

Mireille Proulx
Marsolais Patrick
Elle nous était arrivée de l’univers du classique, empruntant sans doute aux grands compositeurs une beauté mélodique rare et une retenue toute bienvenue. Aux côtés de Jeff Johnston ou de François Bourassa, elle s’est immiscée dans la petite famille du jazz montréalais, franchissant rapidement nos frontières pour faire entendre son violon expressionniste aux Français et aux Américains. Son deuxième disque en poche, Mireille Proulx revient faire la cour à ses fans, plus joyeuse que jamais.
Si son premier compact, Il y avait des pélicans, regorgeait de thèmes charmeurs, il n’en dégageait pas moins un spleen évident, qui semble désormais plus dissipé: «C’est sûr que ce deuxième est moins sombre, confirme-t-elle. Sur le premier, les décès, le suicide d’un proche et les échecs amoureux avaient inspiré quelques thèmes. J’étais beaucoup plus heureuse pour la composition du deuxième. Cela dit, écrire n’est jamais évident pour moi. Ça bouffe mon énergie de manière incroyable. La transposition entre l’écoute intérieure et la transcription sur la feuille de musique est toujours très difficile.» Voilà un aveu quelque peu surprenant lorsqu’on considère que la musique de Mireille Proulx dégage justement une impression de douceur, de facilité et de simplicité: «C’est drôle, François Bourassa me disait justement qu’il avait l’impression qu’on jouait sans effort, en écoutant le deuxième disque.» Sans effort et avec un bonheur évident… qu’on souhaite bien sûr contagieux, lors de sa halte montréalaise.
Le 9 juillet à 23 h
Au Théâtre du Nouveau Monde