Musique

Retour de son : Slayer

Le 4 septembre, à l’Agora du Vieux-Port
Nos ancêtres avaient tort. Ce n’est pas la masturbation qui rend sourd, ce sont les shows de Slayer. Rajoutez aux tympans défoncés la grosse boucane perpétuelle et les jeux de lumières du plus pur style métal, et on s’est retrouvé, vendredi dernier, à la fin des années 80. Slayer, comme beaucoup de groupes qui étirent leur succès en se basant sur un passé fructueux, fonde sa réussite actuelle sur les hits de ses belles années. Et à l’Agora du Vieux-Port, il n’était pas étonnant d’apercevoir, sur le dos des fans les plus démonstratifs, un t-shirt du genre «World Sacrifice Tour 1988»…

Cela dit, le speed métal de Slayer est furieusement efficace. Comme un sort qu’on aurait jeté sur les spectateurs et qui les obligerait tous à taper du pied et à secouer la tête. Décapant. Tom Araya et ses trois comparses, en professionnels qu’ils sont, ont offert un spectacle à la mesure des attentes de leurs fans. Tricoté serré, sans bavure, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, et pour résultat un habile mélange de classiques du groupe et de pièces du plus récent album, Diabolus in Musica. De tout pour plaire, avec en prime une qualité de son impressionnante pour une prestation en plein air. Assourdissant comme il se doit, étonnamment clair.

Gâtés qu’ils sont, les amateurs ont eu droit, en plus, à une performance impeccable de Fear Factory, dont l’alliage de métal et de techno en a séduit plus d’un. Une musique dure mais à la fois subtile, violente mais sophistiquée. Du speed métal et pourtant, sur la scène, un synthétiseur. Et Burton C. Bell, énergique au possible, dont la voix grave pourrait être celle d’un crooner moderne. Agréable coup de cour. (M. Simard)

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Fonky Family
Le 4 septembre, au Cégep de Limoilou
Le concert qui mettait en vedette Fonky Family a dissipé tous mes doutes quant à la popularité et à la vivacité du hip-hop francophone à Québec. Ce fut d’abord un succès de foule. Dès neuf heures, les portiers devaient réserver l’entrée aux détenteurs de billets et résister aux nombreux fans dépités. La salle était déjà pleine à craquer. Massés devant la scène ou debouts sur les fauteuils capitonnés de l’auditorium, les fidèles étaient prêts à casser la baraque.

D’abord, les amuse-gueules. Les formations locales Sagacité, Andromaïck et La Constellation ont démontré leur savoir-faire et ont tous mérité les applaudissements nourris du public. Idem pour DJ Nerve, qui nous a gratifiés d’une séance de scratching qui relevait de la prestidigitation. Vint ensuite le plat de résistance…

L’entrée en scène de la Fonky Family a déclenché un raz de marée d’adrénaline. Pendant la première chanson, pas moins de cinq jeunes filles ont dû être extirpées des premières rangées, chancelantes ou à peine conscientes. Les quatre MC de la FF forment une équipe énergique et parfaitement cohérente. Ils attaquent sur tous les flancs – la FF ne prêche pas, elle revendique -, appuient leurs voix les unes sur les autres et prennent tour à tour le lead. Le plus beau dans tout ça, c’est que la bande sait maintenir une intensité remarquable. Aucune baisse d’énergie sur la scène, aucun reflux d’adrénaline dans la salle. Ce premier concert de la FF en Amérique, on s’en souviendra.