Scene locale : SCENE LOCALE
Musique

Scene locale : SCENE LOCALE

Jazz Pharmacy
Me pardonnerez-vous un jour de ne pas vous avoir parlé plus tôt du trio Jazz Pharmacy? Moi, non… C’est que les gars du groupe (Phil Clarke aux claviers et aux voix, Fraser Nash à la basse et Eddy Cola à la batterie) concoctent depuis maintenant deux ans une musique qu’on pourrait qualifier d’acid jazz, de funk ou de jams groovy, mais qu’eux préfèrent baptiser drugstore funk ou ambient funk hop. Sur leur premier CD éponyme de cinq titres, on trouve des pièces aérées, tout à fait irrésistibles, qui intègrent une multitude d’influences (rap freestyle, envolées jazzy-trance, sonorités électroniques, voix trafiquées) et qui nous laissent entrevoir des prestations live envoûtantes à souhait. Arpentant en long et en large le circuit des bars lounges de Montréal depuis ses tout débuts, Jazz Pharmacy semble prêt à affronter d’autres défis puisque le trio revient d’une tournée canadienne qui l’a amené jusqu’à Vancouver, et donnera deux spectacles au Festival de Jazz: un à l’extérieur, à 16 h, le 8 juillet, et un autre, en compagnie des excellents Skyjuice, au Métropolis, le 9 juillet, à 21 h. De plus, comme ce spectacle devait mettre en vedette le néo-crooner Jai, et que celui-ci a annulé sa tournée nord-américaine, le spectacle est maintenant gratuit! Et comme vous pouvez aussi vous attendre à une surprise de taille, aucune raison de se défiler…

Retour sur Laffaire Tournesol
Franchement, je n’aurais pas aimé être dans les culottes de Richard Petit, le leader de Laffaire Tournesol, jeudi dernier, au Spectrum. C’est que Zebda, cette formation raï-rap-rock de Toulouse, venait de virer la place à l’envers avec un spectacle généreux et énergique comme on en voit rarement. Difficile de garder en éveil un public déjà pas mal rassasié, surtout quand le niveau de charisme et de musicalité souffre clairement des comparaisons. C’est donc devant une salle qui se vidait peu à peu que Laffaire Tournesol a tenté d’imposer sa nouvelle formule, plus rock (exit les cuivres, bonjour les claviers) et rentre-dedans qu’auparavant. Ce qu’ils firent de façon un peu laborieuse, visiblement déconcentrés par la situation. Cette nouvelle énergie semble plus efficace, mais il faudra que la formation se concentre un peu plus sur ses chansons et un peu moins sur sa rock attitude. A moins que ce ne soit le chemin qu’elle a choisi…

Basket Case
Dans les derniers mois, on a eu droit à un véritable raz-de-marée de rap francophone. Mais, même si le rap anglophone de la métropole a été le premier à se développer, et même s’il continue d’exister, très peu de formations ont su attirer l’attention des médias. Il y a bien Shades of Cultures, mais sinon… Voici donc Basket Case, un des groupes s’exprimant en anglais parmi les plus en vue de la scène underground. Depuis ses débuts en 1994, ce groupe a surtout été présent sur scène (faisant des premières parties de stars américaines du genre Notorious B.I.G., Mobb Deep, Outkast, et Lost Boyz); mais a tout de même enregistré une cassette de sept chansons d’un rap engagé, fort bien produit, et clairement montréalais dans le propos. Pour Mikey Styles (un des MC de Basket Case avec Holy Son, Lord DVX et K Lova), c’est d’abord en développant le marché local que le rap anglophone pourra penser envahir d’autres marchés: «Si les gens commencent à penser que Montréal, ce n’est que du rap francophone, il va falloir se montrer plus souvent pour qu’ils n’oublient pas qu’il existe aussi une scène anglophone. Mais, avant tout, il faut qu’on soit fier de Montréal. Partout, à New York, à Paris ou à L.A., ils sont fiers de leurs scènes hip-hop. Il faut acheter le rap montréalais! C’est pour ça qu’on a intitulé notre cassette Straight MTL. On s’affiche!» Le 3 juillet, au Café Campus. Les portes ouvrent à 19 h.

Festival All Eyes On Us
Parlant de hip-hop local, un événement plus qu’intéressant, auquel Basket Case participera aussi, c’est le festival All Eyes On Us, qui se tiendra au Parc St-Roch (derrière l’édifice de TQS/CFCF), le 5 juillet, de midi à 22 h; on pourra y voir plus d’une vingtaine d’artistes hip-hop underground francophones et anglophones, et ce, gratuitement! Quelques noms au hasard: Shades of Cultures, At Random, Osiris, X-Horde, Rainmen, Grandmaster Garnier, Wreckard Crew, Le Connaisseur et Méchant Style, Da Botz Dynasty, R.D.P. izeur… Avec toute l’énergie, le soleil et… la présence policière que ça implique.

à souligner
– Au Polliwog, ce mardi: Minds (finaliste de l’an dernier), Before Dawn et Lost and Found. Toujours au Petit Campus, dès 21 h.