M : Le masque
Musique

M : Le masque

Depuis quelques années, on nous casse les oreilles avec cette supposée nouvelle chanson française, qui éclate dans toutes les régions de la France. Pour la plupart d’entre nous, cette nouvelle scène se résume à quelques noms, et pas toujours à un gage de qualité. Pourtant, derrière cette scène multiforme se cachent quelques bricoleurs enthousiastes, comme M, de son vrai nom Matthieu Chédid, fils de Louis Chédid, que l’on a déjà vu sur scène, ici à Montréal, accompagnant à la guitare Sinclair ou Nina Morato.

«De toute façon, dans ma tête, je suis et je reste musicien avant d’être chanteur. Mais si je dis ça, c’est d’abord à cause de la longévité: je suis musicien depuis douze ans et chanteur seulement depuis trois ans. Pour moi, la guitare, c’est un acquis. Alors que pour le chant, je me sens encore en apprentissage. Et je sais aussi que le son de ma voix est très particulier. Généralement, on aime ou on déteste. Ce côté catégorique me plaît. Parce que je n’ai jamais cherché la quantité chez le public. J’aime mieux la qualité des rapports. Je crois qu’on attire toujours les gens qui nous ressemblent…»

Depuis son passage avec Sinclair en 95, M a lancé un premier album, Le Baptême, un album de chansons un peu minimalistes, mais foncièrement pop, où la mélodie prime sur tout le reste. «Quand j’étais petit, les Beatles jouaient toujours à la maison, donc j’imagine qu’effectivement ça laisse des traces. Ce qui t’a touché dans ton enfance te marque à vie. Les Beatles, c’est vraiment ma culture. Comme j’ai baigné dans cette musique, il y a des choses qui ressortent, instinctives et naturelles, et qui sont complètement digérées. Aujourd’hui encore, j’assume tout ça. Bien sûr, j’ai des influences, mais j’essaie de ne pas copier bêtement.»

Sur scène, on peut s’attendre à tout de M. Lorsque je l’ai vu aux Nuits Botanique, à Bruxelles, en septembre dernier, c’était une corde à linge faisait office de décor. «J’essaie d’être le plus naturel, le plus sincère possible. Ce n’est pas parce que je suis sur scène qu’il faut nécessairement en faire plus.» Et, chez M, le naturel n’exclut surtout pas le rêve. «Cette pointe de cheveux que je porte continuellement, outre le fait de rappeler mon initiale, c’est aussi comme un masque de héros de bande dessinée. Et comme je suis un vrai timide à la base, lorsque j’ai décidé de devenir le chanteur, il me fallait me créer un personnage, une espèce de superhéros. Tout à coup, ce n’était plus le quotidien; c’était la magie et je pouvais me permettre plein de choses que, normalement, je ne peux pas faire…»

Le 10 juillet à midi
Au Festival d’été de Québec
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