A la même heure, le soir du 11 juillet, vous avez le choix: ou bien vous allez voir Bryan Lee et Frank Marino manufacturer pour la cent millième fois les standards remâchés du répertoire blues, avec la subtilité d’un hippopotame, du moins si l’on se fie à l’indigeste live que le sympathique aveugle vient de commettre; ou bien vous allez asseoir confortablement votre postérieur au Maisonneuve pour ce qui pourrait bien être le meilleur concert blues de tout le Festival. A vous de jouer.
On le sait, Ronnie Earl flirte avec le jazz depuis quatre albums. On connaît aussi son approche plutôt instrumentale, qui lui permet d’étirer habilement ses intros de chansons, d’installer des climats, de respecter les silences. D’être un véritable musicien et non le roi du pastiche. Sans tomber dans l’exercice de style, l’ancien guitariste de Roomful of Blues est capable d’une belle sensibilité sur sa divine Stratocaster. Pas pour rien que Jean Millaire a inclus de ses chansons dans le répertoire blues de Marjo, lors de son bref séjour avec la note bleue. La qualité et la limpidité des notes de guitare de Ronnie Earl, c’est comme du velours pour les oreilles. Tout est minutieusement préparé, tout est généreusement servi. «Plusieurs musiciens ne savent pas prendre leur temps avec la musique, ils sont sur le rush. Il faut savoir prendre le temps de s’exprimer, dit-il plein de sagesse. J’ai changé de groupe. Mes Broadcasters sont maintenant Little Anthony Geraci à l’orgue (Big Mama Thornton, Big Joe Turner, B.B. King), Mark Greenberg (Bob Mintzer, Roy Hargrove) à la batterie et Michael Mudcat Ward (Fabulous T-Birds, Cleanhead Vinson, etc.) à la basse.» Au programme, Color of Love, son plus récent sur Verve.
Le 11 juillet à 18 h
Au Théâtre Maisonneuve
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