Musique

Maceo Parker : Avoir du funk

Institution funk s’il en est une, l’ouvre de Maceo Parker constitue l’archétype d’une musique toute simple, mais qui demande une exécution sans faille. Il demeure encore la référence. Celui qu’on vénère. Même avec toute la bonne volonté du monde, personne ne saura vraiment un jour comment on peut en être aussi imprégné. Ni le talent ni l’admiration de sa cour ne pourront transcender l’amalgame de chromosomes qui font du saxophoniste une entité unique. Le funk, c’est lui.

Totalement classe durant les trois heures que durent ses concerts, d’autant plus que le gargantuesque menu qu’il propose invite à la débauche, Maceo Parker est d’une générosité incommensurable. Sa longue affiliation avec James Brown a balisé sa route. Sa générosité proverbiale, quand vient le temps d’instaurer un groove lascif et insoutenable, lui octroie, avec raison, le privilège de laisser couler des notes assassines. Le magma sonore, qui sort de cet alto en fusion, c’est la grande force de Maceo Parker, et de son nouvel album, Funkoverload, son cinquième.

«Funkoverload est pensé en fonction des concerts. Cela saute aux yeux. C’est pourquoi mon fils Corey, qui rappe avec nous en tournée, occupe une place de choix sur le disque. Je ne le voyais pas comme mon successeur éventuel lorsqu’il s’est joint à nous il y a deux ans, mais là, je dois avouer qu’il a le talent pour être un vrai performer. Par ailleurs, plusieurs gars dans le groupe voudraient en faire plus. On se considère juste comme chanceux, car on adore jouer.»

«On va toujours continuer à faire ce que l’on fait, ajoute t-il, en sous-entendant le style old school qui a fait sa marque. On joue la funky music de la façon la plus standard qui soit: guitare, basse, batterie, orgue, etc. Le funk, ça ne s’apprend pas. En ce qui me concerne, je pense que c’est un talent que Dieu a bien voulu me donner. C’est inné. Un peu comme un joueur de basket surdoué. C’est important d’expérimenter avec le concept du funk, mais lorsque tu atteins le feeling, stick with it!»

L’homme de Raleigh, en Caroline du Nord, tient la cadence. Deux cent cinquante concerts par année. On se l’arrache. Samedi dernier, Maceo faisait à nouveau salle comble, cette fois au House of Blues de Chicago. Triés sur le volet, il envoya ses sure shots: Shake Everything You’ve Got, Maceo’s Groove (c’est à ce moment que Corey nous implore: «Move your body!»), Children’s World, Funky Good Time (un classique de JB), et quelques perles du répertoire r’n’b, comme Let’s Get it On de Marvin Gaye, ou bien Sing a Simple Song de Sly and The Family Stone. De toute évidence, le funk libéral du maestro est bien ancré dans les années soixante-dix.

Si l’expérience live est avant tout physique, la citation d’un confrère du Austin Chronicle veut tout dire: «S’il y a quelqu’un qui ne danse pas dans la salle, il est ou bien mort ou bien dans le stationnement en train de baiser.» Condoms non inclus.

Le 18 septembre
Au Medley
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