Motiv.03 : Son et images
Musique

Motiv.03 : Son et images

Malgré son apparente maturité, la performance live électronique est un domaine encore relativement embryonnaire. Entre les expériences multimédias de Coldcut, les métissages organique / électronique de Roni Size, ou les performances statiques de Autechre, une forme d’expression artistique est en train de prendre forme, et évolue au rythme des développements technologiques, c’est-à-dire très vite! Alors que les promoteurs de rave hésitent encore à ajouter à leur programmation une part appréciable de performance live, le collectif Leitmotiv propose, pour son troisième événement (Motiv.03), cinq occasions (GumZ, Couch Potatoes, Mad Max, The Bassemaker et Root Loops) d’entendre, de voir et de sentir différemment une musique vivante, à la recherche d’un public ouvert aux expériences nouvelles. Une question: est-ce que la performance live est essentielle au développement des musiques électronique? Quatre réponses:

Jimmy Lakatos, alias GumZ: «Sur scène, il y a deux grandes écoles: celle où tu improvises énormément sur des structures établies pour faire ressortir l’essentiel des pièces et pour t’adapter à l’énergie de la foule; et celle de ceux qui, à l’avance, programment leurs séquences au maximum et pèsent sur play une fois sur scène. Eux, en général, ils sont ben plates… Mon idée du live, c’est d’utiliser, en plus des machines, tout le corps pour moduler la musique, en disposant des senseurs qui réagissent au mouvement du corps humain. Je crois qu’il faut développer la rencontre du corps et de l’interface. Ça donne des résultats beaucoup plus organiques qui ne pourront jamais être recréés avec un séquenceur.»

Jean-Michel des Couch Potatoes: «Pour rejoindre la masse, je pense que c’est important qu’on se force pour avoir quelque chose à montrer sur scène. Il faut qu’on sente qu’il y a du travail derrière les machines, que le maximum de matériel soit réellement créé sur scène et non pas joué sur un DAT. Nous, on intègre des musiciens live dans notre spectacle et ça apporte vraiment quelque chose. Mais tout dépend du contexte: dans un rave où le seul but c’est de danser, que ce soit un D.J. ou une performance live, ça ne change pas grand-chose.»

Marc Leclair, alias Mark O.D., Noiz Slack-R et The Bassmaker: «Je suis convaincu que l’apport du multimédia va être essentiel dans le développement de la scène électronique. Le visuel va être très important, et le musicien va se fondre dans tout ça. Juste quelqu’un qui tourne des boutons sur un stage, c’est plate pour lui et pour les spectateurs. Je l’sais, je l’ai fait… Les gens paient pour ça, il faut leur en donner pour leur argent. Si c’est pour reproduire exactement ce qui s’est fait en studio, aussi bien écouter l’album dans son salon. Pour ce qui est du métissage entre électronique et instruments traditionnels, je n’ai rien contre en autant qu’on n’essaie pas de dénaturer les deux. Il faut qu’on sente la rencontre de la machine et de l’organique. Prodigy, pour moi, c’est du rock, sans plus.»

Maxime Morin, alias Mad Max: «Je crois que le live électronique va prendre de plus en plus de place; et plus il y aura d’expériences de qualité, plus les gens vont développer un goût pour le live. Le côté embryonnaire de la chose fait qu’il y a beaucoup d’essais et d’erreurs, mais comme il n’y a pas de règles précises, comme dans le rock, par exemple, ça laisse une liberté très stimulante. Dans mon cas, l’aspect visuel, je m’en fous totalement! Les gens ne viennent pas me voir, ils viennent m’écouter et danser. Des rock stars sur une scène, moi ça me fait bad triper…»

Le 22 août
Avec les D.J. elliot, Nic B, Martin Dumais, Vitamin S, Neurom, Maüs et Sunkiss
Info.: 828-3005
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