

Bran Van 3000 : Tournée générale
Laurent Saulnier
Photo : Gordon Hawkins
Quoi? Encore Bran Van 3000? Oui, encore BV3. Parce qu’il s’en passe des choses sur la planète BV3. Parce que le groupe montréalais s’est beaucoup promené aux États-Unis (il a, entre autres, joué pour l’after-party du Tibetan Freedom Concert à Washington à la mi-juin), et en Europe, où il a fait des premières parties pour Björk et Massive Attack. Commentaires du leader, James DiSalvio.
«Tourner avec Massive Attack a changé ma vie, et, fort probablement, la vie de plusieurs personnes dans le groupe. On s’est échangé nos numéros de téléphone. Peut-être qu’on va collaborer sur certaines choses, je ne sais pas encore. Mais ce n’est pas le plus important. Artistiquement, j’ai enfin vu des D.J. qui ont réussi à faire un show de D.J. qui n’a rien à voir avec un osti de D.J. à deux platines. Pour moi, c’était aussi bon que le fameux show de Nusrat Fateh Ali Khan à l’église St.James. Et je n’avais jamais rien vu d’aussi bon que ce show. C’était vraiment cool pour moi, dans ma mentalité de D.J., de voir cette réussite de la part de D.J. Parce que des D.J. qui font des disques aussi brillants que Mezzanine et qui font des shows aussi émouvants, ça me recharge complètement.»
«Selon moi, les Européens sont comme les Montréalais. Ce sont des gens qui sortent beaucoup et qui ne se disent jamais qu’ils écoutent du techno. Pour eux, comme pour nous, ce sont, d’abord et avant tout, des tounes. Comme Drinking in L.A, en train de devenir un vrai hit là-bas. Je viens, par exemple, de recevoir un appel d’Italie. J’ai l’impression qu’ils se foutent des fameux formats. Ils s’en foutent qu’il y ait une Black sur le refrain, un rap pour le couplet, de la grosse batterie hip-hop et des guitares presque grunge. Ils s’en foutent. Ce qui compte pour eux, c’est la toune.»
«Le concept de Bran Van est peut-être plus difficile à faire aux États-Unis, où tout est plus "formaté" qu’en Europe. D’ailleurs, je n’ai jamais autant parlé de films que lors des entrevues en Europe. J’ai parlé entre autres beaucoup de Cassavetes. Parce qu’avec le temps, j’ai fini par trouver la vraie réponse à qui est ma principale influence, et c’est Cassavetes. A cause de la façon dont il travaille. Du fait qu’il sait s’entourer du bon monde. S’occuper moins de la technique et plus de l’énergie des âmes.»
«D’un autre côté, je ne veux pas non plus dire qu’aux États-Unis, ça ne marche pas de la bonne façon. Parce qu’en même temps, tu as un gars comme Conan O’Brien qui fume un joint le dimanche soir chez lui et qui tripe sur notre disque, et qui te veut sur son show à la télé, vu par quelque chose comme dix millions de téléspectateurs. C’est vraiment étrange.»
«En fait, si tu veux tout savoir, je peux te résumer la situation en une seule phrase: Bran Van 3000 est heureux, mais fatigué!»y
le 11 juillet à 21 h
Au Métropolis
Le 15 juillet
Au Festival d’été de Québec
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