Le 7 août, au Mont Sainte-Anne
Ça faisait cinq ans que Anthrax n’était pas monté sur une scène de Québec. La dernière fois, c’était au Colisée, avec Voïvod et White Zombie. On ne savait plus trop à quoi s’attendre de la part de cette formation qui a connu un immense succès à la fin des années 80; Anthrax allait-il surfer sur son passé comme le font tant de groupes? Possible. Mais la qualité de son plus récent album intitulé Volume 8 – The Threat Is Real, nous laissait entrevoir quelque chose de plus excitant. On ne se trompait pas: la semaine dernière au Mont Sainte-Anne, Anthrax a mis les bouchées doubles et clôturé le festival Polliwog avec une prestation tout simplement stupéfiante.
D’abord, on a pu constater que Anthrax a toujours le feu sacré. Quinze ans après ses débuts, le groupe crée toujours dans l’urgence et on le sent. Qu’ils jouent Inside Out ou Indians, la hargne est toujours sincère. Mais le plus beau dans tout ça, c’est que le groove ne cède jamais le pas au bruit. Et l’émotion ne cède jamais le pas à la technique non plus. C’est une affaire d’expérience, bien sûr, mais surtout de charisme. Anthrax est un groupe qui bouge, qui interagit avec son public; ils donnent un spectacle. Menés par l’excellent John Bush, dont la voix polyvalente passe sans embûches du rap aux notes soutenues ou des basses aux aiguës, les musiciens new-yorkais ont su démontrer que leur musique était toujours pertinente et exaltante. Peut-être est-il temps d’imprimer des t-shirts avec le slogan «Metal is not dead»…
Papi Taylor
Le 8 août, au d’Auteuil
Stéphane Papillon alias Papi Taylor présidait un week-end rock’n’rollien au d’Auteuil en compagnie des Burger Boys et de Demolition. Figure bien connue de la scène rock d’ici, l’ancien chanteur des Cherry Poppers s’est avantageusement transformé en crooner décadent. Laissant tomber la gestuelle iggy-popesque pour adopter une attitude relevant davantage de celle d’un Bowie, sieur Taylor nous a offert une prestation digne de sa réputation de bête de scène. Solidement appuyé, entre autres, de Pascal Dufour à la guitare et de Stéphane Beaudin, deux membres émérites des Respectables, ainsi que du bassiste Guy Laforce (ex-Fauxcons), le chanteur nous a offert son nouveau répertoire. Des chansons moins métalloïdes qu’à l’époque des Poppers, qui évoquent celles des pionniers du rock glam, du Velvet Underground aux Stooges en passant par MC Five. Il ne se contente évidemment pas de naviguer dans ces eaux, et remonte bravement le courant pour donner à ces musiques un feeling contemporain et plutôt original par les temps qui courent. Le retour de Papi sur les planches est un des événements les plus excitants à avoir secoué la scène locale depuis un bon moment.