

Justin Robertson : Dans la fosse aux lions
Laurent Saulnier
Vous l’avez certainement remarqué au cours des derniers mois, plusieurs D.J. ont désormais leur groupe, et se tournent de plus en plus vers les sets live. Justin Robertson, que l’on verra jeudi prochain au Cabaret, dans le cadre du festival Cream 98, ne fait pas exception. Depuis quelques années, il monte sur scène aussi régulièrement avec son groupe, Lionrock (qui a lancé l’excellent City Delirious, son deuxième album, cet été), que pour montrer ses talents de D.J. aguerri.
Comme il vient, cette fois-ci, en tant que D.J., nous avons discuté avec lui de la différence entre ces deux façons de présenter la musique. «Pour moi, c’est très différent, avoue d’emblée le musicien britannique. C’est beaucoup plus terrifiant de jouer avec le groupe qu’en tant que D.J. Surtout parce que je dois présenter ma musique, une musique à laquelle je suis bien évidemment très attaché. Cependant, lorsque je suis D.J., je fais surtout tourner la musique des autres, donc, j’y suis, tout aussi évidemment, moins impliqué émotivement. En même temps, tout cela doit aussi être une question d’expérience. Je suis D.J. depuis tellement plus longtemps. Et je dois te dire que je suis encore souvent très nerveux avant de monter sur scène et de faire le D.J.»
Si un disque ne fonctionne pas, en tant que D.J., on peut effectivement le changer assez rapidement et passer à autre chose. Par contre, losrqu’on travaille avec des musiciens, il est beaucoup moins aisé de les éjecter de la scène… «J’ai lancé le projet de Lionrock parce que j’avais l’impression qu’il y avait une façon différente de faire de la scène. Habituellement, je trouve que la plupart des spectacles sont plutôt ennuyants. Je voulais donc un son plus organique, même si ça reste, d’un bout à l’autre, de la musique faite d’abord et avant tout pour danser.»
Ces temps-ci, Justin Robertson tente de fusionner ses deux activités, en mettant sur pied un sound-system, ce qui l’enchante, même si les tournées sont toujours une chose exténuante. «Je tente également de conserver l’aspect événementiel de l’expérience live avec Lionrock. Je ne veux pas toujours tourner avec le groupe. Je veux que ça reste quelque chose de particulier pour moi. Et puis, comme j’aime beaucoup faire le D.J., ça me va très bien…»
La fusion de deux activités entraîne également l’échange entre les deux. De ce fait, le Britannique avoue qu’il lui est régulièrement arrivé de trouver des rythmes ou des mélodies pour Lionrock en mixant des disques. Justin Robertson se considère également encore un fan de musique, et son set de D.J. devrait être là pour le prouver, alternant la bonne vieille house avec du techno et, inévitablement, des break-beats. Et du Lionrock, il en fera jouer? «Je crois bien. Je n’en fais pas jouer beaucoup, mais ça m’arrive de temps à autre, dit-il avec un sourire dans la voix. Heureusement, il ne m’est jamais arrivé que le plancher de danse se vide lorsque je mets une pièce de Lionrock!»
Le 3 septembre
Au Cabaret
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