Musique

Notes : Saison Jazz Montréal

C’est avec incrédulité et tristesse que nous avons appris la fin des activités de Saison Jazz Montréal. Pendant cinq ans, Carmelle Pilon a porté à bout de bras cette humble cause: assurer une continuité entre deux Festivals de Jazz. Parmi les raisons invoquées le 1er septembre dernier, la directrice et fondatrice de Saison Jazz Montréal parle de non-rentabilité et d’écourement total. «Il faut vraiment faire ça par altruisme, disait-elle, je suis tannée de courir après les subventions. On a beaucoup tripé à faire ça, mais il est temps de passer à autre chose. Je ne connaissais rien de ce milieu quand j’ai commencé», d’admettre Pilon, qui s’est tout de même monté un réseau de contacts intéressant dans le milieu des affaires, surtout avec les membres de son conseil d’administration. «Les médias ont été les précurseurs de notre succès, je ne m’en cache pas.» Parmi ses bons coups, mentionnons les moments inoubliables passés avec David Sanchez, Greg Osby, Aldo Romano et Steve Coleman.

Gil Scott-Heron et Michael Franti
Ils seront nombreux, les fans de Michael Franti (Spearhead, Disposable Heroes of Hiphoprisy) et du grand prêtre du renouveau social, Gil Scott Heron, à assister à cette soirée de «Paroles et musiques» mercredi prochain. L’association étudiante de l’Université Concordia a inclus les deux alchimistes du spoken word dans une série de prestations qui débutera le 11 septembre. On ne sait pas si l’auteur d’In the Bottle a un nouvel album, s’il va donner un vrai concert, et quelle sera sa participation à cette soirée. Nos valeureux étudiants ont du flair pour avoir si bien choisi, mais pour ce qui est de répondre aux questions des journalistes et de faire une entrevue, oubliez ça. Impossible de parler à qui que ce soit. Je vous laisse le SEUL numéro de téléphone connu: 848-7474. Pendant quatre jours, ça sonnait toujours occupé. Pas de boîte vocale, rien. Le 16 septembre, au Spectrum.

Nick Cave
Chacun des passages du sombre Australien reste gravé dans nos mémoires, sauf, peut-être, celui du Lolapallooza de 94 alors qu’on avait fait jouer l’oiseau de nuit en plein jour. Avec la compilation en compact de ses «plus grands succès» sous le bras, Nick Cave revient enfin à Montréal. Peut-on lui demander de revenir plus souvent? Le 11 septembre, à L’Olympia, avec Freak Water.

Sven Väth et Derrick May
Histoire de se remettre de la folie du Cream du week-end dernier, deux D.J. influents et efficaces viendront jouer des platines à Montréal en fin de semaine: Derrick May, un des légendaires fabricants du son de Detroit, et l’Allemand Sven Väth, un des favoris de la foule montréalaise. Le 12 septembre, dans un endroit qui reste, évidemment, à déterminer, vingt-quatre heures avant la soirée.

Illapu
Date importante pour le peuple chilien que le 11 septembre, puisqu’à cette date, en 73, Salvador Allende, président socialiste, fut assassiné lors d’un coup d’État mené par le général Pinochet, qui installa, du même coup, une dictature militaire. Plutôt que d’assister à une soirée de solidarité avec le peuple chilien comme dans le bon vieux temps, on vous propose, cette année, un concert avec l’ensemble Illapu, un des orchestres de musique traditionnelle de ce pays d’Amérique du Sud, les plus réputés au monde. Le 11 septembre, au Théâtre Maisonneuve.

Gilbert Gélinas
S’il est un auteur-compositeur-interprète qui mérite votre attention, c’est bien Gilbert Gélinas, ancien leader des Nerfs, groupe qui a remporté le défunt concours Rock-Envol, en 87. Si je vous reparle des Nerfs, c’est que Gélinas, pour la première fois depuis la séparation de ce groupe, remonte sur scène avec des musiciens, lui qu’on a vu à quelques reprises uniquement accompagné d’une pianiste. Et si Gélinas n’est peut-être pas un grand interprète, concentrez-vous sur son écriture, tant littéraire que musicale, et vous serez enchanté. Bonne soirée de retrouvailles! Le 17 septembre, au Café Campus.