Gorguts : Sport extrême
Musique

Gorguts : Sport extrême

Trois ans après l’annonce de la sortie d’un nouvel album, Gorguts lance finalement son troisième disque, Obscura. Douze morceaux abrasifs et surprenants, à mille lieues de Considered Dead (1991) et The Erosion of Sanity (1993). «Il était hors de question de lancer The Erosion Part II», commente Luc Lemay, chanteur-guitariste de la formation originaire de Sherbrooke, mais établie à Montréal depuis 1995. Considérant que les nouvelles compositions sont prêtes depuis novembre 94, le groupe est impatient de voir la réaction du public, et surtout de lui montrer que même s’il s’est fait discret, Gorguts est toujours vivant.

«Plusieurs facteurs ont retardé la sortie de l’album, poursuit le chanteur. Tout d’abord, on devait signer une entente avec les disques Red Light, mais ils ont fait faillite et, quelques mois plus tard, le batteur Steve McDonald quittait le groupe. Ensuite, on a entamé des pourparlers avec Hypnotic, mais les choses n’avançaient pas assez vite. Comme on se préparait à enregistrer l’album pour magasiner les contrats grâce à l’argent reçu de Roadrunner (l’étiquette des deux premiers disques), on a trouvé un nouveau batteur, Patrick Robert, et signé une entente avec Olympic Records, une filiale de Mercury», raconte-t-il. «On est très satisfaits de notre entente avec Olympic, car son président Marti Payne, en plus d’aimer la musique extrême, est un fan de longue date», explique le second chanteur-guitariste, Steeve Hurdle.

Selon les gars, les différentes influences des membre du groupe, comprenant le bassiste Steve Cloutier et le batteur Steve McDonald (de retour depuis que Patrick a quitté Gorguts après la tournée Polliwog 98), sont à l’origine de la nouvelle direction musicale. Rappelons que les trois Steve se sont joints à Luc en 93, après la sortie de The Erosion of Sanity. «Pour ma part, j’écoute surtout du classique, lance Luc, mais ça ne m’empêche pas d’apprécier le death métal ou ce qu’aiment les autres.» Quant à Steeve, il est influencé par des styles plus extrêmes, dont The Dillinger Escape Plan, Human Remains et Piggy de Voïvoïd.

«Lorsqu’on a composé l’album, on ne s’est pas mis de pression, on ne cherchait pas l’originalité à tout prix, assure Steeve. L’évolution musicale d’un groupe passe par sa capacité à exprimer sa créativité. Pour y parvenir, on se devait d’être spontané.» Résultat: des morceaux tordus et extrêmes, qu’on pourrait qualifier de death fusion ou expérimental. «Il y a beaucoup de recherche sonore, dans Obscura; nous nous sommes servis de nos instruments différemment, afin d’obtenir des sonorités nouvelles. Et j’insiste sur un fait, il faut écouter l’album avec des écouteurs», lance le fondateur de Gorguts.

D’autre part, les chanteurs estiment qu’il est plus facile de composer les textes à deux. «On se donne un thème, inspiré par l’émotion que dégage la musique, et on le développe chacun de son côté. Par la suite, on décide qui chante quand»", explique Steeve. «Ce que j’aime dans cette façon d’écrire, ajoute Luc, c’est que chaque phrase du texte est une réflexion, un peu comme de la poésie, laissant place à différentes interprétations. En écrivant les paroles à partir de la mélodie, la voix colle mieux à la musique.»

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