

Jaz Klash : Traitement de choc
Parazelli Éric
Ça ne prend pas un sens de l’observation très développé pour s’apercevoir que les filles ne sont pas légion dans le monde des D.J. et de l’électronique. En fait, peu de femmes sont aussi actives et polyvalentes que la Californienne The Angel, membre du trio Jaz Klash, complété par le duo bristolien More Rockers: Peter D. et Rob Smith, ce dernier faisant aussi partie des illustres Smith & Mighty. Pas besoin de tout retenir, il n’y aura pas d’examen…
Cumulant des talents de compositrice, remixeure, D.J., chanteuse et bête de studio, The Angel, qui possède aussi sa propre étiquette de disque (Devilishly Good Toons) a joué un rôle très important dans l’élaboration du projet drum’n’bass / jazz de Jaz Klash; les trois membres ont travaillé sur leurs machines à Bristol, puis The Angel est allée visiter ses amis jazzmen de Los Angeles et de New York (dont le claviériste Brian Auger et le pianiste Jacky Terrasson), avant de revenir au studio avec son butin pour peaufiner le tout. «Il est certain que cette façon de travailler a causé un certain retard dans la production de l’album, en raison des différents déplacements, raconte The Angel de sa maison à Los Angeles. Mais les avantages étaient tellement nombreux, ne serait-ce que de pouvoir ajouter différentes saveurs au projet; Bristol a un son dub particulier, et More Rockers a aussi sa touche personnelle. Et peut-être parce que je suis originaire de New York, que j’ai longtemps vécu en Angleterre et que suis maintenant installée à L.A., j’ai apporté l’aspect hip-hop et jazzy de Jaz Klash.»
L’album Thru The Haze, selon la jeune femme, peut même être considéré comme une production historique, puisque le trio a commencé à travailler sur le projet à la fin de 1995, alors que personne n’avait encore sorti d’album mélangeant drum’n’bass et jazz. Le disque n’a toutefois été lancé que l’an dernier en Angleterre «pour des raisons ridicules qu’il serait trop long d’expliquer». «Ce qu’il y eut de bien avec ce projet, précise-t-elle, c’est que même si parfois, il faut se presser pour sortir un disque parce que si l’on attend trop, il sera déjà dépassé, avec Thru The Haze, la façon dont on a travaillé fait en sorte qu’il durera. Et, de toute façon, l’Amérique du Nord, et surtout les États-Unis sont tellement en retard sur l’Europe en ce qui concerne le drum’n’bass, que c’est bien que Tru The Haze ne soit sorti que récemment.»
«J’ai toujours travaillée seule, continue The Angel, mes productions ou mes remix représentent toujours ma vision personnelle de la musique. Jaz Klash est ma première collaboration avec d’autres personnes qui ont aussi leur mot à dire sur le résultat final, et j’ai adoré ça. Rob et Peter m’ont vraiment donné l’espace nécessaire pour m’encourager à aller là où je n’étais jamais allée. On a plongé dans ce projet avec toute l’ouverture d’esprit qu’il fallait. C’est un projet tellement gratifiant sur le plan créatif.»
Pour leur passage au Festival, Jaz Klash aurait bien voulu amener une formation complète mais, budget restreint oblige, c’est comme D.J. (accompagné par le M.C. Cokni O’Dire) que les trois compères comptent faire groover les amateurs d’un jazz différent: «Chacun de nous mixera du matériel qui lui est familier, que ce soit du jazz, du hip-hop ou du drum’n’bass. L’idée derrière Jaz Klash, c’est de démontrer que ces styles peuvent cohabiter et donner un résultat tout à fait cohérent.»
Les 10 et 11 juillet à minuit
Aux Foufounes électriques
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