L’événement des Nuits du Beat Molson Dry cherche avec raison à mettre de plus en plus l’accent cette année sur la vie musicale de Québec. C’est ainsi que nous pourrons entendre le Trio David Parker dont le disque The Blue Wall a été chaleureusement accueilli par la critique. En 1984, le saxophoniste David Parker, originaire de la Nouvelle-Écosse, fonde avec des copains un groupe capable de reproduire le même entrain que les musiciens de rue, l’allégresse des fanfares. Vous vous souvenez sans doute des Shuffle Demons? l’expérience a duré plus de dix ans. De cette période, Parker retient «l’énergie de la musique», le souci d’établir une communication entre les artistes et le public, la possibilité de créer un événement.
Au début des années 90, David Parker a suivi quelques leçons avec deux musiciens réputés de la scène new-yorkaise: le saxophoniste David Liebman et le pianiste Ken Werner. Du premier, il retient la notoriété et du second – auteur d’un livre intitulé Effortless Mastery – l’importance de «laisser la musique venir». En fait, éviter que la technique prenne toute la place. Depuis 1995, Parker participe à plusieurs projets, dont Jig’s up! (cajun-celtique) et The Groove Project (funky).
Quant au trio, il regroupe trois voix distinctes du monde du jazz à Québec: David Parker (saxophone ténor), Pierre Côté (contrebasse) et Raynald Drouin (batterie). «La musique de The Blue Wall n’aurait pas pris forme sans un rapport profondément humain entre Pierre, Raynald et moi-même» affirme Parker. Le disque offre ainsi, malgré une grande diversité, une belle chimie. Nous retrouvons une énergie qui rappelle les Shuffle Demons, mais aussi beaucoup de douceur. Lang Xanged est très rythmée et a un effet presque hypnotique. Ninka évoque l’Afrique, le monde arabe. The Blue Wall manifeste aussi le plaisir de transgresser les formes. A cet égard, Thelonious Monk reste un modèle. Parker souligne la richesse des mélodies. Dans Monk’s Dream, le saxophoniste fait bien ressortir l’impression d’irréel. Pierre Côté (dont la sonorité est remarquable) et Raynald Drouin assurent des assises rythmiques solides et prennent leur large part d’improvisation. La chanteuse Tena Palmer s’ajoute sur quelques pièces, contribuant par quelques chansons comme Flocons sur une très belle mélodie de Drouin. La chanteuse aime improviser et rappelle tantôt Sheila Jordan, tantôt Norma Winstone ou Jay Clayton. Parker explique: «Comme elle a déjà joué du saxophone, elle n’a pas peur d’improviser.» La voix se marie bien au saxophone: intimité et lyrisme. L’arrangement de My Heart Belongs to Daddy, de Cole Porter – en tango -, illustre la chaleur et l’intensité que les membres de la formation peuvent produire ensemble. Dans le cadre des Nuits du Beat Molson Dry, nous pourrons entendre le trio.
Le 30 juin
A la Place d’Youville
Voir calendrier Nuits du Beat Molson Dry