

Delphine Bardin : La collectionneuse
Couverte de prix, la pianiste DELPHINE BARDIN sera l’une des nouvelles venues à surveiller au Festival international de Lanaudière. La musicienne de 24 ans a préparé un récital tout en subtilité et en rêverie. Songe d’une nuit d’été.
Dominique Olivier
Si vous êtes comme moi, vous êtes impatient de découvrir de nouveaux talents musicaux. Delphine Bardin est au nombre des découvertes présentées par le Festival international de Lanaudière cet été. Cette jeune pianiste de 24 ans, née à Tours, remportait en 1997 le grand prix Clara Haskil, un tremplin important pour qui veut faire une carrière de pianiste de concert. On parle à son propos de poésie, d’imagination.
La musicienne a obtenu en 1989 le prix de virtuosité au Concours Claude-Kahn, entamant ensuite ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (CNSM). Avant d’obtenir le Prix Clara Haskil, la pianiste fut finaliste, en 1996, au deuxième Concours international de piano XXe siècle d’Orléans, où elle obtint la bourse Yvonne-Lefébure. Toujours en 1996, elle remporte le 2e prix au Concours international de Porto, ainsi que le prix spécial pour la meilleure interprétation d’une sonate de Beethoven. En plus de jouer en soliste, Delphine participe à une formation de musique de chambre avec la violoniste Saskia Lethiec, avec laquelle elle entrait en cycle de perfectionnement au CNSM en octobre 1997. Le duo a obtenu, le même mois, le 3e prix au Concours international de Marseille. En France, sa carrière est déjà amorcée et Delphine Bardin donne de nombreux concerts à Paris et en région.
Cette collectionneuse de prix affiche sur ses photographies un air songeur, sinon rêveur, qui semble contraster avec l’intensité de ses activités. Pour sa première venue à Lanaudière, elle interprétera un programme tout en subtilité: deux sonates de Scarlatti, la Sonate en do majeur, K. 330, de Mozart, les Scènes de la forêt, op. 82, de Schumann, quatre nocturnes de Chopin et des extraits de Miroirs, de Ravel: Noctuelles, Oiseaux tristes et Une barque sur l’océan.
A l’église de Saint-Alphonse-de-Rodriguez
Le 6 juillet
Bloc-Notes
L’oratorio Elijah de Mendelssohn sera donné par L’Orchestre et le Chour du Festival, sous la direction d’Iwan Edwards – le directeur du Chour de l’OSM, entre autres -, le vendredi 3 juillet à 20 h, à l’amphithéâtre de Lanaudière. Les solistes seront la soprano Christine Goerke, la mezzo-soprano Danièle Leblanc, le ténor Anthony Dean Griffey et la basse Christopher Schaldenbrand.
Le lendemain, 4 juillet, l’Orchestre Métropolitain et le pianiste Anton Kuerti, sous la direction de Joseph Rescigno, joueront l’intégrale des concertos pour piano et orchestre de Brahms. Deux concertos en une soirée avec le même soliste n’est pas coutume. Mais qu’on se souvienne de la prouesse de l’été dernier, couronnée par un prix Opus: les mêmes interprètes avaient alors joué l’intégrale des cinq concertos de Beethoven dans un même concert! Si Brahms, quant à lui, n’en a écrit que deux, leur durée et leur difficulté font quand même de l’événement un défi pianistique. Amphithéâtre, 20 h.
Le dimanche 5 juillet, le Festival de Lanaudière accueille un chour tout à fait spécial: Imilonji Kantu Choral Society, d’Afrique du Sud. Fondé en 1983, ce chour dont le nom pourrait se traduire, semble-t-il, par «Voix d’Homo Sapiens», réunit des chanteurs provenant de neuf tribus africaines: Ndebele, Pedi, Sotho, Swazi, Tsonge, Tswana, Venda, Xhosa et Zulu. George Mxadana, le directeur artistique, revendique pour son chour une image de paix et de solidarité. Déjà, par le choix de former un chour «intertribal», Mxadana affiche ses couleurs. Les choix musicaux vont de pair. Imilonji Kantu ne se confine pas au seul répertoire national, mais introduit à la fois le jazz et la musique classique dans ses concerts. Bach et Haendel figurent au programme de la société sud-africaine, quitte à être accompagnés aux tambours africains! Amphithéâtre de Lanaudière, 14 h 30.
Le Festival Orford 1998 débute avec la venue d’un chour, français cette fois. C’est le Chour régional Vittoria d’Ile-de-France, sous la direction de Michel Piquemal, qui donnera le ton à cette édition, dans laquelle la France est à l’honneur. Le chour a été créé en 1987 par le Conseil régional d’Ile-de-France et confié à Michel Piquemal. Il réunit une centaine de choristes et collabore avec des orchestres d’envergure tels que l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, La Grande Écurie et la Chambre du Roi, le English Chamber Orchestra. En 1990, le Chour enregistrait un disque avec Jessie Norman, et se voyait décerner un «Disque d’Or», en 1993. Chez nous, l’ensemble chantera la Petite Messe solennelle pour quatre voix, ensemble vocal, piano et harmonium de Rossini. Les solistes seront la merveilleuse mezzo-soprano Julie Nesrallah, le ténor Hugues Saint-Gelais et le baryton Desmond Byrne. Vendredi 3 juillet, 20 h, Centre d’arts Orford.