juillet à 21 h
Au Métropolis
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