Let's Groove Tonight
Musique

Let’s Groove Tonight

Grâce à la série Groove, aux Foufounes électriques, et à quelques autres concerts éparpillés un peu partout dans la programmation, la dix-neuvième édition du Festival International de Jazz de Montréal a créé un précédent qui se répétera sûrement. Non seulement le FIJM s’ouvrait à de nouvelles musiques, mais, conséquence directe et logique, un nouveau public s’est aussi intéressé pour la première fois au FIJM.
On l’a particulièrement bien constaté lors du concert de Bran Van 3000, samedi, au Métropolis, alors que le public était loin de la clientèle type établie par le Festival au cours des dernières années. Normal, puisque le show de BV3 était aussi loin de ce à quoi l’on peut s’attendre dans un festival de jazz.

Un an presque jour pour jour après son premier spectacle montréalais, BV3 a bien changé. Et pour le mieux. Le sympathique bordel des Foufounes de l’an dernier a fait place a un groupe plus assuré, maîtrisant désormais aussi bien ses instruments que son comportement sur scène. Les trois chanteuses (Sara, Jayne et Stéphane) et les deux rappeurs (Liquid et James DiSalvio) ne se foncent plus dedans, ne s’accrochent presque plus, ne s’emparant du devant de la scène que lorsque c’est leur tour. Musicalement, Bran Van ne change pas, il évolue, il avance, il monte. Dans son grand mixeur universel, le groupe ne fait qu’ajouter encore plus d’ingrédients: hip-hop, chanson, country (pendant Supermodel, Ducoq m’a soufflé à l’oreille: «C’est du techno-péquenot!»), métal, cold-wave, électronique, drum’n’bass, reggae, soul, r’n’b, rock, punk, opéra; nommez un genre musical, si vous ne le trouvez pas déjà chez Bran Van, vous ne perdez rien pour attendre…

Seul petit reproche, j’ai l’impression que, voulant bien faire, James, le leader du groupe, laisse un peu trop de place aux autres, alors que, visiblement, c’est lui que la grande majorité du public vient voir. Plus de présence ne lui ferait certainement pas de tort. Ni à lui, ni au groupe, d’ailleurs. Suite la semaine prochaine, alors que je vous parlerai du
concert de BV3 au Festival d’été de Québec…

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Parmi les grands moments de la dernière semaine, il faut absolument parler du collectif, ô combien britannique, The Herbaliser, un des plus beaux fleurons du respectable label Ninja Tune, que j’ai vu aux Foufounes électriques, mercredi dernier. Sur scène, Herbaliser, c’est un trompettiste, un batteur, un percussionniste, un claviériste, un D.J., un bassiste, et un saxophoniste-flûtiste, qui se fondent l’un dans l’autre, pour nous faire danser sur un soul complètement contemporain.

Si le percussionniste en a impressionné plus d’un (et avec raison), je crois qu’il s’agit également d’une des meilleures intégrations des tables tournantes dans la musique live à laquelle j’aie assisté (avec Beck, au Métropolis, il y a plus d’un an). Chez The Herbaliser, la table tournante n’est pas qu’un apparat de scène de plus, c’est réellement un instrument de musique, qui a droit à ses solos lorsque le besoin s’en
fait sentir, qui se mêle convenablement à tous les autres, qui fait également son travail rythmique. De ce côté, réussite totale. Cela faisait quand même un peu drôle de revoir Herbaliser quelques jours plus tard cette fois, mais à l’extérieur, dans un Pigeonnier complètement (et très bien) réaménagé, au Festival d’été de Québec. Si le show n’a quand même pas changé en quatre jours, le cadre scénique était tellement différent qu’on avait presque l’impression de voir un autre groupe. Alors qu’aux Foufounes tout est in your face, en extérieur, les sons deviennent plus grands que nature, prennent beaucoup d’expansion, remplissent l’air ambiant. Herbaliser, sur la scène du Pigeonnier, à Québec, n’était plus du tout un band de club, mais un groupe prêt à jouer sur toutes les scènes…

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Le ProjeKct Two de King Crimson (réunissant Robert Fripp, évidemment, à la guitare, Trey Gunn à la guitare également, et un étonnant Adrian Belew à la batterie), qui jouait également au Métropolis pendant le FIJM, est vraiment un atelier de recherche pour la maison mère. On y retrouvait l’essence même de King Crimson: un goût prononcé pour l’improvisation, des constructions rythmiques audacieuses, du tricot de guitare très étonnant, et jamais de facilité pour plaire à la foule. C’est pour ça qu’il a été tellement surprenant qu’en début de seconde partie Adrian Belew s’avance, seul avec sa guitare, pour nous interpréter quelques classiques à la Mate Kudasai ou
Three of a Perfect Pair. De beaux cadeaux.

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Pendant que j’y suis, venez donc faire un tour au Festival d’été de Québec. Non seulement y a-t-il eu nette amélioration dans l’aménagement des lieux, mais les concerts du week-end ne sont surtout pas à dédaigner: Jean Leloup, Mario Peluso, GrimSkunk avec les Todos, Zachary Richard, Pigalle, etc. On se voit là…