Musique

Prise de son : 100 % bouf

Ah, le merveilleux monde de la musique pop!
Ces nombreux groupes, aussi accessibles qu’impopulaires, qui peuplent notre imagination de chansons immortelles. Que sont les Crowded House devenus? Dur temps pour la musique pop, celle qui n’a aucune autre prétention qu’un espoir de légèreté; qu’une mélodie, une fois, un jour, puisse s’ancrer solidement dans votre boîte craânienne.

Pourtant, lorsqu’elle est réussie, lorsque tout fonctionne, la musique pop est plus que nécessaire. Elle est vitale. C’est une véritable source d’énergie. Le meilleur exemple: vous auriez dû être au concert de Grant Lee Buffalo, au Cabaret, mardi soir.

Secoué par un changement de personnel majeur, le groupe américain est véritablement ressuscité, dans une formule qui ressemble à s’y méprendre à la première, mais nettement améliorée. Ils sont désormais quatre sur scène: deux membres officiels, Grant Lee Phillips, leader du groupe, et Joey Peters à la batterie; et deux musiciens invités: un bassiste et un multi-instrumentiste (claviers, guitare, mandoline, harmonica, etc.), ce qui donne une nouvelle profondeur aux chansons.

Mais ce n’est pas là le plus important. Lorsqu’on parle de GLB, la priorité reste la même depuis des années: les chansons. Du classique Mockingbirds (que Phillips aurait pu dédier à Paul Kimble, bassiste-réalisateur démissionnaire…) à la récente Truly, Truly, Truly, en passant par une vraiment magnifique version acoustique de Lone Star Song, on ne peut jamais s’empêcher de penser que la base – le fameux songwriting – est aussi solide que tout le reste.

Et dans le reste, il ne faut pas négliger la voix de Phillips, qui monte et descend, virevolte et plane, jamais sans raison, toujours de façon pertinente. Une voix comme du velours, douce et caressante, jamais agressive ou méchante, ni trop sucrée non plus. Une voix comme il s’en fait peu, comme on n’en entend pas assez souvent, aussi unique qu’exceptionnelle.

Grant Lee Buffalo est probablement, en ce moment, le secret le mieux gardé de la musique pop américaine. C’est une chance réelle que de l’avoir vu, pour la deuxième fois, dans un club comme le Cabaret. Il y a des fois où l’on se dit que le bon Dieu est vraiment bon.

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Cette semaine, dans la série Je voudrais être Bono à la place de Bono: le groupe américain Dishwalla, qui venait présenter son deuxième album, And You Think You Know What Life’s About, lundi dernier, au Cabaret.
Relativisons tout de suite. Si J.R. Richards, le chanteur de Dishwalla, a un timbre de voix qui se rapproche de celui du chanteur de U2, si ses intonations mélodiques rappellent régulièrement celles du chanteur de U2, si ses poses sur scène font penser à celles de Bono, reste aussi que Richards, sans dire qu’il est aussi performant que Bono, est un assez bon chanteur, qui sait moduler, qui ne fausse pas, qui joue le jeu du chanteur. Parfois trop, se donnant beaucoup en spectacle, et se trouvant juste un peu trop beau pour qu’il soit vraiment agréable de passer une soirée en sa compagnie.

Pour le reste, le spectacle de Dishwalla a été plutôt agréable jusqu’à la sixième ou septième chanson. En fait, jusqu’à la fin de Counting Blue Cars, un des succès de leur premier album, Pet Your Friends. Tout de suite après, le groupe a commencé à tourner en rond, à se répéter, à jouer et rejouer ce qui me semblait être la même chanson. Ronflant.

Pour terminer, une question: s’il n’y avait pas eu la vague alternative du début des années 90, est-ce que Dishwalla, malgré son côté hyper pop, aurait obtenu un contrat d’enregistrement? Ne serions-nous pas revenus au point de départ? Existe-t-il maintenant une alternative rock à l’alternatif?

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Et si cette alternative était Marilyn Manson? Avec son côté gore, ses images morbides et sa façon bien à lui de faire peur aux parents. Et si, suite au succès de Koko Manson, tout le monde se mettait à la recherche de son clown?

Deux formations du genre étaient au Cabaret, dimanche dernier, avec l’intention de nous faire peur et de nous choquer: Jack Off Jill et Psychotica. Les ingrédients sont toujours les mêmes: sexe, sang, peur, angoisse, drogue, rock’n’roll lourd et vraiment pas subtil.

Sauf que, dans un cas comme dans l’autre, les chansons sont tellement pitoyables qu’elles ne produisent aucun effet. Comment voulez-vous être choqué quand vous entendez le mot «fuck» pour la soixantième fois en trois minutes, comme c’est le cas avec Jack Off Jill? Comment voulez-vous ressentir quoi que ce soit quand tout ce qui se passe sur scène est d’abord et avant tout platement risible (comme la bassiste de Jack Off Jill qui joue vraiment comme un pied)?

Chez Psychotica, le problème musical se pose d’autant plus qu’on a vu le groupe au Lolapallooza, il y a quelques années, alors qu’il y avait aussi un violoncelliste et une choriste, aujourd’hui disparus de la circulation. Par moments, la musique de Psychotica était tellement pompeuse qu’on croyait entendre du mauvais (mais vraiment très mauvais) Queen. Et le jour où je serai choqué par un gars qui se promène avec un wet-suit et des plumes autour du cou, je serai vraiment bon pour la retraite…