Le 14 août, au Kashmir
Tout ce déploiement pour si peu de temps… Les Bomboras, dans la logique de l’esprit ludique qui les caractérise, avaient apporté leurs décors: une collection de crânes réduits (leur plus récent album s’intitule Head Shrinkin’ Fun), des idoles de fausse pierre, des black lights pour illuminer le tout et deux danseuses pour entraîner les spectateurs dans ce qui aurait pu être tout un party. Et, ma foi, c’était tout à fait spectaculaire. Plein d’effets spéciaux, plein d’énergie. Mais court. Beaucoup trop court.
Moins d’une heure, peut-être une dizaine de pièces… Le temps que le public du Kashmir commence à s’impliquer, commence à danser et à crier, et c’était tout. Pouf, comme ça. Avant même qu’on ait le temps d’applaudir, les Bomboras remballaient leurs accessoires. Comme un gros flash qui éblouit, et qu’on oublie.
Pourtant, il faut le dire, la prestation en elle-même relevait d’une grande qualité. Le quintette californien offre un surf rock extrêmement efficace, tirant parfois sur le punk, appuyé par une présence scénique sortant de l’ordinaire. Le feu aux instruments comme seul éclairage, le chanteur debout sur son clavier, les Bomboras en mettent plein la vue. Littéralement. Le genre d’énergie qui transporte une foule, le genre d’énergie qui transforme un spectacle en party. Dommage que le party se soit terminé avant d’avoir vraiment débuté.
Comme une grosse gomme à vingt-cinq sous, si bonne mais dont le goût s’estompe en quelques secondes.