

Anthrax au Polliwog : Durs à cuir
Un vent nouveau souffle sur la formation américaine, qui est en pleine tournée Polliwog, avec plusieurs de nos groupes favoris: Anonymus, Obliveon, Banlieue rouge, Guano, Guerilla, Les Mauvais Quarts d’heure, etc.
Christine Fortier
Photo : JOSHUA KESSIER
Y a pas à dire, les deux dernières années de la vie d’Anthrax ont été fertiles en rebondissements. Tout d’abord, peu de temps après le lancement de l’album Stomp 442 (1995), Elektra Records met fin à son entente avec le groupe. Par conséquent, l’album passe inaperçu auprès des fans, et la cote de la formation fondée en 1981 par le guitariste Scott Ian et le bassiste Dan Lilker (maintenant dans Brutal Truth) perd rapidement de sa valeur.
Comme si ce n’était pas suffisant, la bande, désormais composée de John Bush, de Scott, du batteur Charlie Benante et de son neveu de bassiste Franck Bello, traverse diverses crises personnelles. «Je mentirais si je disais qu’on n’a pas pensé à tout laisser tomber, lance le chanteur John Bush, de sa chambre d’hôtel de Rimouski, quelques heures avant le premier spectacle de la tournée Polliwog. C’est d’ailleurs Scott qui a atteint le sommet de la crise en se faisant arrêter pour avoir tenté de voler une affiche et une chaise portant le logo des Yankees, au camp d’entraînement de l’équipe en Floride, en août 1997.»
Heureusement, le président des Yankees, George Steinbrenner, a abandonné la poursuite contre le guitariste, à la demande de l’animateur de radio Howard Stern. «Stern est un fan du groupe, et il a invité Steinbrenner et Ian à son émission afin d’arranger les choses. Heureusement, parce que si Steinbrenner avait refusé, on n’aurait probablement pas pu participer au Polliwog. Si Scott avait eu un casier judiciaire, on n’aurait certainement pas réussi à passer les douanes!» assure John en faisant référence à nos impitoyables douaniers. Il ajoute qu’il aurait été très déçu, car il se souvient encore de leur spectacle en première partie de Pantera, en janvier dernier. «Montreal rules!», s’exclame-t-il. C’est suite au succès de cette tournée qu’Anthrax a demandé à Dimebag Darrell (guitariste) et Phil Anselmo (chanteur) de collaborer à quelques morceaux de Volume 8: The Treat Is Real. «Dimebag joue sur le premier extrait du disque, Inside Out, et sur Born Again Idiot, tandis que Phil crie sur Killing Box. Toutefois, ce n’était pas la première fois que Dimebag jouait sur un de nos albums.»
«Jusqu’à présent, les critiques de The Treat Is Real ont été très bonnes, affirme John. Mais il n’y a pas de mérite; qui oserait me dire en face le contraire? Cela dit, je respecterais énormément quelqu’un qui critiquerait l’album de façon constructive.» N’empêche que le guitariste a extrêmement confiance en son produit. «Sur cet album, on a tout donné. Il a été enregistré alors qu’on n’avait même pas de contrat de disque, dans notre propre studio situé à Yonkers, NY. Pour la première fois, le temps de studio ne comptait pas, on pouvait travailler et retravailler chaque pièce jusqu’à ce qu’on soit entièrement satisfaits. D’ailleurs, je pense que si la compagnie de disques, Ignition Records, n’était pas intervenue, on serait encore en studio», plaisante John.
Les gars d’Anthrax voulaient un album varié, démontrant leur ouverture d’esprit aux autres genres musicaux. «Normalement, un morceau comme Toast to the Extras (plutôt country) se serait retrouvé sur un b-side. Mais, sur cet album, on ne voulait pas se limiter à ce que les gens attendent de nous.» Le guitariste admet que les différentes collaborations du groupe leur ont donné envie d’explorer de nouveaux horizons. «La seule influence qui manque sur Volume 8: The Treat Is Real, c’est l’électronique. Cela dit, Scott a joué sur cinq ou six pièces du nouvel album de Tricky, Angels With Dirty Faces. Ils ont fait connaissance dans un bar, et Tricky l’a invité sur son disque car il aimait ce qu’on faisait.» De plus, Anthrax a collaboré au remix de la pièce Victory, de Puff Daddy. «A l’origine, le remix devait servir à la trame sonore d’un épisode de South Park, mais je ne suis pas certain que la pièce ait été utilisée. Le résultat est vraiment cool et, éventuellement, on va essayer de lancer la chanson si le projet de Puff Daddy n’aboutit pas», raconte celui qui a remplacé Joey Belladonna en 1993, sur le disque Sound of White Noise. Selon lui, sa venue dans le groupe n’est plus matière à discussion. «Je fais maintenant partie de la famille.»
Le 15 août
Au parc Jeanne-Mance
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