

Juke Joint
Claude Côté
Sans l’irrévérence de Steve «Chili» Grebanier, on se demande où serait le quintette torontois Juke Joint. En écoutant Choose to Groove, leur premier compact, on voit bien que dans cet album-là, ce sont avant tout les textes de Grebanier – le même guitariste qui a ouvré avec le groupe de musique bangra Punjabi By Nature – qui priment, autant par leur approche laid-back, que par leur humour égrillard. Aussi, de tous les concerts de la série funky, inaugurée cette année au Festival, seul Juke Joint remplit le contrat sans l’apport presque automatique des cuivres. Et il s’agit, grâce au corpus global des cinq musiciens, du groupe le plus solide du lot. Plus près du jazz que les autres, mais jamais trop loin d’un groove nourrissant. Plein d’orgue Hammond B-3 et de guitare «ronniejordanienne».
Juke Joint en donne généreusement au client. Rejoint à Vancouver une heure avant son concert, Chili se pince encore du phénomène d’entraînement que provoque actuellement Choose to Groove: «Ma façon de chanter est plus près de la poésie ou du hip-hop, même si je ne porte pas trop d’attention à la vieille école. Je me rapproche plus du style parlant de Michael Franti (Spearhead) ou Gil Scott-Heron. J’essaie d’établir un climat, sans devenir trop agressif», d’expliquer Grebanier. Cette approche vocale prend toute sa saveur sur Muta où, pendant sept minutes pleines d’humour, Chili nous entretient de ses (anciennes) habitudes, celles de l’évasion par les paradis artificiels de la marijuana. Comme si Frank Zappa vous racontait chacune des étapes, du sac de pot convoité jusqu’au buzz recherché. Toujours avec le sourire en coin. La meilleure du disque. Juke Joint vaut assurément le détour.
Les 5 et 6 juillet à 22 h
Sur la Rue de Bleury
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