

Notes : Pearl Jam
Laurent Saulnier, Louise Dugas
Photo : BJ PAPAS
Sur Alive, j’ai traversé le désert du Mohave. Ma pile de leurs albums et de leurs bootlegs est aussi haute que mon armoire de cuisine, et j’ai déboursé cent dollars pour pouvoir assister à leur show à l’Auditorium de Verdun, en 1993. Est-ce que j’aime Pearl Jam? Devinez… Leur présence au Centre Molson, jeudi dernier, m’a-t-elle semblé aussi essentielle, aussi incontournable qu’il y a cinq ans? J’hésite.
Bien sûr, les musiciens ont prouvé qu’ils sont les meilleurs de leur génération: soudés comme des pétales, plus appliqués que ne l’était Nirvana, doués pour les impros, et capables de purs moments de grâce, comme sur Animal. Eddy Vedder a démontré une fois de plus qu’il était le barde le plus incandescent de la décennie, et le seul chanteur rock de l’histoire capable de se mettre vraiment dans la peau d’une fille. Essayez d’imaginer la voix des Beastie Boys ou celle de Mick Jagger chantant Daughter, ou dédiant «Can’t find a better man» à Hillary Clinton. Impossible.
J’ai succombé à Pearl Jam, comme bien d’autres, au début des années 90, pour une raison: même déchirantes, leurs chansons donnaient envie de grimper au sommet d’une montagne et de crier: «Je saigne, je saigne, mais je suis vivant; et je vous emmerde.» Beau paradoxe qu’aucun autre band grunge n’a jamais su traduire, surtout pas Nirvana.
Pearl Jam nous a aidés à traverser les années 90 en survivant lui-même au chaos, au désarroi, à la pression, au grunge et à la mort de Cobain (on ne peut en dire autant de Soundgarden). Jeudi, le groupe semblait piégé par cet exploit: rescapé de tout, il ne pouvait reproduire la souffrance d’Alive, la puissance dramatique de Black, ou le charme mortuaire de Not for You. Incapable de frapper aussi fort avec les chansons de leurs derniers albums (No Code et Yield), Pearl Jam avait l’air d’une relique qui nous a permis de rester en vie, mais qui, maintenant, ne sert plus à rien. Sauf à nous rappeler que nous avons hurlé, un jour, au sommet d’une montagne: «I’m still alive.»
Cream 98
Changement au programme pour la troisième édition de Cream. Le rappeur américain Noreaga n’y est – évidemment – plus. Heureuse nouvelle cependant, Alex Gifford, des Propellerheads, y fera un set de D.J., le 6 septembre (à une heure raisonnable, c’est-à-dire pas entre sept et neuf heures du matin…), au Stade olympique. D’accord, ce n’est pas vraiment les Propellerheads, mais mieux vaut ça que rien du tout…
Le Festival de la chanson de Granby
Pour son trentième anniversaire, le Festival de la chanson de Granby tient quatre soirées de demi-finales, du 10 au 13 septembre, au Palace de Granby. Quant aux finales, elles se dérouleront le 18 septembre pour les interprètes, et le 19 pour les auteurs-compositeurs-interprètes, toujours au Palace.