

Le Québec au Festival : Fête comme chez vous
Les artistes québécois occupent une place importante dans la programmation de ce 31e Festival d’été. Au cours des dix prochains jours, ils témoigneront des nombreux visages de la chanson d’ici, qui est à l’écoute de son passé mais aussi à la fine pointe de la pop actuelle. Tour d’horizon.
Alexandre Vigneault
C’est l’invasion québécoise. Il ne se passera pas deux jours sans qu’un des joyaux de notre patrimoine musical n’occupe l’une ou l’autre des scènes importantes du Festival d’été. Ce festival ouvert sur le monde est-il en train de virer sa veste de bord? Rien n’est moins sûr. La délégation québécoise est l’une des plus importantes, mais elle est également des plus variées. Du folklore au hip-hop, en français, en anglais ou en espagnol, au cours des prochains jours, les voix des artistes d’ici témoigneront d’un Québec préoccupé par ses racines tout en étant manifestement à l’écoute de la planète.
Le Québec d’hier à la saveur d’aujourd’hui nous sera offert par des ensembles folkloriques qui entretiennent des liens quasi familiaux… Pas seulement parce qu’ils se partagent quelques musiciens, mais aussi la même scène. Le 12, à Place d’Youville, on pourra donc entendre Entourloupe, suivi du trio Le bruit court dans la ville, au sein duquel on retrouve André Marchand et Norman Miron. Ces deux musiciens sont également du quintette vocal Les Charbonniers de l’enfer, qu’on pourra voir en début de soirée. Michel Faubert, meneur des Charbonniers, viendra ensuite clore cette soirée «je me souviens», avec ses contes traditionnels et son folklore électrique. Son plus récent album, L’Écho des bois, suffit à garantir une prestation riche en atmosphères et en couleurs.
N’en déplaise à certains touristes mal informés, le Québec n’est pas seulement un grand coin de verdure peuplé de coureurs des bois. Des entrailles de nos villes sont également nés des champions de la musique pop actuelle. On parle bien sûr de Bran Van 3000 (le 15); ces adeptes du zapping musical nous reviendront après avoir reçu tout plein d’éloges, tant à L.A. qu’à Londres ou à Paris. En perpétuel mouvement, ce band éclectique nous présentera sans doute un concert différent de celui qui avait littéralement embrasé le d’Auteuil en janvier dernier. Le seul et unique Jean Leloup (le 16) nous visitera également avec ses Naufragés du Titanic. Folie, ironie, surprises et nouveautés sont prévues. La soirée du 17 risque d’être également très mouvementée puisque GrimSkunk, le groupe underground le plus populaire au Québec, prendra d’assaut le Parc de la francophonie. Vous n’avez jamais vu un groupe et son public carrément branchés l’un sur l’autre? Ça vaut le détour…
Dans un tout autre ordre d’idées, l’envoûtante Lhasa (le 10) se chargera de faire planer un chaud vent de mystère aux abords de la porte Saint-Jean, alors qu’elle nous chantera son imaginaire mexicain. Autre enfant adoptif de la chanson québécoise, l’attachant Zachary Richard sera parmi nous le 17. L’auteur-compositeur-interprète louisianais nous mènera sur les routes de son Amérique française, enracinée dans le delta du Mississippi. On peut évidemment s’attendre à un beau moment de poésie, épicé et plein d’émotion.
Outre Zachary Richard, plusieurs autres vieux routiers sont au programme. Il y a Paul Piché (le 12), le chansonnier militant, porte-étendard du mouvement souverainiste. Bien qu’il ait sombré dans la pop, on ira le voir pour réentendre ses nombreux classiques qu’on a tous massacrés lors d’un party de cégep bien arrosé. Parlant de bière, on se demande bien laquelle de ses bières Robert Charlebois tentera de promouvoir lors de son concert du 18. La Maudite ou la toute nouvelle U? Les paris sont ouverts… Patrick Normand en solo,c’est pas très excitant; mais avec ses copains des Fabuleux élégants (le 17) il fait du bon country blues dont il faut profiter.
Comme chacun sait, les festivals servent souvent de vitrine ou de tremplin à des artistes moins connus. Lauréate du prix Félix-Leclerc 1997, Sylvie Paquette (le 13) sera de retour à Québec. Elle devra mettre les bouchées doubles car son unique concert aura lieu sous le soleil de midi. Si la déferlante hip-hop a submergé les Francos de Montréal, c’est tout le contraire au Festival d’été: seuls Les Messagers du son s’amèneront avec leurs rythmes binaires et leurs fringues griffées (le 15). Il y en aura beaucoup d’autres encore: le généreux Bob Walsh (du 17 au 19), l’étonnante Marie-Jo Thério (les 14 et 15), Okoumé (le 18) ou Bernard Cimon (le 16)… Finalement le 19, c’est Bruno Pelletier qui clora le Festival.